
LE JOURNALISME RÉVOLUTIONNAIRE AU VIETNAM À L'ÈRE NUMÉRIQUE
Le journal et la radio-télévision Nghe An présentent respectueusement l'article « Le journalisme révolutionnaire vietnamien à l'ère numérique » du camarade To Lam, secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien et président de la République socialiste du Vietnam.
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• 18 juin 2026, 14h00
Le journal et la radio-télévision Nghe An présentent respectueusement l'article « Le journalisme révolutionnaire vietnamien à l'ère numérique » du camarade To Lam, secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien et président de la République socialiste du Vietnam.
Après plus d'un siècle au service de la nation, la presse révolutionnaire vietnamienne entre dans une ère de développement inédite et radicalement différente, et ce, à presque tous les égards. Le numérique est devenu un élément incontournable du quotidien. Les technologies numériques, le big data, l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les plateformes de communication transfrontalières ont profondément transformé la manière dont l'information est créée, diffusée, reçue et vérifiée.

Aujourd'hui, les individus apprennent, travaillent, communiquent, font leurs achats, se divertissent, expriment leurs opinions et participent aux débats de société grâce aux plateformes en ligne. Ce flux d'informations rapide et diversifié offre des opportunités considérables pour la diffusion des connaissances, la démocratie sociale et l'innovation. Les orientations des grands partis, les nouvelles politiques d'État et les informations positives peuvent ainsi toucher simultanément des dizaines de millions de personnes par divers moyens. La technologie contribue à rapprocher le journalisme des citoyens et à recueillir plus rapidement leurs réactions.
Cependant, l'environnement numérique complexifie également la vie informationnelle, la rendant facilement influençable par les émotions passagères, la désinformation, la manipulation algorithmique et la diffusion délibérée d'informations. Les fausses nouvelles, les informations partiellement vraies ou partiellement fausses, l'ambiguïté, les images et les sons truqués, les contenus générés par l'IA, la violation du droit d'auteur, les cyberattaques et le vol de données sont de plus en plus sophistiqués. La désinformation peut se propager rapidement avant même que la vérité ne soit vérifiée. La manipulation de la parole peut nuire à la réputation des individus et des organisations, et même affecter la confiance du public dans les politiques du Parti et de l'État.

Dans le nouveau paysage médiatique, la presse ne détient plus le quasi-monopole de la diffusion de l'information. Fin 2025, le Vietnam devrait compter environ 85,6 millions d'internautes, soit 84,2 % de la population, et près de 79 millions d'utilisateurs des réseaux sociaux. Selon les dernières statistiques, le nombre total de comptes sur les réseaux sociaux vietnamiens s'élève à environ 110 millions, tandis que les comptes sur les plateformes étrangères avoisinent les 203 millions. Cet environnement numérique offre à la presse la possibilité de toucher un public plus large que jamais, mais l'oblige également à rivaliser directement avec l'énorme volume de contenus créés en permanence par les plateformes et les utilisateurs. Dans l'espace numérique, presque n'importe qui peut diffuser une information. Les comptes sur les réseaux sociaux peuvent exercer une influence considérable au sein d'une communauté.
Cependant, cette évolution n'a en rien diminué le rôle du journalisme d'investigation. Au contraire, face à l'abondance d'informations, la société a plus que jamais besoin de sources fiables pour distinguer le vrai du faux, ce qui nécessite une vérification, ce qui relève de la simple pensée de foule ou d'une manipulation délibérée. Cela exige professionnalisme, rigueur et résilience face à toutes les pressions. Le journalisme doit être un lieu où l'on se tourne en quête de confirmations fiables, et non un média qui suit aveuglément les tendances. La société a besoin d'un espace de confiance pour comprendre la vérité. Les citoyens ont besoin de savoir ce qui s'est passé, pourquoi, qui a été touché, qui est responsable et quelles solutions sont réellement envisageables.
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L'espace numérique a également besoin d'un journalisme riche en données, diversifié dans son contenu, varié dans son expression et approfondi dans son analyse des politiques publiques. Nombre de problématiques actuelles, de la transformation numérique à la transition écologique, en passant par la réforme administrative, les politiques sociales et les fluctuations économiques internationales, sont difficiles à appréhender si l'on ne se fie qu'à des informations fragmentaires. Par conséquent, la responsabilité du journalisme n'est pas seulement d'être plus rapide, mais avant tout d'être plus précis, plus perspicace et plus utile.
Face à cette exigence, la transformation numérique du journalisme ne saurait se réduire à la simple création de nouveaux sites web, à l'ouverture de comptes sur les réseaux sociaux ou à l'acquisition d'appareils modernes. Elle doit constituer une innovation globale touchant la vision du leadership, l'organisation des rédactions, les processus de production, la gestion des données, la diffusion des contenus, la mesure d'audience, l'économie du journalisme et la culture professionnelle. Le journalisme numérique n'est pas un journalisme traditionnel transposé sur une nouvelle plateforme, mais bien une nouvelle façon de s'organiser dans un nouveau contexte.


