Merci, Printemps
(Baonghean)Nous comptons les jours jusqu'à ce moment sacré et tant attendu du réveillon du Nouvel An. Et le printemps, « tel le début d'une chanson… », jaillira dans l'harmonie et les retrouvailles. Allumant un bâtonnet d'encens, les yeux embués de larmes, devant l'autel ancestral, nous exprimons notre gratitude envers la Terre, le Ciel et nos ancêtres. Le Ciel et la Terre nous ont offert les couleurs éclatantes du printemps, nous permettant un nouveau départ. Nos ancêtres ont écrit l'histoire, nommant chaque village, chaque montagne et chaque rivière, les transformant en souvenirs précieux pour nous aujourd'hui.
Merci à la légende du gâteau de riz gluant (Bánh tchương et Bánh dăi) de nous rappeler notre gratitude pour le riz. Merci au prince Láng Lieu de nous avoir enseigné la piété filiale. Merci à Nguyễn Huố d'avoir offert un rameau de pêcher à la princesse Ngọc Hộn, nous montrant qu'après les batailles et les victoires, l'amour peut encore briller. Merci au « Premier Printemps » de la réunification des deux régions, tel que décrit par l'auteur de l'« Hymne national », un printemps où « la fumée s'élève au-dessus du fleuve, les coqs chantent à midi sur ses rives », simple et paisible, fruit d'innombrables batailles et bouleversements. Des millions de Vietnamiens ont rêvé de ce premier printemps, pour que « désormais, les peuples sachent s'aimer »…

Famille pendant le Têt (Nouvel An lunaire) - Photo : Dzũng Nguyễn
Le vieux soldat raconta que son réveillon du Nouvel An le plus mémorable remontait à des décennies, dans une forêt profonde et obscure, en plein bombardement. Atteint de paludisme, il fut ému aux larmes en entendant la poésie du président Hô Chi Minh récitée par un petit poste de radio collé à son oreille, annonçant ainsi minuit. À cet instant, il crut à la victoire, il crut que la paix viendrait…
Et l'ouvrier du Sud raconta que, certains après-midi de la veille du Nouvel An lunaire, il se précipitait à la gare rien que pour entendre l'accent Nghệ An et laisser son âme retourner au Nord. Faute d'argent pour un billet, il rentrait discrètement chez lui tandis que le dernier wagon disparaissait à l'horizon…
Il reste tant de printemps et de réveillons du Nouvel An mémorables pour les soldats au front, les médecins de garde, les agents de sécurité, les veilleurs de nuit, les éboueurs… qui sont privés de la joie des retrouvailles familiales. Mais pour que tant de printemps puissent être synonymes de retrouvailles paisibles et joyeuses dans notre patrie…
Voilà, le printemps de la nation et le printemps du destin de chacun. Ce sera à jamais un partenariat solide et durable. Ce commencement nous rappelle que le temps ne s'arrête jamais et que chaque génération porte sa propre mission dans la vie, individuellement et collectivement. Épreuves, soucis, luttes, et aussi le besoin de se protéger et de se soutenir mutuellement. La vie n'a peut-être pas été à la hauteur de nos espérances, les objectifs que nous poursuivons sont peut-être encore lointains, mais à l'aube du printemps, nous aspirons toujours à aller de l'avant…
À tout le moins, commençons par une foi renouvelée, comme celle de quelqu'un qui vient de vivre un moment sacré au printemps, une branche printanière éclatante à la main !
Nghe An Week-end


