Péninsule coréenne : Les tensions s'intensifient après des échanges d'artillerie.

April 1, 2014 14:54

(Baonghean) – Suite à l’échange de tirs d’artillerie entre la Corée du Nord et la Corée du Sud dans la zone frontalière maritime contestée, les tensions se sont exacerbées sur la péninsule coréenne pendant des semaines, donnant lieu à une série d’affrontements verbaux et d’exercices militaires. Face à cette situation, la communauté internationale est profondément préoccupée par les conséquences négatives potentielles pour le processus de désarmement nucléaire en Corée.

Pháo tự hành K-9 của Hàn Quốc đáp trả phía Triều Tiên ngày 313. (Nguồn YonhapTTXVN)
Le 31 mars, l'artillerie automotrice sud-coréenne K-9 a riposté contre la Corée du Nord. (Source : Agence de presse Yonhap)

Aujourd'hui, la Corée du Nord a mené des exercices de tirs réels à plusieurs endroits au large de sa côte ouest. La Corée du Sud affirme que sur plus de 500 obus d'artillerie tirés par la Corée du Nord, une centaine ont atterri dans les eaux contestées, provoquant une riposte immédiate. Un échange de tirs d'artillerie a ainsi eu lieu dans la zone frontalière maritime entre les deux pays. Bien qu'aucun objectif précis n'ait été visé, cette action militaire laisse présager une escalade des tensions, les deux camps s'engageant dans une confrontation directe.

Cela n'est en réalité pas difficile à expliquer, compte tenu des tensions croissantes qui persistent depuis des mois dans la péninsule coréenne. Fin février, la Corée du Sud et les États-Unis ont entamé des exercices militaires conjoints malgré les vives protestations de la Corée du Nord. Cette dernière a riposté par une série d'essais de missiles, dont un exercice à tirs réels aujourd'hui. Nombreux sont ceux qui estiment que cette action de la Corée du Nord vise également à démontrer sa fermeté face à la pression internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné le tir de missile à moyenne portée effectué le week-end dernier, après une série de tirs de roquettes et de missiles à courte portée par la Corée du Nord ces dernières semaines. La Corée du Nord reste soumise aux sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU suite à ses essais de missiles à longue portée fin 2012 et à son troisième essai nucléaire début 2013.

En effet, la frontière maritime entre la Corée du Nord et la Corée du Sud a été le théâtre de violents affrontements navals en 1999, 2002 et 2009. En novembre 2010, un échange de tirs d'artillerie au large de l'île de Dong Pyeong, en Corée du Sud, a coûté la vie à quatre Sud-Coréens. Si les différends et affrontements incessants entre les deux Corées ne surprennent plus, on craint toujours que ces actions ne compromettent les efforts de réconciliation. Récemment, l'espoir renaissait que des gestes de bonne volonté de part et d'autre puissent apaiser les tensions dans la péninsule coréenne, les deux pays ayant organisé avec succès des réunions de familles séparées par la guerre – un programme interrompu depuis trois ans.

Auparavant, les deux parties avaient également repris leurs activités au sein du complexe industriel conjoint de Kaesong et conclu des accords mutuellement avantageux. Par ailleurs, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye a récemment annoncé plusieurs propositions visant à intensifier les échanges avec la Corée du Nord, première étape vers l'instauration d'un climat de confiance et la préparation de la réunification intercoréenne. Elle a notamment exhorté la Corée du Sud à renforcer son aide humanitaire à la Corée du Nord avant d'étendre sa coopération économique à des projets d'envergure, tels que le développement des infrastructures ou l'exploitation minière. Cependant, les récents échanges de tirs d'artillerie risquent fort de compromettre ces projets d'avenir entre Séoul et Pyongyang.

De plus, les chances de voir toutes les parties se réunir à six pour les pourparlers sur le nucléaire nord-coréen s'amenuisent, car il est peu probable que les tensions entre les deux Corées s'apaisent rapidement ou facilement. Ce cycle de négociations s'est tenu en Chine en 2003, avec la participation du pays hôte, de la Russie, des États-Unis, du Japon, de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. Cependant, en avril 2009, la Corée du Nord a annoncé son retrait, un mois avant de procéder à son deuxième essai nucléaire. Depuis lors, les parties ont déployé des efforts considérables pour relancer ces pourparlers au point mort, mais sans succès, car elles continuent de se livrer à des actions considérées comme agressives.

À l'heure actuelle, l'opinion publique est incapable de prédire l'évolution de la situation dans la péninsule coréenne suite aux échanges d'artillerie, ni la suite des représailles. Cependant, il y a lieu de craindre qu'un climat plus conciliant ne revienne pas à court terme. La Corée du Nord a récemment déclaré qu'elle « n'excluait pas » la possibilité d'un nouvel essai nucléaire, après le lancement d'un missile de moyenne portée condamné par la communauté internationale. Le Chosun Ilbo a récemment rapporté que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait évoqué la possibilité d'une guerre dans la péninsule coréenne en 2015.

L'absence de compromis entre les parties enferme la péninsule coréenne dans un cercle vicieux d'agression, de représailles et de sanctions. La guerre est, de toute évidence, une perspective que le monde entier souhaite éviter. Dans le contexte actuel, il est impératif que toutes les parties maîtrisent leurs actions afin de prévenir toute escalade.

Thu Ha

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