Cesc Fabregas et son parcours pour briser le conservatisme du football italien avec Como.
Avec sa philosophie offensive moderne et son sens tactique aiguisé, Cesc Fabregas transforme le nouveau venu Como en un phénomène de la Serie A, remettant en question des stéréotypes longtemps ancrés dans le football italien.
Cesc Fabregas, l'ancien brillant milieu de terrain d'Arsenal et de Barcelone, fait sensation en Serie A à la tête du Como FC. À 38 ans, le technicien espagnol a non seulement rapproché cette petite équipe des places qualificatives pour la Ligue des champions, mais il remet aussi en question l'idéologie défensive pragmatique profondément ancrée en Italie.
Une philosophie offensive moderne au cœur de la Serie A.
Au centre d'entraînement de Mozzate, Fabregas continue d'inculquer avec rigueur à ses joueurs l'art de se dégager du pressing. Issu de la Masia et ayant évolué dans les environnements les plus exigeants de la Premier League, il apporte une philosophie de jeu différente en Italie : privilégier le contrôle de l'espace et façonner le jeu avant même que le ballon n'arrive à ses pieds.
« Je n'ai ni le physique ni la vitesse, donc je suis obligé d'anticiper », a confié Fabregas. Cette philosophie transforme Como en une redoutable machine offensive, pratiquant un pressing intense – un style plus courant dans les grands clubs européens comme le Bayern Munich ou le PSG que dans le championnat traditionnel de Serie A.

De néo-zélandais en Serie B à prétendant à la Ligue des champions
Dix-huit mois seulement après sa promotion, Como trône désormais confortablement en tête du classement. Ce succès ne repose pas sur des dépenses inconsidérées pour des joueurs vedettes, mais sur l'excellent réseau de recrutement de Fabregas et son talent pour faire éclore les jeunes talents. Le prestige de son nom et sa vision ont convaincu de nombreux jeunes joueurs talentueux, tels que Nico Paz, Assane Diao et Martin Baturina, de refuser des clubs prestigieux pour rejoindre la Lombardie.
Un parfait exemple de ce renouveau est l'attaquant Anastasios Douvikas, actuellement en pleine forme et deuxième meilleur buteur de Serie A, juste derrière Lautaro Martinez. Le style de jeu de Côme est considéré comme extrêmement difficile à contrer pour ses adversaires. Après la défaite 0-5, l'entraîneur de Pise, Oscar Hiljemark, n'a pas hésité à qualifier Côme de « l'une des meilleures équipes d'Italie » du moment.

Le choc des idéologies
Cependant, l'ascension de Fabregas ne fit pas l'unanimité auprès des experts conservateurs du football italien. Dans une culture footballistique encore dominée par le 3-5-2 et où les entraîneurs expérimentés changeaient constamment de formation, le style de Fabregas, inspiré du FC Barcelone, fut perçu comme arrogant et menaçant pour l'ordre établi.
Les conflits hors terrain, du refus de l'entraîneur Gian Piero Gasperini de lui serrer la main aux remarques irrespectueuses de Max Allegri, soulignent la pression que subit Fabregas. Malgré cela, l'ancien milieu de terrain garde son sang-froid et se concentre pleinement sur ses performances sur le terrain. Il reconnaît avoir été influencé par Pep Guardiola et Arsène Wenger, mais aussi avoir appris la ténacité auprès de José Mourinho et Antonio Conte pour s'adapter au contexte italien.
Même le sélectionneur national, Luciano Spalletti, a publiquement exprimé son admiration pour la pensée novatrice de Fabregas. Au vu de ses performances, ce n'est qu'une question de temps avant que Fabregas ne rejoigne le cercle très fermé des stratèges les plus brillants d'Europe. Il ne se contente pas de redresser une équipe, il transforme progressivement l'idéologie du football italien.


