Trois mois de conflit au Moyen-Orient : les exportations mondiales de pétrole chutent de 71 millions de tonnes, les tarifs de transport maritime s’envolent.
Le détroit d'Ormuz est quasiment paralysé, ce qui perturbe considérablement l'approvisionnement en énergie renouvelable. Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont chuté de 50 %, tandis que les coûts de transport restent à des niveaux records.
Après trois mois de conflit au Moyen-Orient, le détroit d'Ormuz, voie de transport énergétique vitale pour le monde, est paralysé. Cette interruption a bouleversé les flux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) et fait exploser les coûts de transport maritime, exerçant une pression immense sur la sécurité énergétique mondiale.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz a considérablement diminué.
L'activité maritime dans le détroit d'Ormuz est désormais extrêmement réduite. Avant l'escalade des tensions fin février 2026, 70 pétroliers en moyenne transitaient quotidiennement par le détroit, assurant 20 % de la consommation mondiale de pétrole et de GNL. Toutefois, depuis le 1er mars 2026, ce nombre est tombé à moins de 7 par jour. En mai 2026, malgré les efforts de négociation, le trafic est tombé à moins de 6 par jour.
L'axe d'approvisionnement des flux pétroliers mondiaux se déplace.
La fermeture de facto du détroit d'Ormuz a entraîné une chute vertigineuse des exportations énergétiques du Moyen-Orient, qui ont atteint des niveaux historiquement bas. Selon les données de Kpler, les exportations mensuelles moyennes de pétrole brut de la région sont passées de 75 millions de tonnes à 36 millions de tonnes depuis mars 2026.
Pour pallier la pénurie, les pays des Amériques ont accéléré leur production. Au cours des cinq premiers mois de 2026, les États-Unis ont porté leurs exportations de pétrole à un niveau record, soit une hausse de 16 % par rapport à la même période de l'année précédente. Le Canada, le Brésil et le Mexique ont également enregistré une croissance combinée d'environ 28 millions de tonnes.
| Zone | Fluctuations des exportations au cours des 5 premiers mois de 2026 | Quantité totale (millions de tonnes) |
|---|---|---|
| Moyen-Orient | Une réduction de 100 millions de tonnes | 260 |
| Amérique | Une augmentation de 28 millions de tonnes | 236 |
| Mondial | Une diminution de 71 millions de tonnes (8%) | 800 |
Malgré une forte croissance sur le continent américain, l'offre mondiale de pétrole brut reste inférieure d'environ 71 millions de tonnes à celle de la même période en 2025. Cette situation s'explique par la production limitée en provenance d'Afrique et par le maintien de sanctions strictes sur le pétrole russe.
Coûts de transport et pressions inflationnistes
Le marché du transport maritime a connu d'importantes fluctuations de prix. Les tarifs d'affrètement des pétroliers sur la route Moyen-Orient-Chine ont grimpé jusqu'à 500 000 dollars par jour au plus fort du conflit. Actuellement, bien que ces tarifs aient diminué pour atteindre 390 000 dollars par jour, ils restent trois fois supérieurs à ceux d'avant la crise (130 000 dollars par jour).
Outre le pétrole brut, les exportations mondiales de carburants raffinés (essence, gazole, kérosène) ont également diminué de 8,7 %, soit 31 millions de tonnes. Les coûts de transport élevés exercent une pression inflationniste directe sur de nombreuses économies. Face à la diminution des réserves mondiales de pétrole et de gaz, les pays seront contraints de reconstituer leurs approvisionnements à des prix et des coûts de transport bien supérieurs à ceux d'auparavant.


