Les désaccords concernant le plan de relance de 350 milliards de dollars jettent une ombre sur le sommet États-Unis-Corée du Sud ?
Le président américain Donald Trump est arrivé aujourd'hui (29 octobre) en Corée du Sud pour participer aux événements de l'APEC et tenir des entretiens bilatéraux. Cette visite intervient dans un contexte de profonds désaccords entre les deux alliés concernant un plan d'investissement de 350 milliards de dollars et leurs positions respectives sur la Corée du Nord.

Il s'agit de la prochaine étape de la tournée asiatique du président Trump, après la signature d'accords commerciaux et de sécurité en Malaisie et au Japon. Selon les médias internationaux, les deux principales priorités du président Trump en Corée du Sud sont : inciter Séoul à finaliser un plan d'investissement de 350 milliards de dollars aux États-Unis et organiser un sommet de suivi avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Cependant, les analystes estiment que les objectifs de Trump à Séoul pourraient s'avérer plus difficiles à atteindre que lors des précédentes étapes de sa tournée.
Impasse concernant le plan d'investissement de 350 milliards de dollars.
Le principal obstacle actuel réside dans les négociations concernant le plan d'investissement de 350 milliards de dollars. Ce plan est perçu comme une condition préalable à la réduction par les États-Unis des droits de douane sur les importations sud-coréennes, qui passeraient de 25 % à 15 %. Le désaccord fondamental porte sur la nature même de ce plan. Du côté américain, le président Trump exige que Séoul verse l'intégralité de la somme « d'avance », en numéraire ou en actions. De son côté, le gouvernement du président Lee Jae-myung affirme que la majeure partie de ces fonds sera distribuée sous forme de prêts et de garanties de prêts destinés à permettre aux entreprises sud-coréennes d'implanter de nouvelles unités de production et des activités commerciales aux États-Unis.
Le président sud-coréen Lee Jae-myung a averti que le versement d'une telle somme en espèces « d'emblée » pourrait déstabiliser le marché financier national. Kim Sang-woo, ancien homme politique et actuel membre du conseil d'administration de la Fondation Kim Dae-jung pour la paix, a souligné que ce montant de 350 milliards de dollars représente environ 6,5 % du PIB sud-coréen et que le paiement en espèces pourrait avoir un « impact négatif très important sur la stabilité financière ».
Frictions dans les relations d'alliance
La visite de Trump intervient dans un contexte de tensions au sein de l'alliance américano-sud-coréenne. Des manifestations ont eu lieu devant l'ambassade américaine à Séoul ces derniers jours. Certains Sud-Coréens craignent des pressions dans le cadre des accords commerciaux et redoutent que Trump n'évoque à nouveau le retrait des troupes américaines si ses exigences ne sont pas satisfaites.
Par ailleurs, l'opinion publique en Corée du Sud reste indignée suite au raid mené en septembre par l'agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) dans une usine Hyundai en Géorgie, qui a entraîné la détention de plus de 300 travailleurs sud-coréens avant leur expulsion.
Le professeur Hyobin Lee de l'université Sogang (Séoul) a déclaré à DW que sous l'administration Trump, « il existait un sentiment largement répandu que l'alliance était instrumentalisée à des fins économiques unilatérales ». Cependant, Lee a également suggéré que l'actuelle administration sud-coréenne devrait négocier « avec plus de détermination et d'assurance », en privilégiant les intérêts économiques et l'autonomie stratégique.
La perspective d'un sommet entre les États-Unis et la Corée du Nord reste ouverte.
Outre les questions économiques, la visite portera également sur la possibilité de reprendre le dialogue avec la Corée du Nord. Le président Lee Jae-myung devrait coprésider un sommet bilatéral avec M. Trump en marge du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Gyeongju.
Lors de son déplacement en Asie, le président Trump a exprimé à plusieurs reprises et publiquement son désir de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, affirmant être « prêt » si ce dernier le souhaitait. Cependant, les analystes restent prudents quant à la probabilité d'un sommet entre les États-Unis et la Corée du Nord. La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à juin 2019 à Panmunjom.
Les experts soulignent que le contexte actuel a évolué, notamment depuis la signature d'une alliance militaire et commerciale entre la Corée du Nord et la Russie, ce qui a contribué à atténuer la pression des sanctions internationales. Kim Sang-woo analyse que Trump semble privilégier l'image de la rencontre plutôt que de formuler des propositions concrètes. Selon lui, cela ne suffira pas à convaincre le dirigeant nord-coréen.
Reuters a rapporté que le 29 octobre au matin, le président américain Donald Trump a atterri à l'aéroport international de Gimhae (Busan), marquant le début de sa visite officielle en Corée du Sud et la dernière étape de sa tournée asiatique. M. Trump est arrivé à Gyeongju en provenance de Tokyo (Japon), quelques heures seulement après un nouvel essai de missile de croisière effectué par la Corée du Nord. Selon son programme, il doit prononcer un discours lors d'un sommet de chefs d'entreprise et s'entretenir avec le président sud-coréen Lee Jae-myung à Gyeongju. Le principal point à l'ordre du jour du 29 octobre est l'accord commercial bilatéral entre les États-Unis et la Corée du Sud, qui reste à finaliser.
S'adressant aux journalistes à bord d'Air Force One, le président Trump a déclaré être « entièrement concentré » sur sa rencontre prévue avec le président chinois Xi Jinping le 30 octobre. M. Trump s'est dit optimiste quant à la possibilité de parvenir à une trêve commerciale avec Pékin. « Les relations avec la Chine sont excellentes. Je pense donc que nous obtiendrons un résultat très positif pour notre pays et pour le monde », a-t-il affirmé. Il a également ajouté qu'il prévoyait de réduire les droits de douane américains sur les produits chinois en échange de l'engagement de Pékin à limiter ses exportations de fentanyl, précurseur chimique du fentanyl.


