La formation professionnelle doit être étroitement alignée sur les exigences du monde réel.

April 26, 2017 10:11

(Baonghean) - Dans une interview accordée au journal Baonghean, M. Dang Cao Thang, directeur adjoint du Département du Travail, des Invalides de Guerre et des Affaires Sociales, a souligné que pour que la formation professionnelle des travailleurs ruraux soit véritablement efficace, elle doit être étroitement alignée sur les exigences de la réalité.

Nghề mộc góp phần tạo việc làm, nâng cao thu nhập cho lao động nông thôn. Ảnh: Thanh Lê
La menuiserie contribue à la création d'emplois et augmente les revenus des travailleurs ruraux. Photo : Thanh Le

PV :Ces derniers temps, la formation professionnelle des travailleurs ruraux dans la province de Nghệ An a obtenu quelques premiers résultats, mais elle s'est également heurtée à de nombreuses difficultés. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Camarade Dang Cao Thang :Entre 2012 et 2016, la province a dispensé des formations professionnelles à 404 562 personnes. Parmi elles, 41 654 travailleurs ruraux ont bénéficié d'une aide à la formation professionnelle dans le cadre de la décision n° 1956/QD-TT du Premier ministre relative à la formation professionnelle des travailleurs ruraux. À l'issue de cette formation, 74,1 % des travailleurs ruraux ont trouvé un nouvel emploi ou ont conservé leur emploi précédent, tout en améliorant leur productivité et leurs revenus.

Bien que la qualité de la formation soit considérée comme satisfaisante, des lacunes subsistent tant au niveau de la structure professionnelle que du nombre de stagiaires, qui ne correspondent pas aux besoins réels de la population locale. Il en résulte une situation de pénurie dans certains secteurs et de surabondance dans d'autres. De nombreux travailleurs formés peinent encore à trouver un emploi stable. Par ailleurs, de nombreux emplois sont précaires et les travailleurs sont rapidement contraints de perdre leur travail ou de se reconvertir en raison des fluctuations du marché. Par exemple, selon notre enquête, dans la commune de Phuc Thanh (district de Yen Thanh), sur 6 000 personnes en âge de travailler, à peine plus de 10 % occupent un emploi stable dans les villages d'artisanat traditionnel. Les autres doivent travailler à leur compte ou chercher du travail ailleurs.

De plus, les infrastructures de formation professionnelle sont insuffisantes, inadéquates et obsolètes ; le financement de la formation professionnelle est limité ; et le catalogue annuel des formations est souvent disparate. En milieu rural, la formation professionnelle repose principalement sur les besoins de la main-d’œuvre, sans être liée aux stratégies de développement socio-économique local. Par ailleurs, l’intérêt du public pour la formation professionnelle reste insuffisant ; et le nombre d’entreprises implantées dans la région est trop faible… Par conséquent, définir une orientation durable pour la formation dans les établissements et les collectivités locales demeure un défi de taille.

PV :Lors de la récente conférence nationale sur la formation professionnelle des travailleurs ruraux, le ministre du Travail, des Invalides et des Affaires sociales s'est interrogé sur l'existence d'une situation où l'on s'inscrit à des formations sans instruction adéquate. Il a cité l'exemple d'une commune où 600 travailleurs se sont inscrits à une formation de castration de porcs, et d'une autre où seulement quelques dizaines se sont inscrits à une formation de réparation de motos. De toute évidence, le fossé entre la formation et la pratique demeure important. L'opinion publique estime qu'avec les méthodes actuelles de formation professionnelle rurale, il est difficile d'envisager une amélioration de la qualité de la main-d'œuvre, voire que ces méthodes constituent un gaspillage pur et simple.

Camarade Dang Cao Thang :Nous reconnaissons qu'aux premières étapes de la mise en œuvre du Programme de formation professionnelle pour les travailleurs ruraux, on a observé un phénomène de formation professionnelle de masse, dictée par les tendances ; une approche du type « former tout ce qui se présente » sans évaluer si elle était réellement adaptée à la situation locale ou à la capacité des travailleurs à trouver des emplois correspondant à leurs compétences.

