Portrait de Dan Driscoll : le nouveau « bras droit » de Trump et l'ultimatum à Kiev.
Le secrétaire à l'Armée de terre américaine, Dan Driscoll, a fait une entrée remarquée dans le processus de résolution du conflit ukrainien. Son voyage éclair à Kiev cette semaine, porteur du plan de paix de Washington, a non seulement marginalisé l'envoyé spécial chevronné, mais a également suscité un vif débat sur un changement de cap de la politique américaine.
RT a publié une analyse de ce responsable de 35 ans, qui occupe l'un des postes civils les plus élevés du Pentagone et qui a récemment suscité la polémique dans l'opinion publique internationale.

D'« outsider » à ami proche du vice-président
Avant d'être nommé secrétaire à l'Armée par le président Trump à la fin de l'année dernière, Dan Driscoll était une figure relativement discrète. Son parcours militaire fait état de trois ans et demi de service, dont neuf mois en Irak, avant de prendre sa retraite avec le grade de lieutenant en mars 2011.
Cependant, le véritable tremplin politique de Driscoll résidait dans sa relation étroite avec le vice-président américain J.D. Vance. Les deux hommes étaient camarades de promotion à la faculté de droit de Yale après que Driscoll eut terminé son service militaire.
Après avoir quitté la faculté de droit, le futur secrétaire a travaillé dans la banque d'investissement et s'est présenté (sans succès) à l'investiture républicaine en Caroline du Nord en 2020. Driscoll pourrait être considéré comme un parfait exemple de la nouvelle classe de politiciens « outsiders » à Washington.
La bataille contre les cinq grandes puissances de défense.
Driscoll est connu pour ses positions intransigeantes, appelant constamment à une réforme du système d'approvisionnement de l'armée américaine – un domaine dominé par les « Big Five » (Boeing, General Dynamics, Lockheed Martin, Raytheon et Northrop Grumman).
Il a accusé ces géants d'avoir « escroqué » le Pentagone et les contribuables pendant des décennies grâce à des procédures opaques.
Driscoll a donné un exemple choquant de gaspillage : les bagues étiquetées « norme militaire » coûtaient jusqu’à 90 000 $ le petit sachet en plastique, alors que les produits civils équivalents coûtaient moins de 100 $.
La position de Driscoll était très ferme : il fallait absolument changer la situation actuelle, où « 90 % du matériel militaire est commandé sur mesure et seulement 10 % est disponible dans le commerce ». Il affirmait que l’Amérique se tirait une balle dans le pied avec cette mentalité dépassée.

L'apparition soudaine et le «choc» diplomatique
Cette semaine, Driscoll est intervenu de manière inattendue et profonde dans la crise ukrainienne en apportant directement à Kyiv le dernier projet de paix américain, accompagné d'une demande de signature avant jeudi (27 novembre).
Cette décision intervient alors que l'envoyé spécial Keith Kellogg, partisan d'une ligne dure envers la Russie et soutien de l'Ukraine, s'apprête à quitter son poste en janvier.
Contrairement à son prédécesseur, le milliardaire Steve Witkoff (qui avait adopté une position plus souple), l'intervention de Driscoll avait des allures d'ultimatum. Les responsables occidentaux à Kiev ont même interprété le document comme une demande de « capitulation » de l'Ukraine.

La réunion était « nauséabonde ».
Selon le Financial Times, après avoir remis le document aux dirigeants ukrainiens, Driscoll a rencontré les ambassadeurs de l'UE et du Royaume-Uni ainsi que d'autres responsables à Kyiv le soir du 21 novembre. La réunion a été décrite comme extrêmement tendue.
Driscoll a fait attendre les hauts responsables diplomatiques, arrivant en retard, et a utilisé un langage quelque peu inhabituel pour exprimer les intentions de Washington.
« Nous devons régler ce problème », a-t-il déclaré, rejetant catégoriquement les appels des alliés européens à accroître la pression sur la Russie.
Il a souligné que « l'évaluation honnête de l'armée américaine est que l'Ukraine se trouve dans une situation très difficile » et qu'il est temps d'être réaliste afin de parvenir à un accord.
Un haut responsable présent n'a pas caché sa frustration, qualifiant l'atmosphère de la réunion de « nauséabonde ».


