COP21, 2 degrés Celsius et 100 milliards de dollars.

November 30, 2015 11:17

(Baonghean) – La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) s’est ouverte officiellement aujourd’hui (30 novembre) au Bourget, en banlieue nord de Paris. Comptant parmi les plus importantes conférences multilatérales de l’année, la COP21 est cruciale pour permettre aux dirigeants de 196 pays et territoires de parvenir à un accord mondial visant à limiter le réchauffement climatique à 2 °C maximum.0C pour le développement de toute l'humanité.

Avertissement avant le « Jour J »

Le 23 novembre, soit une semaine avant l'ouverture de la COP21, l'Agence des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR) a publié un rapport sur les conséquences du changement climatique, présentant des chiffres alarmants. Selon ce rapport, 606 000 personnes sont décédées des suites de catastrophes naturelles au cours des 20 dernières années, la grande majorité des victimes (89 %) vivant dans des pays à faible revenu.

Gần 150 nguyên thủ quốc gia tụ họp tại Paris tìm giải pháp chống biến đổi khí hậu (BBC)
Près de 150 chefs d'État se sont réunis à Paris pour trouver des solutions à la lutte contre le changement climatique. Photo : BBC

De 1995 à nos jours, les dégâts causés par les catastrophes naturelles ont atteint 1,9 milliard de dollars américains, déplaçant 4,1 milliards de personnes ou les laissant dans le besoin d'une aide d'urgence. Les inondations représentent 47 % de toutes les catastrophes naturelles, la grande majorité (95 %) s'étant produite en Asie entre 1995 et 2015, affectant 2,3 milliards de personnes. En moyenne, environ 30 000 personnes meurent chaque année des suites du changement climatique, soit un nombre comparable aux 32 658 décès dus aux actes terroristes en 2014. L'UNISDR prévoit que les événements liés au changement climatique se poursuivront au cours des prochaines décennies et que les pertes humaines et matérielles continueront de s'aggraver.

D'après un rapport publié deux jours plus tôt par l'Organisation météorologique mondiale, 2015 pourrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée. L'augmentation de la température moyenne à la surface pourrait dépasser le seuil emblématique de 1 °C.0Comparativement à l'ère préindustrielle, la période 2011-2015 a été la plus chaude jamais enregistrée, marquée par de nombreuses catastrophes naturelles graves, notamment des vagues de chaleur dues aux changements climatiques. Les émissions de gaz à effet de serre ont également atteint des niveaux records durant cette période.

L’Organisation météorologique mondiale estime donc que les pays doivent s’efforcer de parvenir à un accord sur la lutte contre le changement climatique lors de la COP21, car c’est le seul moyen de préserver la Terre des dommages inévitables si le réchauffement climatique actuel ne peut être enrayé. Le président français, François Hollande, a également déclaré que la COP21 est « une occasion pour les pays de participer à une mission commune visant à sauver la vie des populations, les terres et les écosystèmes terrestres ».

Le numéro 20C et 100 milliards de dollars

C’est la dernière chance d’empêcher les conséquences du changement climatique sur la planète : tel était le message martelé avant que les représentants de 196 pays et territoires, dont près de 150 chefs d’État, n’entament deux semaines de négociations au Bourget. L’objectif principal de la conférence était de parvenir à un accord mondial, applicable dès 2020, afin de limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 2,5 degrés Celsius maximum.0La question est de savoir de combien la température moyenne mondiale pourrait augmenter d'ici la fin du XXIe siècle par rapport à la période préindustrielle (1850-1900). C'est une tâche très complexe car, si les tendances actuelles se maintiennent, la température moyenne mondiale pourrait augmenter de 3 degrés Celsius.0C, même 40C.

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Une exposition sur le changement climatique en France en amont de la COP21. Photo : Reuters

Avant la COP21, les pays étaient tenus de soumettre leurs « Contributions prévues déterminées au niveau national » (CPDN) au Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques – un document considéré comme la déclaration officielle des pays, démontrant leur engagement juridique à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter aux changements climatiques pour la période postérieure à 2020. Contrairement au Protocole de Kyoto de 1997, qui ne fixait des objectifs que pour les pays industrialisés, cette année, tous les pays devaient prendre des engagements à contribuer.

Sur la base de 150 rapports INDC soumis (l'Union européenne, représentant 28 pays, n'a soumis qu'un seul rapport), l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que les engagements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre pourraient seulement permettre de maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale à environ 2,7 °C au lieu de l'objectif de 2 °C.

Plus précisément, conformément aux engagements pris dans le cadre des CDN (Contributions déterminées au niveau national), les émissions mondiales annuelles passeront d'environ 50 milliards de tonnes à 53-57 milliards de tonnes d'ici 2025 et à 55-59 milliards de tonnes d'ici 2030. Or, pour contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 °C, les émissions en 2030 doivent se maintenir autour de 40 milliards de tonnes. Par conséquent, les pays participant à la COP21 devront déployer des efforts considérables pour parvenir à un engagement plus ambitieux et plus solide, fondé sur de nouvelles données scientifiques. Outre la question des émissions nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C maximum, le financement destiné à aider les pays en développement à réduire leurs émissions devrait également faire l'objet de vifs débats lors de la COP21.

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Des Parisiens peignent des slogans en soutien à la COP21. Photo : Ecologist

Conformément à l'accord conclu lors de la COP20 au Pérou l'an dernier, les pays riches devront apporter un soutien financier aux pays en développement à hauteur de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s'adapter aux impacts du changement climatique. Ces fonds permettront aux pays en développement de franchir des étapes importantes de croissance économique, leur permettant ainsi de respecter leurs engagements tout en atteignant leurs objectifs de développement et de réduction de la pauvreté. Pays hôte de la COP21, la France a également affirmé que le versement de l'intégralité des 100 milliards de dollars était une condition essentielle au succès de la conférence de cette année. Or, à ce jour, les contributions promises par les pays riches ne dépassent guère plus de 75 milliards de dollars.

Engagement juridique contraignant ou engagement diplomatique ?

Il reste à voir si la COP21 atteindra ses objectifs de « 20 centimes et 100 milliards de dollars », après des discussions qui s'annoncent très tendues. Par ailleurs, la question du caractère contraignant des accords conclus lors de cette conférence est également cruciale. Un accord à la COP21 constituerait une avancée historique après près de 20 ans de négociations sur le changement climatique dans le cadre des Nations Unies.

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Sauvons la Terre de la montée des eaux. Photo : Sputnik

Cependant, cet accord n'est pas un traité, il n'y aura donc pas d'engagement juridiquement contraignant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, contrairement au Protocole de Kyoto de 1997. Par conséquent, la communauté internationale espère que, reconnaissant l'urgence de la lutte contre le changement climatique – un combat tout aussi acharné que celui contre le terrorisme – les accords de la COP21 ne seront pas seulement diplomatiques, mais s'accompagneront également d'une réelle détermination et de solutions concrètes de la part de tous les pays.

Thuy Ngoc

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Article paru dans le journal Nghe An

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