Il convient d'accorder une attention particulière au processus de classification des sites historiques.
(Baonghean)Le processus de recensement et de classification des sites historiques établit un cadre scientifique et juridique permettant de préserver et de valoriser leur importance. Toutefois, ce travail progresse lentement, ce qui peut entraîner la disparition de sites historiques.
Yen Thanh est l'une des localités de la province possédant le plus grand nombre de vestiges historiques. Selon un recensement de 2010, le district compte plus de 200 vestiges, dont 192 sont classés et protégés ; 47 d'entre eux sont inscrits au patrimoine (20 au niveau national et 27 au niveau provincial). Ces vestiges, de nature très diverse, sont répartis sur un vaste territoire et nombre d'entre eux sont remarquablement bien conservés. Cependant, le processus de classement est lent (en 2013, Yen Thanh ne comptait que 8 vestiges classés) et certains se détériorent. Si des mesures ne sont pas prises pour protéger le patrimoine et accélérer la constitution des dossiers de classement, le district risque de perdre de nombreux vestiges dans un avenir proche. Ce constat de lenteur dans le classement et de risque de détérioration, de destruction ou d'altération du patrimoine est malheureusement répandu dans toute la province. L'inventaire de 2011 a révélé que la province de Nghệ An compte 1 395 sites historiques, dont 135 classés sites nationaux et 156 sites provinciaux ; seulement 20 % environ des sites nouvellement classés. En 2013, la province ne comptait plus que 32 sites classés (5 sites nationaux et 27 sites provinciaux). À ce rythme, le risque de disparition de sites historiques est très élevé.
Selon Mme Nguyen Thi Phuong, directrice du département Recherche et Promotion du Conseil provincial de gestion des sites historiques et touristiques, cette situation s'explique par le manque de sensibilisation et de compréhension de certains responsables locaux et culturels quant à leur responsabilité de préserver et de valoriser le patrimoine historique régional. Certains responsables de la culture locale manquent de compréhension et d'intérêt pour le patrimoine culturel, négligeant ainsi les sites historiques lors des inventaires et omettant de conseiller activement sur la préparation des dossiers de classement et les solutions de protection. Certains sites historiques, pourtant annoncés comme faisant l'objet d'un dossier de classement, ont été entièrement « modernisés » lors des inspections, et leur valeur a été compromise. Dans certains endroits, des empiètements sur les sites historiques sont commis ouvertement, certains projets étant même accordés sur des zones déjà protégées. Par ailleurs, le financement fait défaut. À ce jour, l'État n'a alloué aucun fonds pour la préparation des dossiers de classement ; ce financement (environ plusieurs dizaines de millions de VND par site) incombe aux collectivités locales, aux clans et aux communautés. Par conséquent, on constate une situation où davantage de temples ancestraux de clans sont reconnus que de reliques communautaires (en 2013, ce ratio était de 50/50). Le Comité populaire provincial a publié un document annonçant une politique de soutien financier pour la constitution des dossiers de reliques, à hauteur de 15 millions de VND maximum par relique, ce qui permettrait de remédier aux difficultés financières. Cependant, ce document n'est pas encore entré en vigueur.
Concernant la qualité des dossiers, le Conseil de gestion des affaires des minorités ethniques a indiqué que le délai de constitution d'un dossier est d'environ trois à six mois, sous la responsabilité d'un membre de son personnel. Ce dernier est chargé d'examiner et de rechercher les dossiers et documents, et de consulter les populations locales afin de garantir la conformité du dossier avec la réglementation. Actuellement, le Conseil de gestion des affaires des minorités ethniques dispose de personnel maîtrisant le chinois et l'écriture nom, et capable de traiter des dessins techniques. À ce jour, les dossiers approuvés répondent globalement aux exigences, et leur contenu n'a suscité quasiment aucune plainte ni aucun grief après validation. Toutefois, le Conseil de gestion des affaires des minorités ethniques manque actuellement de personnel possédant une expertise approfondie, une vaste expérience et une reconnaissance scientifique. De plus, lors de la constitution des dossiers, les membres du personnel du Conseil n'ont pas eu l'occasion de consulter des chercheurs et des experts.
Une fois la documentation achevée et le site reconnu comme monument historique, la responsabilité de sa protection et de sa valorisation est confiée aux autorités locales. Les organismes compétents procèdent rarement à des inspections ou des évaluations après un certain délai. Pratiquement aucun projet ni programme de protection et de valorisation du monument n'est mis en œuvre après son classement. Certaines localités et communautés considèrent cette reconnaissance comme l'achèvement de leur mission de préservation et de valorisation.
Compte tenu des lacunes susmentionnées, il est suggéré que le secteur culturel et les autorités compétentes revoient et réévaluent les mesures visant à préserver et à promouvoir la valeur du patrimoine historique de la région, en mettant en avant ses atouts tout en corrigeant et en surmontant ses faiblesses. Le système de préservation du patrimoine historique de la province est menacé de destruction par les intempéries, le temps et les activités humaines. Par conséquent, si des solutions efficaces ne sont pas mises en œuvre rapidement, nous perdrons ce patrimoine inestimable, fruit de siècles d'histoire patiemment construits par nos ancêtres.
Tran Quang Daï


