Le Premier ministre est préoccupé par le problème de la consommation excessive d'alcool chez les fonctionnaires et les agents publics.
La récente directive du Premier ministre témoigne une fois de plus de l'inquiétude croissante du gouvernement quant à l'éthique professionnelle actuelle de nombreux fonctionnaires et agents de la fonction publique.
Ce n'est pas la première fois qu'une directive gouvernementale interdit la consommation d'alcool pendant les heures de travail, notamment durant la pause déjeuner. En 2013, estimant que les fonctionnaires du secteur ne respectaient pas suffisamment la discipline de la fonction publique, le ministre de la Justice de l'époque, M. Ha Hung Cuong, avait ordonné l'interdiction de consommer de l'alcool ou des boissons alcoolisées avant et pendant les heures de travail.
Ce ministre estime que la consommation d'alcool pendant les heures de travail et les pauses déjeuner nuit à la qualité du travail, au comportement et à la réputation des fonctionnaires. Il semblerait que, malgré l'interdiction, la consommation d'alcool soit toujours très répandue.
![]() |
| Le pub est toujours bondé, et parmi les clients se trouvent de nombreux fonctionnaires et employés du gouvernement (photo Internet). |
Un chiffre qui donne à réfléchir : les Vietnamiens consomment plus de 3 milliards de litres de bière par an. Aucune statistique n’est disponible concernant les autres boissons alcoolisées (importées, produites localement et artisanales). Cette consommation entraîne de nombreuses conséquences néfastes, notamment des maladies, des accidents de la route, des violences (troubles à l’ordre public, violences conjugales) et, surtout, une image ternie des fonctionnaires et des agents de l’État suite à ces excès d’alcool.
Il y a eu un jour un directeur d'hôpital qui, après avoir bu de l'alcool à l'heure du déjeuner, le visage rouge écarlate, s'est mis à insulter avec colère les journalistes et les personnes présentes comme un véritable méchant ; et plus récemment, après quelques verres, deux fonctionnaires de la province de Binh Thuan en sont également venus aux mains après une soirée arrosée.
Récemment, de nombreux citoyens ont exprimé leur frustration face à l'état d'ébriété avancé des fonctionnaires lors de leurs visites dans les administrations. Ces derniers se montrent souvent arrogants, autoritaires, voire irrespectueux envers les personnes âgées. L'impunité dont jouit ce comportement engendre un mépris des règlements et des règles. Ces fonctionnaires, qui apprécient l'alcool, s'arrogent le droit de contrôler et d'insulter les citoyens mécontents. De plus, leur consommation excessive d'alcool fait perdre un temps précieux à l'administration.
Nombreux sont ceux qui, ayant travaillé en zone montagneuse, affirment que pour être efficace, il faut se saluer autour d'un verre le matin, car seul l'alcool facilite la productivité et la résolution des problèmes. Cette pratique a sans doute considérablement diminué, mais elle n'a pas complètement disparu. Quelques verres le matin peuvent suffire à vous rendre ivre et imbibé pour toute la journée. Dans cet état, comment un responsable peut-il être conscient de la pertinence de son comportement ou de la rigueur avec laquelle son travail est mené ?
Je me souviens qu'en 2015, la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a chargé l'Institut de sociologie de mener une consultation communautaire sur l'abus d'alcool au Vietnam, qui a révélé que les trois groupes ayant la plus forte consommation d'alcool étaient les fonctionnaires (plus de 38 %), en particulier les fonctionnaires de Hanoï avec plus de 48 %, suivis des travailleurs indépendants (38 %) et des jeunes (25 %).
Pourquoi les fonctionnaires boivent-ils autant ? Certains prétendent que c’est « parce qu’ils n’ont pas à payer ». En réalité, ce n’est qu’une raison parmi d’autres, car d’innombrables soirées arrosées sont organisées dans le but de « mettre les fonds en commun », les fonctionnaires finançant toujours de leur propre poche. Mais d’où vient cet argent ? Certainement pas de leurs salaires mensuels, mais d’autres avantages, ou encore d’extorsions auprès des citoyens et des entreprises.
Et il y a une autre raison : en raison de leurs mauvaises performances, ils ne savent plus quoi faire, ou même si on leur confie une tâche, ils sont incapables de l’accomplir… alors ils ne pensent qu’à boire.
Notre pays est encore pauvre, et bien que nous disposions d'une fonction publique nombreuse mais inefficace, nous harcelons et extorquons constamment les citoyens et les entreprises – ceux-là mêmes qui paient des impôts pour financer ces fonctionnaires. Pourtant, après avoir subi des difficultés, et une fois la situation revenue à la normale, on attend des citoyens et des entreprises qu'ils « remercient les fonctionnaires ». C'est un cercle vicieux qui permet aux mauvaises habitudes et aux vices de ceux qui sont « obsédés par leur travail toute la journée » de prospérer.
La consommation d'alcool est interdite pendant les heures de travail, la pause déjeuner et même après le travail. Si vous consommez de l'alcool, cela doit se faire avec modération et sans restriction. Il est inadmissible de s'enivrer au point de se battre et de causer des blessures, comme ce fut le cas pour les deux fonctionnaires de Binh Thuan. Les interdictions sont nombreuses sur le lieu de travail ; si elles étaient strictement appliquées, nous aurions assurément des fonctionnaires compétents et efficaces, dignes des salaires financés par l'argent des contribuables.
Comment y parvenir ? Tout d’abord, le chef d’unité doit montrer l’exemple. Seul un leader exemplaire et sérieux peut guider efficacement ses subordonnés. Dans le cas contraire, suite à la directive du Premier ministre, rien ne changera.
Selon VOV
