L’essaim de drones dotés d’intelligence artificielle de la Chine et le risque stratégique pour les États-Unis.

CTVXDecember 3, 2025 14:32

La Chine accélère le déploiement d'essaims de drones dotés d'IA : le CETC teste 119 drones, dont le Jiu Tian SS-UAV d'une envergure de 25 m ; les États-Unis sont confrontés au défi des coûts de défense et à la nécessité d'une surveillance humaine directe.

La Chine investit massivement dans des drones dotés d'intelligence artificielle et utilisant des tactiques d'essaim, ce qui représente une menace directe pour la supériorité militaire américaine. Ces systèmes autonomes, peu coûteux et difficiles à intercepter, capables de prendre leurs propres décisions, pourraient saturer les défenses et exercer une pression financière considérable sur Washington. La différence de réglementation concernant l'utilisation de l'IA comme arme létale – les États-Unis privilégiant l'intervention humaine, tandis que la Chine privilégie la rapidité – intensifie encore la course technologique.

UAV AI Trung Quốc đe dọa Mỹ trong cuộc đua công nghệ quân sự toàn cầu - Ảnh 1.
Image illustrative. Intérêt national

Aperçu : La course à l'IA militaire

Pékin poursuit un modèle d'intégration civilo-militaire global, mobilisant entreprises et laboratoires de défense pour accélérer le développement. Les enseignements tirés de l'Ukraine et de l'utilisation par les forces houthies de drones bon marché en mer Rouge sont perçus comme des catalyseurs pour le développement de tactiques d'essaim. L'objectif est de s'appuyer sur le nombre, la rapidité et l'automatisation pour briser la domination qui reposait jusqu'alors sur les porte-avions, les chasseurs de cinquième génération ou les destroyers.

Dans le même temps, les États-Unis doivent eux aussi accélérer le rythme pour ne pas se laisser distancer. Les deux camps sont engagés dans une course à l’intelligence artificielle armée, où la crainte d’être dépassés prime sur les considérations de sécurité et les risques stratégiques.

« Essaims de drones » dotés d'IA : capacités et fondements

En 2017, la China Electronics Corporation (CETC) a testé une formation de 119 drones kamikazes lancés depuis des camions, attirant l'attention internationale. S'en sont suivis des essais à plus grande échelle, intégrant des algorithmes coopératifs en temps réel, le routage automatique, l'identification automatique des cibles et l'apprentissage par renforcement multi-agents, permettant ainsi aux essaims de drones d'opérer sans centre de commandement.

La Chine développe simultanément des drones de combat capables d'opérer conjointement avec des avions pilotés. Des prototypes tels que le Feihong-97 et le GJ-11 Sharp Sword ont été présentés à plusieurs reprises aux côtés du J-20, formant une structure de combat où les drones effectuent des missions de reconnaissance, de guerre électronique ou des missions suicides. Les États-Unis adoptent une approche similaire avec leur programme CCA, qui s'inscrit dans le cadre du NGAD (Next Generation Advanced Development).

En 2025, des images du drone Jiu Tian SS-UAV ont été diffusées, révélant un « vaisseau-mère » de 25 mètres d'envergure, capable de déployer des essaims entiers de drones en vol. Dès lors, une question se pose : pourquoi les États-Unis ne disposent-ils pas d'une plateforme comparable si Pékin a déjà concrétisé ce concept ?

En mer, la Chine déploie les JARI, des navires de surface sans équipage configurés comme des versions miniatures de destroyers, intégrant une navigation par intelligence artificielle et un armement compact. Sous l'eau, le sous-marin autonome HSU-001 est entré en service, avec pour mission, semble-t-il, la reconnaissance et le guidage de systèmes de missiles à longue portée.

Tactiques : Saturer la défense et perturber le système.

Les tactiques d'essaim exploitent les limitations de conception des systèmes de défense aérienne modernes. Optimisés pour contrer simultanément quelques dizaines de cibles, ces systèmes peuvent être paralysés par plusieurs centaines de drones kamikazes volant à basse altitude, modifiant constamment leurs trajectoires et coordonnant leurs cibles. Ce mécanisme de coopération crée des brèches dans le réseau de capteurs, rendant difficile l'efficacité constante des radars et des armes réactives.

Les bases aériennes à pistes fixes sont vulnérables aux attaques peu coûteuses mais potentiellement dévastatrices. Même les chasseurs de cinquième génération, qui coûtent plusieurs millions de dollars, peinent à maintenir une supériorité écrasante face aux essaims de drones suicides dotés d'intelligence artificielle, capables d'approcher de multiples directions, de se disperser et de se regrouper à volonté.

L'un des impacts notables est l'« érosion budgétaire » : des essaims de drones coûtant quelques milliers de dollars contraignent les adversaires à utiliser des intercepteurs onéreux, ce qui fait grimper considérablement les coûts de défense. Dans ce scénario, les États-Unis pourraient dépenser des dizaines de milliards de dollars rien que pour contrer une cible bon marché.

Le problème des règles de la guerre : l'humain pris au piège.

Washington maintient le principe de l'approbation ou du contrôle humain des décisions létales afin de maîtriser les risques liés à l'IA. La Chine, quant à elle, ne semble pas imposer de limites similaires, privilégiant plutôt la rapidité et la puissance de calcul. Sa culture de commandement valorise l'action décisive, ce qui rend les systèmes automatisés plus susceptibles d'être dotés d'une plus grande autonomie en matière d'identification des cibles et de tir.

Cela place les États-Unis dans une situation délicate : soit accepter un rythme plus lent et le risque de prendre du retard, soit assouplir les garde-fous jugés nécessaires. Les deux options comportent des risques stratégiques.

Impact et perspectives régionaux

Grâce à son important arsenal de drones, la Chine peut influencer l'équilibre des forces dans le Pacifique occidental. Le déploiement simultané d'essaims de drones dans les airs, en surface et sous l'eau sature non seulement les radars, mais crée également des failles défensives, contraignant les adversaires à disperser leur puissance de feu.

L'avenir de cette compétition s'annonce plus incertain, Pékin et Washington accélérant leurs efforts d'innovation pour éviter d'être distancés. Dans ce contexte, l'intelligence artificielle dans la guerre des drones demeure un enjeu majeur, avec des implications tactiques et économiques de plus en plus évidentes.

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L’essaim de drones dotés d’intelligence artificielle de la Chine et le risque stratégique pour les États-Unis.
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