Le Bélarus et la Russie coopèrent au développement d'ogives nucléaires pour le système de missiles Polonez.
Le Bélarus et la Russie développent conjointement des ogives nucléaires pour le système de missiles Polonez, dans le but de renforcer leurs capacités de dissuasion et de diversifier leurs plateformes de lancement d'armes nucléaires.
Le Bélarus et la Russie ont officiellement lancé un programme de développement conjoint visant à équiper le système de missiles tactiques Polonez d'ogives nucléaires. Cette information a été confirmée par Guennadi Lepeshko, président de la commission de la sécurité nationale de la Douma, lors d'un récent entretien avec Sputnik.
La capacité nucléaire du système de missiles de fabrication nationale.
Selon M. Lepeshko, dans le cadre des récents exercices Zapad, les forces armées des deux pays ont mis en pratique des scénarios de combat impliquant des armes nucléaires. Ces exercices ont porté sur le déploiement d'armes nucléaires à partir de diverses plateformes, notamment aériennes et terrestres. Plus précisément, le programme de coopération actuel vise à intégrer des ogives nucléaires au système Polonez de fabrication biélorusse.
Analyse technique du système Polonez
Le Polonez est le système de missiles tactique et opérationnel le plus moderne du Bélarus. Développé à partir de la technologie du système de missiles polyvalent chinois GATSS, il est intégré sur un châssis à roues MZKT-7930 Astrolog de fabrication bélarusse.

Sur le plan technique, le Polonez utilise des missiles de calibre 301 mm. La version de base A200 a une portée d'environ 200 km, tandis que la version améliorée A300 peut atteindre une portée de 290 km. Le système utilise un système de navigation inertielle (INS) combiné à un système de positionnement par satellite (GPS), ce qui lui permet de maintenir une erreur circulaire probable (CEP) comprise entre 15 et 30 mètres.
Rôle stratégique et processus de mise à niveau technologique
Le système Polonez est actuellement déployé auprès de la 336e brigade d'artillerie et de missiles biélorusse à Osipovichi. Le président Alexandre Loukachenko a affirmé que les capacités du système lui permettent d'atteindre des cibles stratégiques importantes dans la région frontalière et les centres de commandement voisins.

Il convient de noter que le Bélarus a réorienté sa coopération technologique. Après une première phase de coopération avec la Chine, Minsk utilise désormais la technologie russe pour développer de nouvelles versions du missile Polonez. La version Polonez-M, entrée en service en novembre 2023, a vu sa portée maximale portée à 300 km, ce qui représente une avancée significative vers l'autosuffisance du pays en matière d'armement guidé à longue portée.
En association avec d'autres systèmes de missiles tactiques.
Outre le système Polonez, le Bélarus utilise également des missiles Iskander-M de fabrication russe d'une portée de 500 km. Le fait que la Russie possède déjà des ogives nucléaires d'une puissance explosive allant jusqu'à 50 kilotonnes pour l'Iskander constitue un atout technique essentiel pour aider le Bélarus à intégrer des ogives nucléaires au système Polonez.

La mise en pratique des algorithmes d'armes nucléaires lors d'exercices conjoints témoigne des efforts déployés par Minsk et Moscou pour synchroniser les procédures de guerre nucléaire, de la préparation et du stockage jusqu'aux ordres de lancement de missiles depuis diverses plateformes.


