Pour l'avenir, portefeuilles, miles...

December 28, 2014 08:47

(Baonghean) – Il y a plusieurs décennies, des compositeurs profondément attachés aux chants folkloriques Ví et Giặm, tels que Văn Thế, Thanh Lưu et Phan Thanh Chương, s’interrogeaient sur l’existence et l’évolution de ce genre musical unique face aux bouleversements de l’histoire et de la société. Aujourd’hui, cette question, bien que non nouvelle, résonne à nouveau avec force, d’autant plus que les chants folkloriques Nghệ Tĩnh Ví et Giặm viennent d’être reconnus par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

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Đồng chí Đinh Thị Lệ Thanh giao lưu tại Chương trình “Về miền ví, giặm” do cựu học sinh Trường THPT chuyên Phan Bội Châu tổ chức. Ảnh: T.C
La camarade Dinh Thi Le Thanh a participé au programme « Retour au pays des chants et mélodies folkloriques », organisé par d'anciens élèves du lycée spécialisé Phan Boi Chau. Photo : TC

Sous une fine bruine qui bruissait sur le toit de tôle ondulée, au milieu de l'animation de la foule à l'extérieur, le petit espace devant le siège de la revue culturelle Nghe An s'est transformé en un lieu de rencontre chaleureux et convivial où universitaires, musiciens et acteurs culturels ont pu débattre des enjeux systémiques et stratégiques liés à l'avenir du chant folklorique de Nghe Tinh. Cet avenir, loin d'être aussi incertain qu'il y a quelques décennies, s'annonce désormais prometteur, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Le chant folklorique de Nghe Tinh s'est solidement ancré dans le flux incessant de la vie, devenant une forme musicale familière et une source quotidienne de réconfort spirituel pour chaque citoyen. Toutefois, pour que cette intégration soit naturelle et inéluctable, et non forcée et artificielle, il est essentiel de recueillir l'avis de ceux qui aiment et comprennent profondément le chant folklorique. Le séminaire s'est articulé autour de trois axes principaux : les défis actuels auxquels est confronté le chant folklorique ; son avenir ; et les solutions pour assurer sa pérennité et son développement.

Avec ses cheveux gris clairsemés, ses lunettes blanches et une voix qui conservait encore sa chaleur et son affection, le musicien Le Ham – le participant le plus âgé du séminaire – a donné la première présentation. Il a évoqué les profonds bouleversements de la mondialisation, le développement rapide des technologies de l'information et des sciences et de l'ingénierie qui dominent la plupart des aspects de la vie depuis des générations, et a affirmé que non seulement les chants folkloriques, mais aussi toutes les autres formes de musique traditionnelle sont confrontées à ce défi. Le besoin de chants folkloriques comme forme de divertissement n'est plus aussi pressant qu'il y a quelques décennies, en raison de la profusion de supports audiovisuels disponibles. Les chants folkloriques puisent leurs racines dans la vie laborieuse du peuple ; leurs mélodies reflètent donc le travail et les aspirations des travailleurs. Autrefois, il existait des chants folkloriques sur le tissage et la production de bois de chauffage, mais aujourd'hui, adapter ces mélodies à tous les contextes et à tous les espaces n'est plus approprié et risque de lasser le public. Il a donné des exemples très concrets : « En clair, quand on va à un mariage, c’est souvent fort, de la musique dissonante ou des danses frénétiques. Qui songerait à faire écouter des chants folkloriques comme le « ví » et le « giặm » lors d’une cérémonie de mariage ? Ensuite, à l’école, les élèves du primaire et du collège apprennent ces chants, mais s’ils ne composent pas de nouvelles paroles et se contentent de chanter « Je suis venu avec toi, mais le bateau avait déjà traversé la rivière / Je suis venu te retrouver, mais tu étais déjà marié(e)… », est-ce vraiment approprié ? Par ailleurs, notre province compte des dizaines d’associations de chants folkloriques, mais en réalité, sont-elles efficaces ou se contentent-elles d’organiser des spectacles lors des fêtes, festivals et conférences ? » Le compositeur Lê Hàm a conclu que les chants folkloriques des genres Ví et Giặm appartiennent au peuple ; ce n’est que lorsque celui-ci les reconnaîtra comme l’expression de son âme qu’ils pourront s’enraciner profondément et durablement.

