Par une journée de printemps, j'ai relu les entrées de mon journal de guerre.

January 28, 2017 11:30

(Baonghean) – Il était une fois un soldat qui avait participé à deux guerres et dont le plus grand trésor de sa vie militaire était six volumes de journaux de guerre, dont certains contenaient des pages relatant ses émotions pendant le Têt (Nouvel An lunaire). À chaque Têt, il feuilletait ces vieux écrits avec une pointe de nostalgie et de regret…

Dans sa vieille maison, M. Dang Duy Huynh, du hameau n° 9 de la commune de Phuc Son (district d'Anh Son), vit entouré de ses souvenirs et de ses carnets de guerre. Il confie : « Pendant mes douze années de service militaire, j'ai participé à de féroces combats et frôlé la mort à maintes reprises, mais j'étais déterminé à conserver ces carnets. Ce sont les biens les plus précieux que je possède depuis mon retour. »

1.Tập nhật ký chiến trường được ông Đặng Duy Huỳnh cất giữ cẩn thận trong chiếc hộp sắt
M. Dang Duy Huynh conserve précieusement son journal de guerre dans une boîte en fer. Durant son temps libre, ou à l'occasion du Nouvel An lunaire, il le feuillette pour raviver ses souvenirs. Photo : Cong Kien

Il y a près de 47 ans, Dang Duy Huynh (né en 1946) était étudiant en troisième année à l'université de médecine de Hanoï. Alors que la guerre contre les États-Unis faisait rage et que le champ de bataille manquait cruellement de personnel médical pour soigner les soldats blessés, M. Huynh et 99 de ses camarades furent mobilisés.

Outre les uniformes, les armes, les médicaments et autres articles de première nécessité, les soldats emportaient sur le champ de bataille un bloc de papier calque et quelques stylos à bille. Les jeunes soldats, fraîchement diplômés, étaient souvent romantiques ; ils consignaient systématiquement les événements de leur quotidien et exprimaient leurs pensées et leurs sentiments. Après la guerre, de nombreux journaux intimes précieux ont été conservés, permettant aux générations futures de mieux comprendre les soldats qui ont combattu les Américains.

5.Những kỷ vật chiến trường được ông Đặng Duy Huỳnh lưu giữ
Outre son journal intime, M. Dang Duy Huynh conserve également de nombreux souvenirs de son service militaire, tels que des boîtes de munitions, des boîtes à médicaments, des gourdes, des poignards et son ordre de conscription. Photo : Cong Kien

Plus chanceux que ses camarades tombés au combat, M. Dang Duy Huynh ne fut que blessé et rentra dans sa ville natale retrouver sa famille, emportant avec lui six volumes de journaux intimes. Ces journaux contenaient des récits de la guerre, du travail, de la vie quotidienne et des pensées qui l'animaient durant les cinq années (1971-1975). On y trouve de nombreuses pages relatant de violents combats, comme celle-ci : « À 16 h 30, des B52 ont bombardé le dépôt de véhicules, mais les véhicules n'ont été que percutés par les arbres. Alors que je me reposais à l'heure du déjeuner, j'ai soudainement sauté de mon hamac et me suis précipité vers l'entrée du bunker, mais la première salve de bombes avait déjà explosé. À 17 h, tout le groupe a traversé la rivière Saigon… »

Pour les soldats sur le champ de bataille, le plus grand désir est de célébrer un Têt joyeux et de retrouver leurs familles : « 28 janvier 1973 : Le cessez-le-feu est enfin arrivé, après tant d'années de lutte acharnée, de sacrifices et de combats féroces. Il est entré en vigueur à 7 heures ce matin, conformément à l'Accord. Dans certaines zones alentour, on entend encore des tirs d'artillerie nourris ; des bombardements de B52 ont eu lieu ces derniers jours, mais moins fréquemment. Tous les espoirs et les attentes de la nation se sont enfin réalisés aujourd'hui. L'atmosphère du cessez-le-feu est si agréable. Ma famille se prépare sans doute à fêter le Têt sans entendre les coups de feu, chose que nous n'avons pas pu faire pendant tant d'années… »

6 tập nhật ký được ông Đặng Duy Huỳnh đánh số thứ tự
Les six volumes des journaux de guerre ont été numérotés séquentiellement par M. Dang Duy Huynh. Photo : Cong Kien

Voici les pensées de Dang Duy Huynh le premier jour du Têt Quy Suu (1973) : « On célèbre le Têt dans le Sud, où les bombardements viennent de cesser. Les visiteurs s’affairent toute la journée. Le printemps est de retour, et à chaque printemps qui passe, la vie me semble de plus en plus dépourvue d’intimité, surtout de l’affection familiale. Au fil des printemps, l’amour entre mari et femme s’éloigne ; à chaque printemps, je gagne une ride et ma jeunesse s’enfuit… »

Célébrant le Nouvel An lunaire du Lapin (1975) sur le champ de bataille, la veille du Nouvel An, il confia ses sentiments : « Le 30 Têt (10 février 1975). 21 h… Le temps file, c’est mon cinquième Têt sur le champ de bataille. Pourquoi mon cœur ne se remplit-il pas d’enthousiasme à l’arrivée du printemps ? Est-ce parce que je fête le Nouvel An loin de mon unité ? Peut-être bien !… À cette heure, mes parents sont sans doute réunis autour de la cheminée, leur fils leur manquant terriblement. Le réveillon du Nouvel An approche. Ce Têt, sans leur fils, mes parents auront une autre inquiétude, un cœur plus lourd, et la maison semblera vide, comme s’il manquait un coin de fossé… »

Các tập nhật ký được tác giả đặt tên chung là
L'auteur a intitulé l'ensemble de ses journaux « En campagne ». Photo : Cong Kien

Voici ce que ressentait M. Huynh au moment sacré du réveillon du Nouvel An : « L’année du Lapin, le réveillon du Nouvel An, minuit… Le réveillon du Nouvel An arrive aux quatre coins du pays / Le printemps est arrivé, oh, la vie déborde / L’année du Lapin nous mène au combat / Dans cette lutte, la victoire sera nôtre. » Le médecin militaire Dang Duy Huynh a eu la chance d’être présent le jour de la Grande Victoire du Printemps 1975, témoin de ce moment de triomphe et de l’immense joie qui s’en est suivie.

Trang nhật ký ông Đặng Duy Huỳnh
Cette page du journal de M. Dang Duy Huynh relate ses impressions durant les fêtes du Têt de l'année du Lapin (1975). Photo : Cong Kien

Il a consigné ce moment : « Le 30 avril, à 17h30. Quelle excitation, quelle joie ! À 17h, la radio a annoncé la libération complète de Saïgon. Je pensais qu'il faudrait plusieurs semaines pour reprendre la ville, et même cela aurait été considéré comme rapide. L'atmosphère était tout autre aujourd'hui ; tout le monde, officiers et soldats blessés compris, était en liesse, la victoire était palpable. Quel dommage qu'il n'y ait pas eu d'appareil photo pour immortaliser ces émotions et cette ambiance ! C'était tellement joyeux et exaltant… »

En conservant ces journaux intimes, le médecin militaire Dang Duy Huynh souhaitait immortaliser les années vibrantes et héroïques de sa jeunesse. Chaque fois que ses enfants et petits-enfants se réunissent et que ses camarades lui rendent visite, il feuillette ces journaux, chaque page racontant une histoire…

Cong Kien

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