Nouvelle carte, vieilles ambitions
(Baonghean) – Historiquement, les cartes imprimées ou dessinées de la Chine ont toujours été présentées sur des cadres rectangulaires dont la largeur était supérieure à la hauteur. Cette forme s'explique par le fait que le territoire chinois s'étend sur 5 200 km de large, du fleuve Yalu au nord-est jusqu'au plateau tibétain à l'ouest. Sa hauteur, en revanche, ne dépasse pas 3 000 km, allant du plateau de Mongolie-Intérieure au nord jusqu'à l'île de Hainan au sud. Ainsi, jamais auparavant une carte de la Chine n'avait affiché une hauteur supérieure à sa largeur ; ce n'est qu'en mars 2013, pour la première fois dans l'histoire de la cartographie chinoise, qu'est apparue une carte rectangulaire verticale, mesurant 5 200 km de large et 5 500 km de haut. La question est : d'où la Chine a-t-elle tiré les terres et les mers nécessaires pour ajouter plus de 2 000 km à sa carte en hauteur ?
L'examen de la « nouvelle carte » chinoise révèle l'intégration d'une longue et étroite bande de terre, appelée « langue de vache », à ses frontières territoriales et maritimes. Cette bande englobe de nombreuses îles et récifs appartenant à divers pays. Une grande partie de la mer et des îles représentées sur cette carte relève de la souveraineté vietnamienne. Un examen plus approfondi de cette nouvelle carte (dite « nouvelle carte topographique » ou « nouvelle carte de la République populaire de Chine ») montre que les frontières territoriales et maritimes de la Chine incluent toutes les îles sur lesquelles elle revendique actuellement sa souveraineté, telles que les îles Senkaku/Diaoyu (actuellement sous administration japonaise), le banc de Macclesfield, le récif de Scarborough (occupé par la Chine aux Philippines en 2012), les îles Paracels (occupées par la Chine aux Vietnamiens en 1974), l'île de Gac Ma dans les îles Spratleys (occupée par la Chine aux Vietnamiens en 1988), et 80 % de la surface de la mer de Chine méridionale. Cette forme de « langue de vache » est au cœur de la stratégie chinoise visant à monopoliser ces espaces.
Au lieu de déclarer publiquement ses ambitions d'empiéter sur la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale, ambitions auxquelles s'oppose la communauté internationale, la Chine ignore l'opinion publique et le droit international. Elle publie une « nouvelle carte topographique » pour affirmer ouvertement son projet et sa détermination à envahir des îles et des territoires maritimes. La Chine lance une campagne de propagande autour de cette « nouvelle carte », utilisant une rhétorique trompeuse et une distorsion des faits pour induire le peuple chinois en erreur et lui faire croire que son territoire et ses zones maritimes, tels que représentés sur la carte, existent depuis l'Antiquité mais ont été envahis par d'autres pays, dont le Vietnam ! Pire encore, la Chine utilise cette carte comme support pédagogique dans les écoles pour inciter à un « nationalisme » extrémiste et nourrir un désir de « vengeance et de restauration de la patrie » chez les jeunes générations.
Actuellement, en matière de politique étrangère, la Chine poursuit une politique d'empiètement sur les îles et les territoires maritimes, engendrant une instabilité régionale. Sur le plan intérieur, cette politique a trompé sa population, suscitant la méfiance et alimentant un climat hostile qui mine l'amitié entre les nations. Nul n'ignore que le territoire de chaque pays est une réalité historique ancrée sur le terrain ; on ne saurait le redessiner arbitrairement sur le papier au gré de ses désirs ! Malgré cela, poussée par une avidité démesurée et des ambitions démesurées d'empiètement sur les îles et les territoires maritimes d'autres pays, la Chine, en toute connaissance de cause, agit de manière inconsidérée.
Le Vietnam, comme d'autres pays de la communauté internationale, a affirmé à plusieurs reprises que la revendication chinoise de la ligne en neuf traits, également connue sous le nom de « ligne de la langue de vache », en mer de Chine méridionale, est totalement dépourvue de fondement juridique et contraire à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, dont la Chine est signataire.
La Chine s'appuie désormais sur sa propre « ligne en neuf traits » imaginaire pour créer une nouvelle « carte de la République populaire de Chine », empiétant ainsi sur le territoire et les eaux territoriales du Vietnam et d'autres pays. Cette démarche est totalement erronée et brouille les frontières entre réalité et mensonge. Naturellement, la communauté internationale considère cette carte arbitrairement tracée par la Chine comme sans valeur. Le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères a déclaré à plusieurs reprises à la Chine que le Vietnam dispose de preuves historiques et juridiques solides pour affirmer que les archipels de Hoang Sa et Truong Sa lui appartiennent. La Chine n'est pas autorisée à inclure arbitrairement ces deux archipels, ni la vaste zone maritime vietnamienne, sur ses cartes topographiques territoriales !
L’impression et la distribution par la Chine d’une « nouvelle carte » empiétant sur le territoire et les frontières maritimes du Vietnam constituent une tentative délibérée d’exacerber les tensions et de compliquer la situation en mer de Chine méridionale, contrairement à la déclaration conjointe de haut niveau des deux pays, et sont préjudiciables au maintien de la paix, de la stabilité et de la coopération dans la région.
La nouvelle carte dessinée par la Chine apporte une fois de plus la preuve irréfutable que, avec son ambition irrationnelle d'envahir la mer de Chine méridionale, la Chine est prête à enchaîner les méfaits sans aucune intention de s'arrêter.
C’est un aspect dont toute la communauté internationale doit se méfier face à l’ascension fulgurante et inhabituelle de la Chine.
La « nouvelle carte topographique », le nouveau « territoire de la République populaire de Chine », si la Chine persiste à l'imprimer et à la diffuser sur son territoire, restera un simple produit national chinois et ne sera jamais reconnue par la communauté internationale. Cette carte n'aura qu'un seul but : révéler les intentions cachées et les ambitions de ceux qui ont commandé sa création et sa publication, ambitions qui consistent à envahir les territoires des pays voisins, et ainsi provoquer de vives protestations de la part de la communauté internationale !
Thach Quy


