« La « maladie » de la consommation d'alcool »
(Baonghean) – Dans le journal Nghe An du 12 avril 2013, l'article « Quand le fonctionnaire est ivre », signé Kinh Can, relate l'histoire d'un président de district de la périphérie de Vinh qui, après avoir beaucoup bu de midi jusqu'en fin d'après-midi, était incapable de travailler ou de recevoir des invités. L'après-midi, après deux ou trois appels d'un journaliste, il finit par ouvrir, lui indiquant qu'il devait se rendre sur place car, encore sous l'effet de l'alcool, il ne pouvait rien dire.
Les articles relatant des licenciements pour ivresse ne sont pas nouveaux, mais le plus récent et le plus révélateur est un article du journal du parti concernant un président de district qui s'est enivré. Il est inutile de rappeler les nombreuses directives du Comité central du Parti et du Premier ministre interdisant aux fonctionnaires de consommer de l'alcool pendant leurs heures de travail ; celles-ci ont été largement diffusées. Il est nécessaire de comprendre la cause profonde de ce problème d'alcoolisme pour trouver une solution efficace. Chez les fonctionnaires, notamment ceux occupant des postes à responsabilité et les chefs de service, la principale raison n'est ni l'alcoolisme ni une incapacité à boire excessivement, mais plutôt une étrange habitude de se pousser mutuellement à s'enivrer. Ils pensent que boire ensemble jusqu'à l'ivresse est la seule façon de vivre et de travailler véritablement ensemble, et que refuser un toast, quel qu'en soit le motif, est perçu comme un manque de sincérité et de respect. C'est de là que provient la forte pression sociale qui pousse à se forcer à boire.
J'ignore d'où vient cette culture hybride, mais il est impossible de boire tranquillement à sa table ; on se lève et on se déplace, changeant de table des dizaines de fois après les réunions ou les fêtes. Même les jeunes fonctionnaires trouvent une table pour leurs supérieurs, la main gauche sur le cœur et un verre à la main droite, portant un toast à chacun d'eux par pure courtoisie. La consommation d'alcool est strictement encadrée, et après avoir bu, il faut encore se serrer la main pour conclure. Déjà réticents à l'alcool, ils redoutent désormais cette poignée de main jugée peu hygiénique.
Dans un district rizicole, le chef du district avait un jour offert de l'alcool à tous les convives, à chaque table, même aux femmes, les choquant, et même aux prêtres. Tous le respectaient et le craignaient, n'osant refuser car il disait : « Si vous avez peur d'un verre de vin, comment pouvez-vous gouverner ? Si vous refusez un verre de vin qu'on vous offre, votre cœur est-il sincère ? » On raconte même qu'un enseignant fut enivré à l'heure du déjeuner, et que l'école dut le retenir temporairement dans le débarras cet après-midi-là pour que la réunion du conseil ne soit pas perturbée.
De son vivant, le poète Tran Huu Thung affirmait que boire de l'alcool était bon en soi, mais qu'il existait aussi du « vin magique » (« Trois Coupes de Vin ») et du « vin de porc » qui, après avoir été consommé, laissait celui qui gisait au sol pendant des heures ou le transformait en vaurien. Pourquoi les hauts fonctionnaires, au niveau du district ou de l'agence, ne parviennent-ils pas à surmonter une chose aussi simple pour préserver leur intégrité et donner l'exemple à leurs subordonnés ? Je crois que si les fonctionnaires refusent de se conformer à l'interdiction gouvernementale, il sera difficile de parler de la crédibilité des responsables, de celle du Parti, ou encore de l'étude et du suivi de l'exemple moral du président Hô Chi Minh. À mon avis, avant même de discuter de l'interdiction de l'alcool, nous devons lutter fermement contre ce « fléau » qu'est l'abus d'alcool, en particulier chez les fonctionnaires et les hauts responsables, notamment ceux qui occupent des postes à responsabilité.
Hoang Nguyen (Yen Thanh)


