Le Bélarus fixe un plafond pour Oreshnik, l'OTAN et l'Indonésie renforcent leur présence militaire.
Le Bélarus a dévoilé sa première série de 10 systèmes de missiles hypersoniques Oreshnik, tandis que le Danemark acquiert des AMRAAM ER et que l'Indonésie reçoit des navires PPA pour moderniser ses défenses.
Trois développements notables en matière d'armement ont eu lieu le 24 décembre : le Bélarus a annoncé publiquement pour la première fois le nombre maximal de missiles balistiques hypersoniques Oreshnik de développement russe ; le Danemark a reçu l'approbation des États-Unis pour l'achat de missiles AMRAAM ER afin de moderniser sa défense aérienne ; et l'Indonésie a acquis son deuxième navire de combat polyvalent de classe PPA, renforçant ainsi sa présence navale au large des côtes.
Le Bélarus fixe pour la première fois un plafond au nombre d'Oreshniks.
Le 22 décembre, le président Alexandre Loukachenko a confirmé que le Bélarus ne possédait « pas plus de dix » systèmes de missiles balistiques hypersoniques Orechnik. Selon l'agence de presse BelTA, cette déclaration faite à Saint-Pétersbourg marque la première fois que Minsk fixe une limite quantitative précise à ses capacités balistiques, qui font l'objet d'une surveillance étroite de la part de l'OTAN et des agences européennes de défense antimissile.
La publication de ce chiffre précis transforme les déclarations vagues précédentes en données concrètes, clarifiant l'ampleur du rôle du Bélarus dans l'acquisition et le déploiement de missiles de conception russe. Ces informations permettent également aux planificateurs militaires européens et de l'OTAN d'évaluer la contribution du Bélarus à la dissuasion régionale.
Spécifications et structure du système
L'Oreshnik est présenté comme un système de missile balistique à moyenne portée, capable d'atteindre des vitesses hypersoniques et réputé extrêmement difficile à intercepter. Selon la Russie, ce missile peut atteindre des vitesses supérieures à dix fois la vitesse du son, soit environ 11 000 km/h, et emporter des ogives conventionnelles ou nucléaires selon sa configuration.
Outre sa vitesse, l'Oreshnik serait également doté de la technologie des têtes multiples à ciblage indépendant (MIRV), permettant à chaque missile d'emporter jusqu'à 36 ogives. Ceci accroît la complexité des systèmes de défense antimissile ennemis, qui doivent gérer simultanément de multiples cibles volant à très grande vitesse.
Le concept de « système » auquel Loukachenko faisait référence englobe très probablement les missiles, les lanceurs mobiles, les systèmes de commandement et de contrôle, ainsi que les composantes de soutien logistique. Cette structure permet le déploiement, la mobilité et le maintien de la capacité opérationnelle sur le terrain, et non pas simplement un certain nombre de missiles individuels.
Implications opérationnelles et défis défensifs
L'an dernier, Loukachenko avait déclaré que le Bélarus pourrait recevoir « dix systèmes dans un avenir proche », voire davantage si la Russie le souhaitait, avant de préciser qu'il plaisantait, insistant sur le coût élevé et les limitations des capacités de production. Même si le nombre de systèmes reste modeste, le déploiement effectif de plusieurs lanceurs à moyenne portée pourrait néanmoins avoir un impact significatif sur le contexte opérationnel dans la région.
La portée intermédiaire du missile Oreshnik lui permet de couvrir de vastes zones d'Europe, tandis que son court délai d'alerte et sa mobilité mettent à rude épreuve les réseaux de défense existants. L'identification précoce du type d'ogive (conventionnelle ou nucléaire) constitue un autre défi, car cette information n'est généralement disponible qu'en fin de trajectoire, ce qui complique la prise de décision quant à la riposte.
En janvier, le commandant de l'armée ukrainienne, Oleksandr Syrsky, a reconnu que très peu de systèmes de défense aérienne au monde sont considérés comme capables de contrer le missile Oreshnik, et que l'Ukraine ne possède actuellement aucun système de ce type. Cette appréciation témoigne du niveau de difficulté technologique que représentent les systèmes de défense aérienne, même si aucun détail technique supplémentaire n'a été fourni.
Le Danemark modernise sa défense aérienne avec l'AMRAAM ER.
L'Agence américaine de coopération en matière de sécurité de la défense (DSCA) a annoncé le 22 décembre que le Département d'État américain avait approuvé la proposition danoise de vente militaire à l'étranger (FMS), portant sur des missiles AMRAAM ER et les équipements de soutien associés, pour un montant total estimé à 951 millions de dollars. L'objectif est de renforcer les capacités de défense aérienne et antimissile du Danemark, tout en consolidant l'interopérabilité au sein de l'OTAN face aux tensions sécuritaires croissantes en Europe du Nord.
