Le « chaudron » d'Ormuz plane sur l'agenda du G7, tandis que l'Europe évite habilement les droits de douane américains.
Le 5 mai, la réunion des ministres du Commerce du G7 s'est officiellement ouverte à Paris, en France, dans un contexte de crise économique mondiale provoquée par le blocus du détroit d'Ormuz.
Malgré les tensions en provenance du Moyen-Orient qui dominaient les négociations, les ministres ont décidé de ne pas inclure la dernière menace d'augmentation des droits de douane américains sur les automobiles dans les discussions officielles afin d'éviter une escalade des tensions internes au sein du bloc.

Pause stratégique sur les droits de douane entre les États-Unis et l'UE
La conférence, qui s'est tenue sur deux jours, les 5 et 6 mai, sous la présidence française, a marqué la deuxième réunion des ministres du Commerce du G7 durant la présidence parisienne. Cette réunion s'est déroulée alors que l'économie mondiale était confrontée à un choc d'offre dû à la fermeture du détroit d'Ormuz, voie maritime vitale pour le transport d'un cinquième du pétrole mondial. Selon le secrétaire d'État français au Commerce international, Nicolas Forissar, les répercussions du conflit au Moyen-Orient devaient dominer les débats de la réunion informelle du 5 mai.
Il est à noter que l'ordre du jour du G7 a soigneusement évité d'aborder directement la menace proférée le week-end dernier par le président américain Donald Trump d'augmenter les droits de douane sur les voitures et les camions importés de l'Union européenne (UE). Cette question sensible sera traitée lors de réunions bilatérales en marge du sommet. Plus précisément, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, devrait s'entretenir séparément avec le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le ministre français de l'Économie, Roland Lescure.
L'été dernier, les États-Unis et l'Union européenne sont parvenus à un accord plafonnant à 15 % les droits de douane américains sur les voitures et pièces détachées européennes, un taux inférieur aux 25 % imposés par Trump à de nombreux autres partenaires. Fin mars, les eurodéputés ont approuvé cet accord sous certaines conditions et attendent sa ratification par les États membres. Face au risque d'un revirement américain et d'une hausse des droits de douane, le cabinet de M. Forissar a affirmé que l'Europe avait choisi de ne pas réagir de manière excessive. Les États membres examineront la question en interne le moment venu et sont déterminés à ne pas la soumettre au G7 afin de préserver l'accord actuel.
4 domaines clés qui façonnent le commerce mondial
Le deuxième jour de la réunion (6 mai), les ministres du commerce de sept grandes puissances – le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les États-Unis – se concentreront sur quatre priorités stratégiques proposées par le pays hôte, la France.
La priorité absolue est de trouver une réponse collective et efficace à la surcapacité industrielle qui compromet le libre-échange mondial.
La sécurité économique et les ressources minérales essentielles sont prioritaires. Les grandes puissances s'efforcent de sécuriser et de diversifier leurs approvisionnements en minéraux, matières premières indispensables à la production de produits stratégiques tels que les puces informatiques, les batteries pour véhicules électriques et les superaimants. La France appelle à la mise en place d'un système étroitement intégré reliant les pays producteurs, transformateurs et consommateurs, fondé sur un engagement à respecter des normes communes.
Le troisième axe prioritaire concerne la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Suite à l'échec du cycle de négociations de mars et à la paralysie du rôle d'« arbitrage » de l'OMC en raison de l'obstruction des États-Unis, le G7 entend reconstruire l'organisation afin qu'elle soit mieux à même de répondre aux défis de notre époque.
Enfin, les ministres discuteront des mesures visant à renforcer le contrôle des colis de commerce électronique transfrontaliers. Le fait que des millions de petits colis échappent aux droits de douane crée une situation de concurrence déloyale pour les détaillants nationaux. Afin de combler cette lacune, les États-Unis ont suspendu l'an dernier les exonérations fiscales pour les colis d'une valeur inférieure à 800 dollars, tandis que l'UE se prépare également à appliquer des droits de douane fixes aux colis d'une valeur inférieure à 150 euros cet été.
À l'issue de cette réunion ministérielle, le sommet des chefs d'État et de gouvernement du G7 se tiendra du 15 au 17 juin à Évian, en France.