L'artisan Cao Xuan Thuong (Dien Hoa, Dien Chau) a exprimé les préoccupations des acteurs de la vie culturelle locale. Il a affirmé que les chants folkloriques Vi et Giam restent profondément ancrés dans la mémoire collective. Depuis près de dix ans, le mouvement de promotion de ces chants a connu un regain et se répand, bien que l'enthousiasme soit moindre qu'auparavant. Ce déclin s'explique par le manque d'organisateurs pour les concerts, la pénurie de paroliers talentueux et même le manque de mécènes. Il s'inquiète du financement encore insuffisant alloué à la préservation et à la promotion de cette musique traditionnelle. À chaque représentation, les artisans montent sur scène avec passion et amour pour le Vi et le Giam, mais peu connaissent les difficultés rencontrées en coulisses concernant la logistique, la nourriture et les vêtements. Pour encourager artistes et public à s'unir dans la préservation et le développement des styles de chant folkloriques Vi et Giam, il est primordial de leur faire comprendre que leur investissement intellectuel et temporel est précieux.

Tọa đàm “Tương lai nào  cho ví, giặm Nghệ Tĩnh?”. Ảnh: T.H
Séminaire « Quel avenir pour les traditions de chant folklorique de Nghe Tinh ? ». Photo : TH

L'avenir des chants folkloriques Ví et Giặm repose sur leur transmission et leur préservation par les générations futures du pays. À ce sujet, M. Vũ Thế Vinh, vice-principal du Collège de la Culture et des Arts, a partagé ses réflexions : « Notre établissement est chargé du recrutement et de la formation du personnel du Centre de préservation et de promotion du patrimoine musical folklorique de Nghệ An. Malheureusement, force est de constater que depuis de nombreuses années, nous n'arrivons pas à recruter d'étudiants désireux de se consacrer à la musique folklorique, et plus particulièrement de se passionner pour le Ví et le Giặm. Nous sommes tellement impatients de trouver des jeunes que Mme Hồng Lựu (l'artiste du peuple Hồng Lựu – PV) a annoncé qu'elle chercherait des bourses d'études pour eux, mais nous n'avons encore trouvé personne. » Si les jeunes apprécient chanter et écouter des chants folkloriques, rares sont ceux qui envisagent une carrière professionnelle dans ce domaine, par crainte des conséquences sur le salaire et, plus généralement, sur leur vie.

Le défi que représente la découverte de jeunes talents pour les chants folkloriques Ví et Giặm a suscité beaucoup d'empathie de la part des intervenants. Les discussions ont également porté sur l'enseignement de ces chants à l'école. L'initiative visant à les introduire dans les établissements scolaires est en place depuis plusieurs années ; si elle a des effets positifs, elle soulève aussi de nombreux problèmes qu'il convient de résoudre. Parmi ceux-ci, on observe une évolution qui privilégie la quantité à la qualité : les élèves chantent le Ví et le Giặm par habitude, sans en saisir véritablement l'essence. Or, s'ils ne les comprennent pas, comment pourraient-ils les apprécier ? Par ailleurs, il est nécessaire de restructurer l'équipe pédagogique chargée de l'enseignement des chants folkloriques, car même certains de ses membres ne maîtrisent pas encore parfaitement ces chants, comme en témoignent des erreurs de paroles et des adaptations mélodiques arbitraires.