De plus, les infrastructures des écoles professionnelles souffrent d'un gaspillage. De nombreux cours d'agriculture, comme la culture des plantes, la protection des végétaux, l'élevage et la médecine vétérinaire, doivent être dispensés dans des salles empruntées dans les villages ou chez les particuliers, car la distance dissuade les gens de se déplacer jusqu'au centre de formation. Il est donc nécessaire d'ouvrir des classes directement dans les villages pour permettre à la population d'apprendre, alors que les infrastructures de formation professionnelle, qui ont bénéficié d'investissements importants, ne sont pas utilisées de manière optimale.

La politique gouvernementale entre 2016 et 2020 consistait à s'abstenir d'organiser des formations professionnelles pour les travailleurs ruraux tant que les perspectives d'emploi et les niveaux de revenus après la formation ne pouvaient être prévus. Cette politique judicieuse visait à rompre avec la tendance précédente qui privilégiait la quantité à la qualité dans la formation professionnelle. Elle ambitionnait de faire évoluer les mentalités, en passant d'une approche de la formation professionnelle axée sur la lutte contre la pauvreté à une approche visant l'acquisition de connaissances et de compétences pour améliorer les conditions de vie et les revenus.

Nghề làm hương. Ảnh: Thanh Lê
Fabrication artisanale d'encens. Photo : Thanh Le

PV :Les statistiques montrent que la formation professionnelle n'attire actuellement que 25 % des jeunes actifs de 18 à 35 ans en milieu rural. Cela indique que les travailleurs ruraux sont peu enthousiastes à l'égard de la formation professionnelle. Pourriez-vous expliquer les raisons de ce phénomène ?

Camarade Dang Cao Thang :La faible participation des jeunes ruraux aux formations professionnelles s'explique par le fait qu'une part importante d'entre eux suit des cursus d'enseignement général au niveau intermédiaire et supérieur. Chaque année, 70 à 80 % des effectifs de ces établissements proviennent des zones rurales. Par ailleurs, nombre de jeunes travaillent dans les zones industrielles et les zones franches d'exportation sans formation préalable, ou dans d'autres localités. Beaucoup ne perçoivent pas la formation professionnelle comme indispensable à leur insertion professionnelle, doutent de sa qualité et ne sont pas suffisamment informés des politiques gouvernementales en la matière, ce qui les rend moins motivés à s'y inscrire.

PV :Alors, selon vous, quelles solutions et politiques sont nécessaires pour changer la perception des travailleurs ruraux concernant la formation professionnelle ?

Camarade Dang Cao Thang :La formation professionnelle des travailleurs ruraux est une priorité du Parti et de l'État, et elle bénéficie de l'attention et du soutien des agriculteurs. Sa mise en œuvre est complexe et exige l'implication coordonnée et résolue des secteurs et des collectivités territoriales concernés.

À mon avis, plusieurs points nécessitent une répartition claire des responsabilités. Nous avons besoin de plans de formation professionnelle qui correspondent étroitement aux besoins réels, notamment en ce qui concerne l'évaluation de ces besoins, l'établissement d'une liste des domaines de formation et la définition de normes de coûts de formation raisonnables pour chaque domaine, afin de garantir que les professionnels formés répondent aux exigences de qualité.

Il est par ailleurs nécessaire de renforcer les efforts de sensibilisation et d'orientation afin d'aider les travailleurs ruraux à identifier clairement les programmes de formation professionnelle réellement adaptés, efficaces et en adéquation avec les besoins de développement socio-économique de leur région, ainsi qu'avec leurs propres besoins d'emploi. De plus, il convient de renforcer les activités d'inspection et de contrôle et de promouvoir les politiques de soutien post-formation destinées aux travailleurs ruraux.

Entre 2016 et 2020, la formation professionnelle des travailleurs ruraux a été intégrée au Programme national ciblé pour le développement des zones rurales, avec pour objectif de former 5,5 millions de personnes. À l'issue de leur formation, au moins 80 % des stagiaires trouveront un nouvel emploi ou pourront poursuivre leur activité professionnelle avec une productivité et un revenu accrus. Cela exige une stratégie et une orientation durables pour sensibiliser la population à l'importance de la formation professionnelle et de l'emploi. Si cet objectif est atteint, la cible provinciale de formation de 50 à 70 % des travailleurs ruraux d'ici 2020 sera facilement réalisable.

PV :Merci pour cette conversation !

Thanh Le

(Effectuer)

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