C'est le peuple qui en subit les conséquences !
(Baonghean) - « Après la souffrance vient le bonheur » - lorsque la souffrance atteint son paroxysme, vient un moment où elle prend fin et où le bonheur arrive. Ce proverbe semble parfaitement convenir à M. Nguyen Thanh Chan, à Bac Giang, injustement emprisonné pendant 10 ans pour le crime odieux de meurtre.
Il est juste de considérer cette situation comme acceptable, car le 5 juin, le président de la Cour suprême populaire a présenté un rapport à l'Assemblée nationale concernant l'indemnisation de M. Chấn pour sa condamnation injustifiée. À l'issue de négociations, M. Chấn a accepté une indemnisation de 7,2 milliards de dongs. Divisée équitablement, cette somme représente 720 millions de dongs par année d'emprisonnement. C'est une somme considérable comparée au revenu annuel d'un agriculteur. Cependant, elle ne saurait compenser pleinement les préjudices physiques et psychologiques subis par lui et sa famille durant ces dix années d'incarcération injustifiée. Car « un jour en prison équivaut à mille ans à l'extérieur », sans parler des dix années qu'il a endurées. Nul ne peut véritablement comprendre ce qu'il a vécu.
Être emprisonné à tort est certes regrettable, mais pour lui, ce fut une chance. Grâce à la reddition du coupable, il a été innocenté et indemnisé. Nous nous réjouissons pour lui, mais sommes attristés pour les autres. Récemment, on a dénombré 78 suicides et 6 décès suite à des rixes entre suspects en détention. Et comme l'a déclaré une députée à l'Assemblée nationale : « Qui peut garantir qu'aucun de ces 76 suicides n'était lié à une erreur judiciaire ? » Qui peut en être sûr ? On ne se suicide que lorsqu'un drame se produit. Soit on n'y peut plus rien, soit on se sent tellement lésé qu'on ne sait plus à qui se confier, et l'on utilise alors la mort pour prouver son innocence. Mais la mort marque la fin de l'histoire. La question de savoir s'ils ont été victimes d'une injustice ou non n'a plus aucune importance à leurs yeux.
C’est de ces erreurs d’enquête et de procès que naît une vérité paradoxale : que les condamnations injustifiées soient rectifiées ou non, les victimes ultimes restent le peuple. S’il n’est pas innocenté, il subit un emprisonnement injustifié, voire une exécution arbitraire. Et s’il est innocenté et reçoit des milliards de dongs d’indemnisation, comme M. Chấn, cet argent provient du budget de l’État. Or, le budget de l’État est financé par l’argent des contribuables. En fin de compte, c’est l’argent du peuple. Au final, c’est le peuple qui en paie le prix !
Confident


