L'Europe investit 150 millions d'euros dans le développement de chars de nouvelle génération et de systèmes d'artillerie de roquettes à longue portée.
L'UE a approuvé 150 millions d'euros pour le développement d'une nouvelle génération de chars et de lance-roquettes à longue portée d'une portée de 499 km, visant à renforcer les capacités de défense et à réduire la dépendance vis-à-vis des équipements américains.
La Commission européenne a officiellement approuvé l'allocation de 150 millions d'euros provenant du Fonds européen de défense (FED) pour la recherche et le développement de nouveaux chars de combat principaux et de systèmes de lance-roquettes multiples. Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la sixième phase du projet FED, axée sur la modernisation des forces blindées et le développement d'une puissance de feu d'artillerie autonome, afin de réduire la dépendance aux plateformes militaires américaines.

Normes techniques pour les futurs chars d'assaut européens.
La phase actuelle du projet est axée sur la conception et la fabrication de prototypes de véhicules de combat répondant à un cahier des charges rigoureux proposé par la France et l'Allemagne. L'objectif principal est de créer une gamme de chars alliant de manière optimale protection, maniabilité et puissance de feu supérieure. Notamment, les partenaires envisagent d'adopter une approche novatrice en matière de fabrication de véhicules blindés.
En matière d'armement, les futurs chars intégreront des systèmes de chargement automatique avancés, compatibles avec au moins 20 types de munitions différents pour répondre à une variété d'objectifs de combat. L'accent sera également mis sur les systèmes d'armes secondaires afin de contrer les cibles légèrement blindées et, en particulier, de détruire les drones (UAV), une menace majeure sur le champ de bataille moderne.

Pour améliorer leur capacité de survie, les nouveaux chars seront équipés de systèmes de protection active (APS), de systèmes d'interception directe de drones, de missiles défensifs et de contre-mesures de guerre électronique. Actuellement, au sein de l'UE, seule l'Allemagne dispose d'un cycle de production complet de chars. C'est pourquoi la France, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni recherchent activement une coopération afin de développer une plateforme commune pour la modernisation de leurs forces terrestres.
Situation actuelle et besoin urgent de forces blindées.
Dans de nombreux pays européens, la taille des flottes de chars est actuellement réduite, tandis que les infrastructures techniques nécessaires font cruellement défaut. Par exemple, en France, l'armée maintient 200 chars Leclerc en réutilisant des pièces de véhicules de réserve afin de garantir la capacité opérationnelle de quatre régiments principaux.

La situation au Royaume-Uni n'est guère meilleure. Bien qu'il possède 228 chars Challenger 2, il n'a pu moderniser que 147 d'entre eux au standard Challenger 3. Les principales raisons sont la détérioration de la coque et une grave pénurie de pièces de rechange, l'obligeant à utiliser des pièces provenant d'autres chars plus anciens.
Artillerie de roquettes de nouvelle génération : un équivalent du HIMARS
Parallèlement au projet de char d'assaut, une partie du budget est allouée au développement d'un système de lance-roquettes multiples (LRM) national. Cette initiative est perçue comme une tentative de l'Europe de concurrencer le système américain HIMARS, dominant sur le marché mondial des armements. Ce nouveau système, conçu sur une plateforme modulaire et évolutive, est axé sur des capacités de frappe de haute précision.

Ce système de lance-roquettes multiple (MLRS) est capable de fonctionner efficacement même dans des environnements à fortes interférences GPS. Les développeurs ont privilégié l'optimisation du temps de préparation au tir et l'accélération des cycles de rechargement afin d'accroître sa capacité de survie face aux tirs de contre-attaque. Notamment, le système devrait pouvoir engager des cibles à des distances allant jusqu'à 499 km avec des missiles spécialisés, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour les capacités de combat à longue portée de l'Europe.


