David Villa et la Coupe du monde 2010 : le héros méconnu qui a mené l’Espagne au sommet du monde.
De la pression d'un contrat de 50 millions d'euros à cinq buts décisifs, David Villa était la « machine à buts » qui a parachevé l'empire Tiki-taka de la Roja en Afrique du Sud.
Durant l'été 2010 en Afrique du Sud, le monde du football était captivé par le contrôle de balle sublime du duo Xavi et Andrés Iniesta. Cependant, tout ce jeu de passes complexe serait vain sans un buteur capable de concrétiser les occasions. David Villa a endossé ce rôle, transformant des idées brillantes en buts.
Un instinct de tueur et une connexion parfaite avec Xavi.
La péninsule Ibérique est réputée pour être un véritable vivier de milieux de terrain centraux d'une grande élégance. Lors de la Coupe du Monde 2010, cette filière a atteint des sommets. Alors que les débats faisaient rage pour savoir qui, de Xavi ou d'Iniesta, était le meilleur, David Villa s'est discrètement imposé pour mettre fin à la controverse. L'un des moments les plus mémorables fut cette talonnade improvisée de Xavi, offrant à Villa l'opportunité d'inscrire un but inévitable.

Même s'il n'a pas inscrit le but de la victoire en finale à Soccer City, sans les buts décisifs de Villa tout au long du tournoi, l'Espagne aurait pu être éliminée prématurément. Il était la pièce maîtresse qui a transformé une équipe déjà brillante en une équipe victorieuse.

Surmonter la pression liée au chiffre de 50 millions d'euros.
Avant le tournoi, Villa était sous une pression immense. Barcelone venait de débourser 50 millions d'euros – une somme colossale à l'époque – pour le recruter en provenance de Valence. Cette pression s'intensifia lorsque l'Espagne s'inclina de façon inattendue 0-1 face à la Suisse lors de son premier match. Les médias espagnols n'hésitèrent alors pas à critiquer sévèrement le style de jeu de leur équipe, certes basé sur la possession, mais inefficace.

De nombreux supporters nostalgiques se demandaient si le numéro 7 de Villa suffirait à remplacer le légendaire Raúl González. Villa, quant à lui, choisit de répondre par des buts. Lors du match décisif contre le Honduras, il réalisa une course en solitaire spectaculaire depuis l'aile gauche, dribblant deux défenseurs avant de conclure d'une frappe puissante, malgré un déséquilibre.

Les moments qui déterminent le destin
Après son doublé décisif contre le Honduras, « El Guaje » a poursuivi sur sa lancée. Face au Chili, il a profité d'une erreur du gardien adverse pour enrouler une frappe du gauche à bout portant et envoyer le ballon dans le but vide. En huitièmes de finale contre le Portugal, Villa a de nouveau été le seul joueur à marquer après un magistral une-deux avec Xavi.

Le point culminant de ce match dramatique eut lieu en quart de finale contre le Paraguay. Dans une rencontre chaotique et indécise, ponctuée de nombreux penalties manqués, Villa surgit une fois de plus au bon moment. Après que le tir de Pedro eut heurté le poteau, la reprise de Villa heurta les deux montants avant de franchir la ligne. Ce but envoya l'Espagne en demi-finales et brisa la malédiction du « roi des qualifications ».

La grande légende de La Roja
Bien que Carles Puyol ait inscrit l'unique but de la demi-finale et qu'Andrés Iniesta ait brillé en finale, le rôle de David Villa fut incontestable. Il termina le tournoi avec 5 buts, remportant le Soulier d'Argent. Plus important encore, Villa s'est révélé être l'avant-centre le plus complet que le football espagnol ait jamais connu : vitesse, technique, une égale efficacité des deux pieds et un sang-froid remarquable dans les moments décisifs.

Lors des célébrations à Madrid, David Villa a été présenté comme la « machine à buts espagnole ». De la pression de succéder à une légende à celle de devenir lui-même une légende, le numéro 7 a inscrit son nom dans l'histoire comme un acteur clé de l'obtention de la première Étoile d'Or pour la Roja.