Dans une rédaction, chaque article doit être considéré comme un produit d'information avec un objectif clair. Toutes les formes d'expression doivent respecter une norme commune : exactitude, humanité, vérifiabilité et responsabilité. Il faut éviter une situation où la page d'accueil est rigoureuse tandis que les plateformes secondaires le sont moins. Plus le journalisme multiplateforme se développe, plus les normes doivent être cohérentes.
À l'ère du numérique, les données sont une pierre angulaire du journalisme. Elles ne se limitent pas aux chiffres ; elles constituent le fondement de la vérification et le moyen de construire et de diffuser des reportages plus convaincants et plus complets. Les principales agences de presse et les médias les plus réputés du monde investissent désormais massivement dans la gestion des données et y consacrent d'importantes ressources humaines. Lorsque les données sont bien développées et gérées, le journalisme gagne en force de persuasion et en capacité à détecter les problèmes au plus tôt.
Un autre enjeu majeur est le maintien du contrôle sur les plateformes transfrontalières. Le journalisme doit pouvoir toucher son public sur toutes les plateformes, mais il ne peut dépendre d'algorithmes externes. Se focaliser uniquement sur les vues et les systèmes de recommandation risque d'entraîner la perte de données lecteurs, de droits de diffusion, d'identité et de s'exposer à des modifications algorithmiques. Maîtriser l'espace numérique, c'est savoir tirer parti des plateformes mondiales tout en développant son propre canal, son lectorat, ses données et une marque de confiance.

Il est donc essentiel de mieux comprendre la souveraineté informationnelle nationale. Le journalisme d'investigation doit être le principal artisan de sa protection. Protéger la souveraineté informationnelle ne signifie pas s'isoler. Le Vietnam a besoin d'une presse étrangère numérique forte, multilingue et multimédia, capable de diffuser son message au monde dans un langage moderne et imprégné de l'identité vietnamienne. Les acquis des réformes, la culture nationale et une politique étrangère indépendante, autonome, renforçant son autonomie, pacifique, amicale, coopérative et axée sur le développement doivent être présentés à travers des contenus attrayants et des données convaincantes.
Pour accomplir sa mission, le journalisme a besoin de ressources pour un développement durable. L'économie du journalisme numérique n'est pas incompatible avec les objectifs et les orientations d'un journalisme novateur. Un journalisme en manque de ressources aura du mal à investir dans la technologie, à protéger les droits d'auteur, à former son personnel et à fidéliser ses talents. Cependant, cette économie doit servir la mission du journalisme et non le conduire vers le sensationnalisme, le piège à clics, l'exploitation de la vie privée ou la commercialisation de l'information politique et sociale. Le journalisme a besoin de nouvelles sources de revenus provenant des abonnements numériques, des droits d'auteur, des données et des produits spécialisés. Sans un modèle économique numérique solide, le journalisme aura du mal à maintenir sa capacité d'investir dans des contenus de qualité, l'investigation, l'analyse, la vérification des données et la protection des droits d'auteur.
Le droit d'auteur en journalisme, tant dans l'environnement numérique que dans celui de l'intelligence artificielle, doit être rigoureusement protégé. Le contenu journalistique est le fruit d'un travail créatif, d'une pratique professionnelle, de vérifications, d'un travail d'édition, d'investissements financiers et d'une responsabilité juridique. Copier, assembler, exploiter, synthétiser et commercialiser ce contenu compromet les fondements économiques du journalisme. Protéger le droit d'auteur, c'est protéger un travail authentique et la qualité de l'information au sein de la société.