Tiết mục giao lưu chào mừng Dân ca ví, giặm được UNESCO vinh danh tại Báo Nghệ An. Ảnh: N.S
Spectacle d'échange culturel célébrant la reconnaissance par l'UNESCO des chants folkloriques Ví et Giặm au journal Nghe An. Photo : NS

L'idée de mettre en scène des chants folkloriques a enrichi les débats, y voyant un moyen concret de faire revivre et de diffuser le patrimoine musical Ví et Giặm. Le compositeur Thanh Lưu a ​​rappelé qu'il y a plus de quarante ans, avec ses collègues, il avait audacieusement mis en scène, composé et adapté des chants folkloriques, rencontrant un vif succès public. Il a déclaré avec passion : « On parle de préserver les espaces de représentation, mais ces espaces doivent être flexibles et adaptables. Il faut donner un nouveau souffle aux chants folkloriques Ví et Giặm, encourager la création de chansons aux influences et au contenu authentiquement ancrés dans la réalité, et même les intégrer à des initiatives dynamiques comme le Programme de développement rural et le mouvement national de dynamisation culturelle des zones résidentielles… mais tout doit être transformé artistiquement ! »

L'avenir du chant folklorique Nghe Tinh (Vi et Giam) demeure une préoccupation majeure pour les acteurs de la gestion culturelle. M. Ho Mau Thanh, directeur du Département de la Culture, des Sports et du Tourisme de la province de Nghe An, est arrivé très tôt au séminaire. Il a écouté attentivement chaque intervention, prenant des notes avec soin et synthétisant chaque point, participant ainsi à des discussions approfondies avec des universitaires, des chercheurs et des musiciens. Il a indiqué que, selon les statistiques, la province compte 80 clubs de chant folklorique regroupant près de 200 artisans. Récemment, le département a soumis une proposition au Comité populaire provincial, suggérant des mécanismes et des politiques pour honorer et promouvoir les artisans du chant folklorique, ainsi que l'établissement d'une liste d'artisans remarquables en vue d'une reconnaissance officielle. Par ailleurs, le projet d'intégration du chant folklorique Vi et Giam aux principaux festivals, événements et activités touristiques est activement promu, offrant ainsi une perspective prometteuse pour le développement de ce chant folklorique à l'ère nouvelle.

Cette orientation, cette détermination et cet enthousiasme ont mis un terme à cette discussion passionnée. L'avenir des chants folkloriques Ví et Giặm n'est plus une question qui résonne au plus profond de l'inquiétude, mais une question qui appelle une réponse claire. Cet avenir appartient à chaque habitant de Nghệ An.

Le 27 décembre au matin, la revue culturelle Nghe An a organisé un séminaire sur l'avenir des chants folkloriques Nghe Tinh (Vi et Giam). Y ont participé des représentants du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, des chercheurs en culture populaire, des musiciens, des artistes et des artisans folkloriques des provinces de Nghe An et Ha Tinh.

Suite à la reconnaissance des chants folkloriques Nghệ An (Vi et Giam) par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité, de nombreuses organisations et collectivités locales ont organisé des échanges et réfléchi aux orientations futures pour ces chants. Le séminaire visait également à trouver des solutions pour la préservation, la sauvegarde et la promotion du patrimoine des chants folkloriques Nghệ An. De nombreuses voix se sont élevées pour souligner la nécessité, pour les collectivités locales et les secteurs concernés, de mettre en place des mécanismes et des politiques pour les clubs de chants folkloriques existants ; de valoriser les artisans du chant folklorique ; d'introduire les chants folkloriques dans les écoles ; de renforcer la diffusion des chants Vi et Giam par le biais de supports pédagogiques, de livres imprimés et de CD vidéo ; et d'organiser régulièrement des concours de chants folkloriques dans les écoles et les communautés… afin de permettre aux chants Vi et Giam de se répandre, de se développer et de rayonner.Thanh Thuy

Phuoc Anh

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Article paru dans le journal Nghe An

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