Bellingham a su rebondir face à Alavés grâce aux ajustements d'Alonso.
La victoire contre Alavés a révélé Jude Bellingham au grand public : une passe décisive parfaite pour Mbappé et des statistiques qui témoignent de sa présence sur tout le terrain. Xabi Alonso lui a trouvé un nouveau rôle où il peut s'épanouir aux côtés des stars offensives.
À Vitoria, Jude Bellingham n'a pas seulement « bien joué » au sens conventionnel du terme. Il a joué exactement comme le Real Madrid l'espérait en le recrutant : à la fois meneur de jeu et milieu défensif, il a su transformer les appels de Kylian Mbappé en buts. La victoire contre Alavés a donc été un tournant, le moment où Bellingham a retrouvé son meilleur niveau au moment opportun.
L'été dernier, Bellingham s'est enfin remis de son opération à l'épaule. Mais en ce début de saison, les supporters du Real Madrid voyaient encore un joueur capable de fulgurances, certes, mais qui n'avait plus cette présence imposante qu'à ses débuts au Bernabéu. Face à Alavés, cette impression est revenue : Bellingham a marqué, dribblé, fait des passes décisives, récupéré le ballon et dicté le jeu, le tout à un rythme effréné.

Le déclic : la passe à Mbappé et un nouveau « langage commun ».
Le moment le plus mémorable fut la passe décisive qui permit à Mbappé d'ouvrir le score (1-0). Bien plus qu'une simple passe décisive, c'était un véritable test de vision du jeu et de timing. Bellingham a parfaitement anticipé l'espace, choisi le moment idéal pour transmettre le ballon et exploiter la vitesse de Mbappé, transformant une situation anodine en un avantage décisif pour le Real Madrid.
Plus important encore, la complicité entre Bellingham et Mbappé est le signal dont l'entraîneur Xabi Alonso a besoin. Lorsqu'une équipe compte de nombreux joueurs offensifs qui aiment monopoliser l'attention, le « langage commun » se forge souvent dans des détails infimes : qui étire la défense, qui s'infiltre dans les demi-espaces, qui maintient le rythme pour permettre aux autres de percer la défense. Face à Alavés, le Real Madrid a commencé à apporter la solution.
Les statistiques témoignent du talent d'un milieu de terrain complet.
Avant le match contre Alavés, Bellingham affichait encore des statistiques honorables : 4 buts et 4 passes décisives. Mais ce type de données peut être trompeur, car il ne reflète pas la domination d'un milieu de terrain sur chaque action. À Mendizorroza, les statistiques et l'impression générale concordaient : Bellingham était à la fois le meneur de jeu et le combattant.

| Statistiques de Jude Bellingham contre Alavés | Valeur |
|---|---|
| Réussite | 60 |
| Une passe dans le dernier tiers du terrain. | 17 |
| Des opportunités créées | 2 |
| Tir sur la cible | 2 |
| Dribble réussi | 3 |
| Récupérez le ballon | 6 |
| Remporter le duel en un contre un | 9 |
| Tacle réussi | 3 |
L'analyse des statistiques révèle que Bellingham a endossé plusieurs rôles simultanément. Il domine le Real Madrid au nombre de passes réussies (60) et au nombre de passes dans le dernier tiers du terrain (17), loin devant Arda Guler, son dauphin. Il partage également la première place du classement des occasions créées (2) avec Valverde.
En termes d'efficacité, Bellingham était au même niveau que Mbappé, avec 2 tirs cadrés et 3 dribbles réussis. Mais ce qui a rendu sa performance remarquable, c'est l'intensité de son jeu sans ballon : 6 récupérations, 9 duels gagnés et 3 tacles réussis. Il incarnait parfaitement le joueur « total », présent dans toutes les zones dangereuses pour faire progresser le Real Madrid.
Le tournant tactique sous Xabi Alonso : prendre du recul pour mieux exploser.
Le plus grand défi de Bellingham cette saison est de retrouver sa place dans un système remanié. Il y a deux saisons, Carlo Ancelotti avait construit un système en losange autour de Bellingham, le positionnant dans des zones offrant beaucoup d'espace aux abords de la surface de réparation. Mais désormais, ces zones offensives appartiennent à Mbappé.
Xabi Alonso était donc confronté à un double défi : comment maintenir Bellingham au cœur de l’attaque sans qu’il déborde sur les attaquants, tout en évitant les débordements avec Arda Guler ? À Mendizorroza, la solution est apparue grâce à un dispositif tactique. Bellingham évoluait plus bas que Mbappé et Vinicius ; en phase défensive, il se comportait comme un faux milieu gauche ; en phase offensive, il devenait un faux numéro 10, libre de se projeter dans les couloirs intérieurs.
Ce changement a produit deux effets tactiques clairs, visibles sur le terrain : (1) Bellingham s’est retrouvé plus souvent en situation de un contre un, où il pouvait exploiter sa foulée et sa puissance pour progresser balle au pied au milieu de terrain ; (2) les appels de balle inattendus n’étaient plus systématiques, mais constituaient la touche finale au moment opportun. Autrement dit, il reculait d’un pas pour prendre de l’élan et accélérer, au lieu de devoir rester immobile dans des zones encombrées.
Impact : Le Real Madrid a retrouvé sa domination, et Bellingham en a été le principal artisan.
Si Mbappé et Rodrygo sont les joueurs capables de marquer, Bellingham est le véritable moteur qui assure la fluidité du jeu : il fait circuler le ballon avec précision pour dominer, tout en restant suffisamment agressif pour le récupérer rapidement et relancer l'attaque. Pour un Real Madrid qui aspire à retrouver sa domination d'antan, c'est le genre de performance qui peut dynamiser tout le système.
Et peut-être la nouvelle la plus importante pour Xabi Alonso : nul besoin de transformer Bellingham pour faire de la place à Mbappé. En le plaçant simplement au bon poste, au bon rythme, Bellingham peut encore être le joueur qui fait la plus grande différence, et ce, de manière globale.


