La lutte pour l'influence au Moyen-Orient s'intensifie-t-elle à nouveau ?

April 1, 2015 09:03

(Baonghean) - Alors que de violents combats font rage au Yémen, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a accusé Israël, l'Iran et la Turquie d'attiser les conflits dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de compliquer les efforts visant à instaurer la stabilité dans la région.

Auparavant, les relations entre l'Iran et la Turquie s'étaient déjà tendues après que la Turquie eut insinué l'implication de l'Iran dans la crise au Yémen. Ces développements indiquent que le Moyen-Orient risque de connaître une nouvelle flambée de tensions, marquée par une course à l'influence entre les puissances régionales.

Yemen tiếp tục bị oanh tạc trong đêm 29/3 rạng sáng 30/3/2015.Ảnh: Reuters
Le Yémen a continué d'être bombardé dans la nuit du 29 au 30 mars 2015. Photo : Reuters

Hier, l'Iran a exigé que le chargé d'affaires turc à Téhéran s'explique sur les propos du président Recep Tayyip Erdogan, qui critiquait vivement le rôle de l'Iran au Yémen et dans la région. Toujours hier, lors de son discours de clôture au sommet de la Ligue arabe en Égypte, le secrétaire général, M. al-Arabi, a accusé l'Iran, la Turquie et Israël d'ingérence dans les affaires d'autres pays du Moyen-Orient.

En réalité, le Moyen-Orient est depuis longtemps en proie à de profonds conflits ethniques et sectaires. La crise au Yémen a donc exacerbé ces tensions déjà existantes. Le Yémen étant membre de la Ligue arabe, sa situation est une préoccupation commune pour le monde arabe. Lorsque le président yéménite Mansour Hadi et son gouvernement ont été chassés de la capitale Sanaa suite aux attaques des rebelles chiites houthis, l'Arabie saoudite a rapidement formé une coalition arabe pour mener des frappes aériennes et intervenir au Yémen. Bien que cette intervention ait répondu à un appel du gouvernement de Mansour Hadi, elle a également suscité de vives critiques de la part de plusieurs pays. L'Iran, en particulier, soutient que l'intervention militaire de la coalition arabe au Yémen viole le droit international et constitue un acte d'agression contre un État souverain. À certains égards, les frappes aériennes de la coalition arabe au Yémen n'ont pas bénéficié du soutien d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies.

L'Arabie saoudite, l'un des pays les plus influents de la Ligue arabe et nation à majorité sunnite, est intervenue au Yémen avec le soutien des États-Unis. Cette intervention militaire visait à soutenir les sunnites, affaiblis par les forces chiites houthistes. Parallèlement, l'Iran, pays à majorité chiite, a été accusé dans le monde arabe d'être impliqué dans la prise de pouvoir des Houthis. Bien que l'Iran ait nié ces accusations, les experts estiment que la légitimation rapide par l'Arabie saoudite de l'intervention de la coalition arabe au Yémen avait en réalité pour but de freiner l'influence iranienne dans le pays, considéré comme une zone d'influence pour l'Iran avant le Printemps arabe.

Lãnh đạo các nước Liên đoàn Arập nhóm họp tại Sharm el-Sheikh hôm 29/3.
Les dirigeants des pays de la Ligue arabe se sont réunis à Charm el-Cheikh le 29 mars.

Par ailleurs, deux facteurs clés contribuent au chaos et aux conflits au Moyen-Orient : la Turquie et Israël. La Turquie, à majorité sunnite et dirigée par un gouvernement sunnite, ne fait pas partie du monde arabe. Cependant, en tant que puissance régionale, elle ne restera certainement pas passive face à l’intensification de la compétition d’influence dans la région. Israël, de son côté, entretient des relations tendues avec le monde arabe et des relations hostiles avec l’Iran. Attiser les conflits, voire les affrontements, entre le monde arabe et l’Iran fait probablement partie de la stratégie israélienne, lui permettant d’en tirer profit. Dès lors, les accusations de la Ligue arabe concernant l’implication de l’Iran, d’Israël et de la Turquie dans la crise yéménite en particulier, et dans l’instabilité au Moyen-Orient en général, sont justifiées.

Il est clair que la guerre civile actuelle au Yémen n'est plus seulement un conflit interne à un seul pays, mais est devenue indirectement un champ de bataille pour des conflits imbriqués, alimentés par des forces extérieures. L'opinion publique craint que la crise yéménite n'intensifie encore la lutte d'influence entre les puissances régionales, voire mondiales. Le peuple yéménite continuera donc d'en subir les conséquences. Et si les conflits avec les forces extérieures continuent de s'aggraver, il est peu probable que le conflit actuel au Yémen prenne fin.

Nguyen Cao Bien

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