Brésil : La suspension du président est-elle la solution ?

May 14, 2016 13:20

(Baonghean) – Le Brésil a une nouvelle présidente, mais d'une manière que peu de gens souhaitaient. Le 12 mai, le Sénat brésilien a voté une motion de destitution, entraînant la suspension temporaire de la présidence de Dilma Rousseff et la dissolution de son gouvernement. La première économie d'Amérique du Sud est au bord d'un choc majeur, en proie à une crise politique qui dure depuis plus de deux ans.

Un coup d'État sans coups de feu.

Tổng thống Brazil Dilma Rousseff vừa trải qua một trong những giờ khắc đen tối nhất trong sự nghiệp chính trị của mình (nguồn: AFP)
La présidente brésilienne Dilma Rousseff vient de traverser l'un des moments les plus sombres de sa carrière politique. Photo : AFP

La victime de la motion de destitution – la présidente Dilma Rousseff – a immédiatement réagi, dénonçant un coup d'État visant non seulement à la renverser, mais aussi à aller à l'encontre de la volonté des électeurs brésiliens.

S'adressant à une foule de partisans rassemblés devant le palais présidentiel, Rousseff a déclaré que c'était un jour triste et une tragédie pour la jeune démocratie brésilienne. Elle s'est dite victime d'une grande injustice et a ajouté que le prochain gouvernement serait issu d'un coup d'État, ce qui serait à l'origine de la crise politique.

Parallèlement, lors d'une interview télévisée, Rousseff a continué de dénoncer ce qui se passait dans le pays comme un coup d'État et a affirmé qu'elle se battrait jusqu'au bout en utilisant tous les moyens légaux nécessaires pour prouver son innocence.

Elle a également appelé ses partisans à s'unir et à lutter par les voies légales. Elle a averti que les progrès sociaux accomplis par le pays sud-américain durant les treize années de gouvernement du Parti travailliste (PT), tels que la réduction de la pauvreté, la protection de l'enfance et de la jeunesse, et l'accès aux soins de santé et au logement, étaient menacés.

Phó Tổng thống Michel Temer nhận quyết định thay bà Rousseff đảm nhận vị trí Tổng thống lâm thời (nguồn Wall Street Journal)
Le vice-président Michel Temer a été désigné pour remplacer Rousseff à la présidence par intérim. Photo : Wall Street Journal

Le 12 mai, le vice-président brésilien Michel Temer, qui succédera à Rousseff à la présidence par intérim, a annoncé la composition de son nouveau gouvernement. Le président Temer a pour objectif de sortir la première économie d'Amérique latine de ce qui est considéré comme la pire récession depuis 1930, grâce à des mesures visant à résorber les déficits budgétaires et à relancer l'économie afin de stimuler la création d'emplois.

Les récents événements au Brésil ne font qu'aggraver le chaos déjà engendré par les scandales. Parmi ceux-ci figurent les enquêtes sur le scandale de corruption au sein de la compagnie pétrolière d'État Petrobras, dont Rousseff a été présidente, qui ont abouti à au moins 100 condamnations pour corruption, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs, dont des dizaines de dirigeants des plus grandes entreprises de construction et d'ingénierie du Brésil.

Mais les scandales politiques n'auraient pas provoqué un tel bouleversement dans la société brésilienne si la situation économique du pays n'avait pas été aussi catastrophique. Le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 3,8 % en 2015, soit la plus forte baisse depuis 1990.

L'an dernier, le chômage au Brésil a explosé, la confiance des consommateurs s'est effondrée et le real brésilien s'est déprécié de 24 % par rapport au dollar américain. Ce ralentissement économique a durement touché la classe moyenne du pays, et près de 3,7 millions de Brésiliens ont basculé dans la pauvreté.

Quelle est la solution pour le Brésil ?

Một người biểu tình chống chính phủ bên ngoài tòa nhà Quốc hội Brazil (nguồn Associated Press)
Manifestations antigouvernementales devant le bâtiment du Congrès brésilien (Source : Associated Press)

Le Brésil traverse une période de troubles politiques majeurs, tandis que sa crise économique ne montre aucun signe d'amélioration. Mais cette agitation politique permettra-t-elle d'instaurer un gouvernement plus intègre et plus honnête aux yeux du peuple ? Ou le gouvernement intérimaire parviendra-t-il à sortir le pays de l'impasse actuelle ?

Il semble difficile de répondre à cette question car le président par intérim Temer lui-même figure parmi les hommes politiques soupçonnés d'avoir perçu des pots-de-vin dans le scandale Petrobras. De plus, pas moins de 352 des 594 députés ont été accusés de malversations.

Le coup d'État actuel pourrait donc bien n'être qu'une révolution timide. Les déclarations de Rousseff suite à sa suspension laissent entendre qu'elle ne renoncera pas facilement à son ancien poste et qu'elle utilisera les « armes » à sa disposition, évoquant la possibilité de lancer des manifestations de rue pour faire pression sur le verdict final de sa procédure de destitution dans 180 jours. À ce moment-là, on craint que le Brésil ne sombre dans des conflits internes et des luttes intestines, tandis que les problèmes socio-économiques du pays demeurent irrésolus.

Thanh Son

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