La Coupe d'Asie et le défi de renforcer sa notoriété.

Bui Hoa January 24, 2024 16:51

(Baonghean.vn) - En regardant le récent match à enjeux élevés entre deux des meilleures équipes du continent, l'Iran et les Émirats arabes unis (EAU), dans le groupe C de la Coupe d'Asie 2023, il était clair que le physique supérieur, la forme physique et la classe innée de l'Iran lui ont permis de dominer complètement le match.

L'équipe iranienne a remporté ses trois matchs de la phase de groupes et fait partie des sérieux prétendants au titre de champion, comme beaucoup le savent déjà.

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Revenons sur les statistiques de la Coupe d'Asie 2023 pour mieux comprendre cette situation remarquable. Dans ce tournoi continental, l'équipe iranienne affiche la meilleure taille moyenne avec 183,8 cm, tandis que le Vietnam présente la plus petite avec seulement 175,4 cm. Côté poids, l'Iran affiche également la meilleure moyenne avec 73,9 kg, le Vietnam se classant avant-dernier avec 71,7 kg, tandis que la Thaïlande possède l'équipe la plus légère avec 69,6 kg. De toute évidence, les joueurs vietnamiens auront beaucoup de mal face au jeu aérien adverse. Quant aux buts encaissés par le Vietnam sur des balles basses, c'est une autre histoire, qui repose sur la vitesse, la coordination et le jeu collectif.

Bien entendu, il convient de préciser que, malgré leur gabarit plus imposant, les joueurs iraniens ont fait preuve d'une fluidité et d'une grâce remarquables dans leurs déplacements entre l'attaque et la défense, maîtrisant chaque ballon avec une incroyable aisance. À l'inverse, une comparaison entre les joueurs vietnamiens et thaïlandais révèle que nos joueurs sont nettement plus lourds et moins fluides que leurs voisins…

Auparavant, lorsqu'on cherchait le style de jeu le plus adapté au football vietnamien, on affirmait souvent que la « force » des joueurs plus petits et plus légers résidait dans leur agilité et leurs réflexes rapides, permettant de contrer et de neutraliser les joueurs plus grands et plus lents. Or, la réalité du terrain démontre que ces hypothèses sont vagues et infondées. Le football est un sport physique intense qui dure 90 minutes, voire plus, exigeant des mouvements rapides et précis dans des espaces réduits et l'exploitation des zones ouvertes. Pour cela, les joueurs ont besoin de vitesse, de capacité d'accélération sur de courtes et longues distances, d'endurance et de résilience… des qualités qui, à vrai dire, font souvent défaut aux joueurs de la région en général, et au Vietnam en particulier.

M. Troussier a déclaré à plusieurs reprises que les joueurs de V-League ne sont performants que pendant environ 70 minutes, le reste du temps étant consacré à des pertes de temps, une circulation de balle lente, des déplacements inutiles et toutes sortes de tactiques pour prolonger la rencontre, ce qui la rend chaotique et interminable. Actuellement, en équipe nationale vietnamienne, seul le jeune milieu de terrain Thai Son parcourt en moyenne une dizaine de kilomètres par match, une distance comparable à celle des joueurs de Premier League anglaise. Cela explique également pourquoi le sélectionneur français a appelé la V-League à améliorer son niveau, critère de sélection des joueurs pour les équipes nationales. De plus, dans un tournoi long, les jeunes joueurs sont plus à même de répondre aux exigences que les joueurs plus âgés qui, malgré leur expérience, n'ont pas forcément la même condition physique ni la même motivation.

Et il n'y a pas que l'équipe nationale vietnamienne ; le sélectionneur sud-coréen Shin Tae-yong, à la tête de l'équipe nationale indonésienne, a lui aussi imposé des exigences très élevées à ses joueurs avant cette Coupe d'Asie. Il a insisté sur le fait qu'ils ne devaient pas « courir plus qu'ils ne le pensent », qu'ils devaient « apprendre de Messi », que « celui-ci ne se contente pas de regarder le ballon, il est aussi attentif à ce qui se passe autour de lui », et qu'il fallait « observer, réfléchir, se déplacer, tirer. Jouer au football comme ça. » Plus récemment, ce même sélectionneur a persisté dans ses exigences « irréalistes », comme celle de faire courir chaque joueur un minimum de 11 à 13 km par match, et de garantir quatre matchs consécutifs de course en club avant d'être appelé en équipe nationale…

Cela démontre l'urgence et la nécessité impérieuse de rehausser le niveau de jeu pour toute équipe nationale, notamment en Asie du Sud-Est, si elle aspire à un beau parcours dans une compétition continentale comme la Coupe d'Asie. Car si elle ne relève pas ses exigences et ne se fixe pas d'objectifs ambitieux, voire irréalistes, tels que ceux mentionnés précédemment, elle finira par stagner.

Il est également important de soutenir les approches pragmatiques et les avis éclairés concernant la formation des jeunes, la qualité de la V-League, l'envoi de jeunes joueurs à l'étranger pour participer à des compétitions, et le recrutement de joueurs issus des communautés vietnamiennes de l'étranger afin d'accélérer et d'améliorer véritablement le niveau du football vietnamien. En observant les autres et en réfléchissant à notre propre situation, nous constaterons que le football vietnamien est confronté à une situation complexe et difficile, et que les hauts et les bas de chaque match et tournoi se poursuivront longtemps. Nous ne pouvons plus nous permettre d'être aussi précipités ou myopes que nous l'avons été par le passé.

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