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Une « aube nouvelle » se lève-t-elle à Gaza ?

Hoang Bach November 19, 2025 11:17

Le 17 novembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution historique rédigée par les États-Unis, approuvant officiellement le plan de paix en 20 points du président Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza.

Cette résolution a légalisé la mise en place d'une administration de transition et autorisé le déploiement de la Force internationale de stabilisation (FIS) dans les territoires palestiniens dévastés. Elle a été perçue comme un tournant majeur, ouvrant une voie possible vers l'autodétermination et la création d'un État palestinien, tout en posant des défis considérables à toutes les parties prenantes, notamment au Hamas.

Légaliser le mécanisme de transition d'après-guerre.

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Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le 17 novembre. Photo : REUTERS

Les agences de presse ont rapporté qu'après près de deux semaines de négociations tendues, la résolution 2803 (2025) du Conseil de sécurité a été adoptée par 13 voix pour, aucune contre et deux abstentions, celles des deux membres permanents, la Russie et la Chine. Ce résultat témoigne d'un large consensus international, notamment du soutien de pays arabes et musulmans clés, en faveur d'un cadre de stabilisation pour l'après-guerre. La résolution américaine vise à rétablir l'ordre et à reconstruire Gaza après deux années de combats entre Israël et le Hamas, grâce à deux mécanismes principaux. Premièrement, elle salue la création de la Commission pour la paix (BoP), organe de transition présidé par le président américain Donald Trump. La BoP sera chargée de coordonner et de superviser les efforts de reconstruction et le redressement économique de Gaza. Deuxièmement, la résolution autorise la BoP à établir et à déployer la Force internationale de stabilisation (FIS) sous un commandement unifié. Ce point est le plus crucial et le plus controversé. Les Forces de sécurité israéliennes (FSI) ont pour mission d'assurer la sécurité et de soutenir la démilitarisation de Gaza par le désarmement et la destruction des infrastructures militaires appartenant aux groupes armés non étatiques, tout en garantissant la sécurité des civils palestiniens. Les mandats de la Banque de Palestine (BoP) et des FSI expirent le 31 décembre 2027.

Le plan de paix en 20 points du président Trump est considéré comme la pierre angulaire du processus, sa première phase ayant abouti à un cessez-le-feu et à un échange d'otages entre Israël et le Hamas le mois dernier. L'adoption de la résolution du Conseil de sécurité est essentielle pour légitimer la structure de gouvernance transitoire et rassurer les nations envisageant d'envoyer des troupes participer aux Forces de sécurité israéliennes (FSI). L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, Mike Waltz, a affirmé que la résolution « trace une voie possible vers l'autodétermination palestinienne… où les missiles laisseront place à la paix », soulignant qu'elle permettra de « démanteler l'emprise du Hamas, garantissant ainsi que Gaza sorte de l'ombre du terrorisme et devienne prospère et sûre ».

Le chemin ardu vers un État palestinien.

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Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le 17 novembre. Photo : REUTERS

La résolution américaine abordait également un point crucial, mais politiquement sensible : la perspective de la création d’un État palestinien. Elle stipulait que « les conditions pourraient à terme être réunies pour une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien » une fois que l’Autorité palestinienne (AP) aura achevé son programme de réformes et que la reconstruction de Gaza aura progressé. Ce ajout, bien que dépourvu de calendrier précis, représente une victoire diplomatique pour les États arabes et palestiniens et jette les bases de futurs dialogues entre les États-Unis, Israël et la Palestine, visant à « unifier un horizon politique pour une coexistence pacifique et la prospérité ». La déclaration de l’AP, saluant la résolution et exprimant sa volonté de la mettre en œuvre, a également été déterminante pour éviter un veto russe. Cependant, même en Israël, la résolution a suscité la controverse en raison de l’évocation de cette possibilité. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sous la pression de membres de l’aile droite de son gouvernement, a réaffirmé son opposition à un État palestinien et s’est engagé à démilitariser Gaza. Parallèlement, le Hamas a publié un communiqué rejetant catégoriquement la résolution, arguant que le plan ne respectait ni les droits ni les revendications du peuple palestinien et « imposait un mécanisme de tutelle internationale à la bande de Gaza ». Plus important encore, le groupe a réaffirmé son refus de désarmer, considérant la guerre contre Israël comme une résistance légitime. Le Hamas a averti que confier la tâche du désarmement aux forces internationales le « priverait de sa neutralité et en ferait une partie prenante au conflit au profit de l'occupant », créant ainsi le risque d'une confrontation directe entre les forces de sécurité israéliennes et le Hamas.

Les abstentions de la Russie et de la Chine ont été cruciales pour l'adoption de la résolution, mais les deux puissances ont exprimé de profondes inquiétudes. L'ambassadeur russe, Vassili Nebenzia, a déploré que la résolution « ne définisse pas clairement le rôle des Nations Unies dans l'avenir de Gaza ». Il a soutenu que le Conseil de sécurité « entérinait en réalité une initiative américaine fondée sur les promesses de Washington », confiant le contrôle total à la Banque de Palestine et aux Forces de sécurité israéliennes, dont « nous ignorons tout jusqu'à présent les mécanismes ». L'ambassadeur chinois a partagé des préoccupations similaires, qualifiant la résolution de « lacunaire à bien des égards et profondément inquiétante », « vague et imprécise sur de nombreux points importants ». Il a déclaré que « la Palestine y est à peine représentée et que la souveraineté et l'autodétermination des Palestiniens n'y sont pas pleinement prises en compte ». Malgré le soutien de pays arabes et musulmans, la Russie et la Chine ont maintenu que la résolution ne garantissait pas pleinement le rôle des Nations Unies et ne soutenait pas fermement la création d'un État palestinien.

Un test de faisabilité de l'ISF

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Des Palestiniens se tiennent près des décombres d'immeubles détruits, dans le contexte d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, le 17 novembre. Photo : REUTERS

De nombreux observateurs estiment que le principal défi réside dans la mise en œuvre de la mission de démilitarisation. Le plan américain exige des Forces de sécurité israéliennes (FSI) qu'elles garantissent le désarmement permanent des groupes armés non étatiques. Face à la forte opposition du Hamas, les FSI ont été habilitées à utiliser tous les moyens nécessaires pour mener à bien leur mission, conformément au droit international – le langage diplomatique qui autorise le recours à la force militaire. Le rôle des FSI comprendra notamment : la protection des frontières, la coordination avec les forces de police palestiniennes formées, la coordination avec les pays voisins pour assurer l'acheminement de l'aide humanitaire, et la mise à disposition d'une base pour le retrait des troupes israéliennes de Gaza, selon des normes, des étapes et un calendrier liés à la démilitarisation.

Ainsi, la résolution du Conseil de sécurité a fourni un cadre juridique et politique international au plan de paix américain. Cependant, sa faisabilité dépendra de la capacité de la balance des paiements à coordonner la reconstruction et à gérer la transition, ainsi que de celle des forces de sécurité israéliennes à maintenir la sécurité et à mettre en œuvre la démilitarisation sans s'enliser dans une guerre par procuration contre le Hamas. L'échéance du mandat, fin 2027, fixe un calendrier précis mais ambitieux pour le processus de paix. En cas de succès, cette résolution constituera un héritage historique. En cas d'échec, elle pourrait plonger le Moyen-Orient dans une nouvelle spirale d'instabilité, illustrant la complexité et l'imprévisibilité de ce conflit qui dure depuis des décennies.

Article paru dans le journal Nghe An

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