La VAR annule le but de Van Dijk : le paradoxe à Man City et Liverpool.
La VAR a confirmé la décision : Robertson était hors-jeu avec une « action manifeste » devant le gardien de but, le but de Van Dijk a été refusé à l'Etihad ; Howard Webb qualifie la décision de « raisonnable ».
L'ouverture du score par Virgil van Dijk à l'Etihad dimanche semblait offrir à Liverpool l'égalisation, mais l'arbitre Chris Kavanagh et son assistant Stuart Burt ont jugé Andrew Robertson hors-jeu et impliqué dans l'action. La VAR a vérifié et confirmé la décision. Le but a été refusé, et le débat a repris : dans une même situation, deux conclusions peuvent être valables.
Événements et décisions du match sur le terrain : Robertson était hors-jeu.
Selon l'équipe arbitrale, Robertson était en position de hors-jeu et s'est baissé pour éviter le ballon juste devant le gardien de but au moment de l'action menant au but. Cette action a été considérée comme une interférence avec la capacité de l'adversaire à jouer le ballon, et le but de Van Dijk a donc été refusé. L'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) a examiné l'action et a confirmé la décision de l'équipe arbitrale.
C'est l'aspect le plus subtil et sujet à interprétation des règles. Lorsqu'un but est refusé, l'équipe, le joueur et les supporters l'acceptent rarement. Les commentateurs ont également tendance à contester, même lorsque la décision est fondée sur des motifs légaux.
La règle 11 de l'IFAB et le concept d'« action explicite »
La règle du hors-jeu (Loi 11), appliquée par l'IFAB pour la saison 2025-2026, stipule que toute action susceptible d'entraver l'accès au ballon d'un adversaire est considérée comme une interférence. Le centre de gestion des matchs de la Premier League a publié un graphique accompagnant l'annonce : « La décision de hors-jeu de Liverpool et le but refusé ont été vérifiés et confirmés par la VAR : Robertson était en position de hors-jeu et a été jugé avoir clairement agi directement devant le gardien de but. »
Le concept d’« action claire » englobe des mouvements qui ne sont pas directement liés au jeu de balle mais qui peuvent distraire un adversaire : feintes, laisser glisser la balle entre les jambes, ou – dans ce cas – se baisser pour éviter la balle devant le gardien de but.
Discussion dans la salle VAR : « très, très près du gardien de but »
Dans l'échange audio, c'est l'entraîneur adjoint Stuart Burt qui a donné son analyse. Les supporters de Liverpool ont remarqué qu'il avait mentionné à deux reprises que Robertson se trouvait dans le champ de vision du gardien Gianluigi Donnarumma. Mais le détail clé souligné par Burt était : « Il s'est baissé pour éviter le ballon. Et il était vraiment très près du gardien. »
L'assistant VAR, Tim Wood, a animé la discussion : « Je suis d'accord avec la décision prise sur le terrain. À mon avis, il y avait hors-jeu. C'était une action flagrante qui a clairement gêné le gardien. » Le responsable VAR, Michael Oliver, a demandé un nouvel examen du point de vue du gardien avant de confirmer : « Il était en position de hors-jeu, très près du gardien adverse et a clairement agi directement devant lui. Après visionnage, hors-jeu. »
Howard Webb et le « couloir subjectif » du droit
Howard Webb, PDG de PGMOL, a qualifié la décision concernant Robertson de « raisonnable ». Il n'a pas prétendu qu'elle était absolument correcte, car cela reviendrait à exclure toute interprétation valable contraire. Selon Webb, la situation se situe dans une « marge d'interprétation subjective », où les deux options pourraient être considérées comme correctes selon le point de vue adopté.
Une question se pose : l’absence d’analyse du champ de vision du gardien par la VAR a-t-elle influencé la décision ? Webb a soutenu que l’action manifeste et la proximité du gardien justifiaient l’annulation du but. Il a également souligné que les gardiens réalisent souvent des arrêts spectaculaires, rendant difficile de réfuter l’affirmation selon laquelle le gardien avait subi une faute.
Le paradoxe inhérent à la VAR : quand le bien et le mal ne sont pas simplement une ligne droite.
La complexité des règles et de leur interprétation fait que la plupart des spectateurs ne réalisent pas qu'un simple mouvement de flexion pour éviter une balle peut être considéré comme un « acte évident ». Or, c'est précisément la clause qui vise à couvrir les situations impliquant la distraction d'un adversaire, même sans jouer la balle.
En réalité, on pourrait considérer qu'il s'agit d'une décision à 40/60, penchant plutôt pour l'annulation du but. Cependant, la VAR n'applique pas une approche strictement équilibrée ; elle n'intervient qu'en cas de faute manifeste. Par conséquent, dans une même situation, deux points de vue peuvent se justifier, et il y aura toujours un camp qui se sentira lésé : l'un jugera la décision « raisonnable », l'autre « injustifiée ».
Le match finira par se terminer, mais le paradoxe inhérent à la VAR – où les règles laissent place à l'interprétation, tandis que les émotions sont difficiles à mesurer – demeure. Cela nous rappelle qu'il existe des moments où le football n'est pas seulement noir et blanc, mais aussi une zone grise où raison et émotion s'affrontent.