Tensions commerciales UE-Chine : les négociations peuvent-elles résoudre le conflit ?
La réunion de haut niveau qui s'est tenue à Bruxelles le 29 juin entre de hauts responsables a permis aux deux parties d'évaluer la possibilité d'une désescalade des tensions commerciales entre l'UE et la Chine, face au risque d'une véritable guerre tarifaire.

Selon l'AFP, l'Europe et la Chine auront l'occasion d'évaluer si les différends commerciaux actuels peuvent être résolus par le dialogue. Le 29 juin (heure de Bruxelles), le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, présidera une réunion d'une journée avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, à Bruxelles.
L'UE se tourne désormais vers la Chine, face aux inquiétudes croissantes à Bruxelles concernant le grave déséquilibre commercial entre le bloc des 27 et la puissance économique asiatique.
Pour l'UE, il s'agit d'une question particulièrement urgente. Bruxelles craint de perdre définitivement plusieurs secteurs industriels clés si elle ne prend pas de mesures pour contrer l'afflux de produits bon marché en provenance de Chine – un facteur qui menace directement les fabricants européens. Le déficit commercial de l'UE avec la Chine (2025) est estimé à environ 360 milliards d'euros (environ 410 milliards de dollars).
La visite du ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, intervient moins de deux semaines après que les dirigeants de l'UE ont chargé la Commission européenne de résoudre la crise par la négociation avec Pékin. Parallèlement, l'Union européenne renforce ses mesures de défense afin de protéger les secteurs clés.
Du côté chinois, le ministre Wang Wentao pourrait chercher à évaluer le sérieux des menaces de l'UE de déployer son arsenal d'« armes » de défense commerciale contre Pékin.
Cependant, selon la Commission européenne, l'UE espère encore éviter une guerre commerciale ouverte avec son deuxième partenaire commercial. La Chine a également clairement indiqué qu'elle riposterait en cas de mesures qu'elle jugerait injustes.
Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), entre 2005 et 2024, les entreprises chinoises ont bénéficié d'un soutien public trois à huit fois supérieur à celui de leurs homologues des pays membres de l'OCDE. L'organisation a toutefois précisé qu'il ne s'agissait que d'une estimation prudente.
Pour remédier à cette situation, l'UE dispose d'une gamme d'outils de défense commerciale puissants, notamment : l'imposition de droits de douane plus élevés ; et des mesures de sauvegarde d'urgence.
De nouveaux mécanismes de contrôle sont également mis au point en urgence. La Commission européenne élabore un nouvel instrument juridique visant à contraindre les entreprises à diversifier leurs fournisseurs dans des secteurs particulièrement critiques tels que les semi-conducteurs et les terres rares.
En mai 2026, le président français Emmanuel Macron a également proposé de mettre en œuvre une version européenne de la « Section 301 ». Il s'agit d'un outil commercial similaire à celui utilisé par le président américain Donald Trump pour imposer des droits de douane plus élevés sur des industries spécifiques à la suite d'enquêtes indépendantes.