Selon la proposition, le Danemark acquerra 236 missiles AMRAAM ER ainsi que 5 systèmes de guidage AIM-120C-8, incluant le matériel d'entraînement au chargement, les conteneurs, le matériel de soutien, les pièces de rechange, les consommables, les services de réparation et de retour, le logiciel d'armement, le soutien logiciel classifié et la documentation technique. La DSCA a souligné que le montant de 951 millions de dollars est une estimation maximale ; le coût final dépendra des exigences détaillées, du budget approuvé et de l'accord de vente formel. Le maître d'œuvre est la société RTX Corporation, basée à Arlington, en Virginie.
Caractéristiques et rôle dans le réseau de défense aérienne
Techniquement, l'AMRAAM ER est présenté comme un missile sol-air d'une portée de 40 à 50 km, capable d'intercepter des cibles à des distances et des altitudes supérieures à celles de son prédécesseur grâce à son moteur plus puissant et à un algorithme de contrôle de vol optimisé. L'utilisation du système de guidage AIM-120C-8 perpétue la tradition de la famille AMRAAM, décrite comme un missile à guidage radar, opérationnel par tous les temps et fonctionnant selon le principe « tirer et oublier ».
La nouvelle configuration AMRAAM ER associe une technologie de guidage américaine à des moteurs Nammo et à des systèmes de contrôle Kongsberg Defence & Aerospace, s'inscrivant ainsi dans la dynamique de coopération en matière d'industrie de défense entre les États-Unis et leurs alliés. Le Danemark a sélectionné le système de défense aérienne NASAMS développé par Kongsberg, qui peut utiliser l'AMRAAM ER pour étendre sa zone de protection et créer une couche de défense aérienne flexible à moyenne portée.
| Spécifications clés | AMRAAM ER (selon DSCA) |
|---|---|
| Plage nominale | 40 à 50 km |
| Plateforme de lancement | avions de chasse, unités de défense aérienne terrestres |
| mécanisme de navigation | Le guidage radar, le principe du « tirer et oublier ». |
La DSCA a estimé que cet accord renforcerait la capacité du Danemark à contrer les menaces actuelles et futures, tout en consolidant sa capacité à coordonner ses opérations avec les États-Unis et l'OTAN sans perturber significativement l'équilibre militaire régional. Le choix d'un missile adapté à la fois aux forces aériennes et aux forces de défense aérienne terrestres permet à Copenhague d'optimiser sa logistique des munitions et d'accroître la flexibilité dans l'allocation de ses ressources.
L'Indonésie reçoit un deuxième navire de la PPA, renforçant ainsi sa sécurité maritime.
La marine indonésienne a officiellement réceptionné son deuxième et dernier navire de combat polyvalent de classe PPA, le KRI Prabu Siliwangi-321, construit par la société italienne Fincantieri. La cérémonie de remise s'est déroulée au chantier naval Muggiano de La Spezia, marquant une étape importante du programme de modernisation navale indonésien et témoignant de l'ambition du pays de renforcer ses capacités de combat en mer dans la région indo-pacifique.
Il s'agit du deuxième navire d'une commande de deux patrouilleurs de haute mer (PPA), initialement conçus pour la marine italienne mais adaptés aux besoins opérationnels de l'Indonésie. Cette commande s'inscrit dans le cadre d'un contrat d'environ 1,3 milliard de dollars signé en mars 2024 entre le ministère indonésien de la Défense et Fincantieri, avec le soutien du ministère italien de la Défense. Fincantieri est responsable de la livraison des navires, de la coordination de l'intégration des systèmes de combat fournis par Leonardo et de la fourniture d'un soutien logistique, technique et de formation à long terme.
Configuration Light Plus et capacités de combat
Les deux navires de patrouille maritime indonésiens, le KRI Prabu Siliwangi-321 et son sister-ship le KRI Brawijaya-320 (livré en juillet 2025), sont tous deux en configuration Light Plus. Cette version offre un équilibre optimal entre puissance de feu, rayon d'action et coût, et est capable de mener à bien un large éventail de missions, allant des combats navals de haute intensité et de la patrouille maritime à l'assistance humanitaire, aux secours en cas de catastrophe et à la protection civile.
Sur le plan technique, le navire est équipé d'un radar à balayage électronique Kronos Grand Naval, de canons navals de 127/64 LW, d'un système de lancement vertical compatible avec les missiles antiaériens Aster, de systèmes d'armes de défense rapprochée et d'un système de guerre électronique moderne. La conception du pont d'envol et du hangar permet l'exploitation d'hélicoptères navals de taille moyenne et comprend également des rampes et des grues pour le déploiement de vedettes rapides lors de missions spéciales ou d'opérations de recherche et de sauvetage.
La mise en service de deux navires PPA permet à la Marine indonésienne de renforcer sa présence sur les principales voies maritimes, lui offrant une plus grande flexibilité dans l'allocation de ses forces entre les missions de sécurité maritime, les patrouilles de souveraineté et les opérations de soutien aux populations civiles. Leur structure modulaire permet d'adapter la configuration des missions en fonction des besoins, optimisant ainsi l'efficacité dans un budget limité.


