« Qualité et quantité »

June 22, 2015 09:25

(Baonghean) – J’ai une nièce qui est à l’université et chaque été, elle participe à des activités de bénévolat auprès des étudiants. Elle fait par exemple du soutien aux étudiants pendant les examens, participe au programme « Été vert » et à des opérations de nettoyage des rues – elle est très occupée ! Cette année, en la voyant « sagement » rester à la maison, à lire, à faire des recherches sur les premiers secours, le sauvetage et les maladies courantes en milieu montagneux, j’ai été surprise et je lui ai demandé :

— Est-ce que la bénévole de cette année n'a pas assez de missions ou quoi, pour qu'elle reste chez elle à profiter tranquillement de la climatisation ?

Qui a dit que je ne faisais rien ? J’étudie et je me prépare pour mon prochain voyage humanitaire dans une région isolée !

Tu vois, chaque année, je fais mes valises et je pars, je ne fais aucune recherche ni étude, n'est-ce pas ? Les jeunes comme toi ont juste besoin de participer et d'utiliser leur énergie de jeunesse, pourquoi se compliquer la vie ?

Ma nièce a agité la main et secoué vigoureusement la tête. Désormais, le bénévolat privilégie la qualité à la quantité. On a besoin d'étudiants bénévoles possédant des connaissances et des compétences dans des domaines spécifiques. C'est une évolution inévitable : après une période de développement rapide et généralisé, on privilégiera un développement plus approfondi et ciblé. Appliqué aux étudiants, ce raisonnement est logique : ils débordent d'énergie, sont déjà bien formés, exposés aux médias et possèdent des connaissances variées ainsi que de solides compétences relationnelles. Dès lors, mobiliser les étudiants uniquement pour des activités physiques ne serait-ce pas comme utiliser un marteau-pilon pour écraser des cacahuètes ?

« Ce n'est pas une solution radicale, quand même ! » a dit ma nièce, pensive, après avoir entendu ma déclaration un peu péremptoire. Elle m'a expliqué que les activités sociales traditionnelles, comme le bénévolat et le soutien scolaire, sont saturées, l'offre dépassant même la demande. Parallèlement, les activités de bénévolat plus « approfondies » et « ciblées » peinent toujours à recruter des étudiants. Pourquoi ? D'abord, ces activités spécialisées sont généralement de courte durée, n'ayant lieu que lorsque la communauté en a besoin ; leur portée est moins large que celle des activités traditionnelles, ce qui rend difficile d'obtenir un impact significatif par la promotion et la mobilisation des jeunes. Ensuite, alors que dans les activités communautaires précédentes, les jeunes s'engageaient avec l'idée que « même les pierres peuvent devenir du riz grâce à l'effort humain », la nature des activités spécialisées exige des participants un certain niveau de connaissances et de compétences pour répondre aux exigences et aux objectifs de l'activité.

Bien sûr, j'approuve pleinement cette évolution et cette innovation dans les activités jeunesse, car leur valeur éducative s'en trouve considérablement renforcée. D'une part, leur contribution à la communauté sera plus profonde, plus ciblée et axée sur la satisfaction des besoins de la société. D'autre part, cela leur offre un environnement et une motivation supplémentaires pour se surpasser dans leur démarche de développement personnel. La transformation, tant qualitative que quantitative, des activités de bénévolat permettra aux jeunes d'affiner leurs connaissances et leurs compétences, au bénéfice de la communauté et en leur constituant une précieuse préparation pour l'avenir. Parallèlement, le fait de rehausser les exigences relatives aux activités communautaires permet également de repérer des jeunes exceptionnels et dynamiques, véritablement engagés au service de la société. En y repensant, je suis particulièrement fière de ma nièce adorée et, plus généralement, de la nouvelle génération de jeunes !

Hai Trieu

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Article paru dans le journal Nghe An

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