Pour limiter le déclin de l'éthique médicale.

August 25, 2013 15:48

(Baonghean)Il n'est pas exagéré de dire que certains incidents négatifs découverts dans le milieu médical ont eu des répercussions importantes sur la société. Jamais auparavant l'éthique médicale n'a été autant remise en question qu'aujourd'hui !

Le récent scandale de corruption survenu à Hoai Duc, à Hanoï, a provoqué l'intervention de la police et les principales instances ont réclamé une enquête approfondie. L'opinion publique exige des sanctions sévères pour ceux qui ont bafoué l'éthique médicale et agi en toute impunité, mettant ainsi des vies humaines en danger. Des peines lourdes sont nécessaires pour dissuader toute récidive. Le verdict devrait être rendu prochainement. Cependant, une question fondamentale se pose : quelle est la part de responsabilité des auteurs de ces actes ? Quelle est la part de responsabilité des instances dirigeantes ? Et quels mécanismes de gestion sont nécessaires au secteur médical pour endiguer le déclin de l'éthique et prévenir la répétition de tels scandales ?

Si l'on demandait l'avis de l'ensemble de la population, on obtiendrait de nombreuses réponses intéressantes :

Avant toute chose, le secteur de la santé doit assumer ses responsabilités et revoir l'ensemble des questions relatives à la formation en déontologie médicale, à la gestion du personnel et à l'encadrement professionnel. Le serment d'allégeance des médecins, « Un bon médecin est comme une mère aimante », doit être constamment rappelé et servir de principe directeur. Ceux qui manquent à l'éthique médicale doivent être radiés de la profession. Nulle part ailleurs, et dans aucune autre profession, n'exige une telle responsabilité et une conscience aussi irréprochable que dans le domaine médical. La formation des ressources humaines dans le secteur médical doit être revue et accélérée afin de former davantage de médecins et de professionnels de santé pour répondre aux besoins de la population et remplacer ceux qui sont incompétents ou déontologiques. Même la sélection des étudiants en médecine doit privilégier les normes éthiques et la formation professionnelle, au même titre que la déontologie médicale, et non plus se concentrer uniquement sur les notes, comme c'est le cas actuellement. Les médecins diplômés doivent être des personnes aussi complètes que possible.

Deuxièmement, la mise en place d'une politique salariale et de primes spécifique pour le corps médical est une étape indispensable. Actuellement, le niveau de rémunération général des fonctionnaires est souvent insuffisant pour vivre décemment, et la plupart des employés de l'État doivent cumuler plusieurs emplois pour subvenir à leurs besoins. C'est une réalité difficile que les décideurs politiques doivent reconnaître avec objectivité, sérieux et responsabilité. On dit souvent : « Quand on a faim, on rampe à genoux », ou encore : « Le désespoir pousse à l'imprudence ». Si cela n'est pas toujours vrai, ces adages créent un contexte propice aux petits larcins, qui sont une réalité. En attendant une politique salariale solide et fondée sur des données probantes, il est nécessaire de mettre en place un système préférentiel pour les professionnels de santé, que l'on pourrait appeler « prime déontologique » : une prime réservée à ceux qui respectent l'éthique médicale, et remboursable à ceux qui la violent.

Troisièmement, et c'est peut-être le plus important, il y a le mécanisme de gestion. Il est peut-être temps d'affirmer clairement que la politique de santé doit être une politique publique gérée par l'État de A à Z et ne peut être laissée dans son état actuel, chaotique. Une assurance maladie universelle doit être mise en place rapidement, dans laquelle l'État assume l'entière responsabilité de la santé de l'ensemble de la population et les organismes de santé ne sont que les exécutants de cette politique publique.

Il est notoire que le gouvernement investit chaque année une somme considérable d'argent public dans le secteur de la santé. Ce fonds, associé à la Caisse d'assurance maladie, représente un montant important qui nécessite une gestion et un contrôle rigoureux afin de garantir que les fonds soient véritablement utilisés pour la santé de la population. La gestion actuelle de la Caisse d'assurance maladie (gérée par le secteur des assurances et déboursée par le secteur de la santé) a suscité de nombreuses inquiétudes quant à d'éventuelles irrégularités, signe d'instabilité et créant des failles que des individus cupides et sans scrupules peuvent exploiter, tandis que les patients, qui sont aussi des contribuables, en subissent les conséquences.

« SOS ! L’éthique médicale se dégrade ! » Espérons que ce cri de détresse prenne fin bientôt !


Thach Anh (Hanoï)

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Article paru dans le journal Nghe An

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