En fin de compte, tout repose sur les individus. Toutes les orientations et stratégies dépendent d'eux. À l'ère du numérique, les journalistes doivent maîtriser les données, les outils numériques, les réseaux sociaux, les sources ouvertes et les normes de sécurité de l'information. Plus les outils sont nombreux, plus les journalistes doivent faire preuve de courage. Ils doivent éviter de publier une information avant de la vérifier, ou de laisser les réseaux sociaux dicter leur conduite. Les journalistes ne doivent pas compromettre leur crédibilité pour gagner en visibilité. Avant de publier un article, ils doivent se poser trois questions essentielles : est-il vrai ? Est-il nécessaire ? Est-il utile à la société ?
Les dirigeants des médias doivent eux aussi s'adapter. Le rédacteur en chef d'une rédaction numérique n'est plus seulement chargé d'approuver le contenu, mais également d'élaborer des stratégies pour les produits, les données, les audiences, les technologies et les ressources humaines. Les médias ont besoin d'une nouvelle culture d'entreprise : professionnelle, rigoureuse en matière de vérification, réactive, ouverte à l'innovation, disposée à expérimenter sans pour autant se laisser influencer par les normes établies. La formation continue du personnel doit devenir une pratique courante, axée sur la vérification numérique, la sécurité des données, le journalisme multiplateforme, l'éthique de l'IA et le respect du droit de la propriété intellectuelle.
Avec l'entrée en vigueur, le 1er juillet 2026, de la loi sur la presse n° 126/2025/QH15, il est absolument essentiel de perfectionner le cadre institutionnel du journalisme numérique. Ce cadre doit garantir le droit d'exercer légalement, encourager l'innovation, jeter les bases de rédactions numériques, de l'économie du journalisme numérique et du journalisme de données, protéger les droits d'auteur et assurer une utilisation responsable de l'intelligence artificielle. Parallèlement, la déontologie journalistique doit être rigoureusement respectée ; les violations de l'information et de la déontologie, ainsi que l'exploitation du journalisme à des fins personnelles, doivent être traitées sans délai.


Il est urgent de développer des capacités de vérification de l'information à l'échelle nationale. Une collaboration étroite est indispensable entre les organismes de réglementation, les principaux médias, les experts en technologies, les organismes de formation, les plateformes numériques et la population afin de détecter, vérifier, prévenir et réfuter les fausses informations, les déclarations mensongères, les images falsifiées d'organismes gouvernementaux et autres activités de désinformation. Ce réseau doit être opérationnel rapidement, selon des procédures claires, et s'appuyer sur des données et des preuves pour convaincre le public.
Tout au long du processus de réforme journalistique, le public doit être placé au centre des préoccupations. Aujourd'hui, le public numérique ne se contente pas de recevoir l'information ; il y réagit fréquemment, pose des questions, vérifie les faits, donne son avis, fournit des données et exige une plus grande transparence journalistique. Le journalisme doit être à l'écoute sans se laisser emporter par les émotions passagères, respecter le débat sans pour autant cautionner la diffusion d'informations nuisibles. Pour les jeunes, le journalisme peut innover afin de mieux les atteindre grâce à un langage, des formats et des plateformes adaptés, mais il ne doit en aucun cas abaisser ses exigences.
Par conséquent, le journalisme révolutionnaire vietnamien à l'ère numérique doit harmonieusement conjuguer sens politique et maîtrise technologique, idéaux révolutionnaires et pensée novatrice, combativité et humanisme, responsabilité nationale et capacité d'intégration. La maîtrise de l'espace numérique ne saurait se réduire à de simples slogans ; elle doit s'opérer dans chaque rédaction, chaque processus de vérification, chaque base de données, chaque produit journalistique, chaque formation et dans le comportement de chaque journaliste face au public.
À l'occasion de l'anniversaire de la Journée de la presse révolutionnaire vietnamienne, j'espère que les agences de presse et chaque journaliste sauront faire des traditions révolutionnaires un moteur d'innovation. Les agences de presse doivent devenir des rédactions numériques modernes, des centres de données et de connaissances, et des sources d'information fiables pour le peuple. Les journalistes doivent continuer à mener des combats sur le front idéologique, culturel et numérique, en faisant preuve d'une grande intégrité, d'une éthique irréprochable, d'un profond humanisme et d'une expertise technologique. Forte de cette orientation, je suis convaincue que la presse révolutionnaire vietnamienne continuera d'apporter une contribution précieuse au service de la Patrie et du peuple à l'ère numérique.


