« Point de rencontre » lorsque la mer de Chine méridionale est agitée.

June 15, 2014 18:59

Lors de son voyage en Amérique du Nord (États-Unis et Canada), le Premier ministre australien Tony Abbott s'est rendu aux États-Unis à un moment délicat.

Le sommet États-Unis-Australie s'est tenu le 12 juin dans un contexte de tensions croissantes en Asie, le Japon, les Philippines et le Vietnam condamnant tous les actions de plus en plus agressives de la Chine en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale.

Thủ tướng Australia Tony Abbott (trái) và Tổng thống Barack Obama tại Nhà Trắng, Washington (Mỹ) ngày 12-6.
Le Premier ministre australien Tony Abbott (à gauche) et le président Barack Obama à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 12 juin.

Lors du sommet, le Premier ministre australien Thomas Abbott a affirmé que l'Australie était un allié indispensable des États-Unis et a exprimé son soutien aux efforts déployés par l'administration du président Barack Obama dans le cadre de son recentrage sur la politique Asie-Pacifique. De son côté, le président Barack Obama a salué l'augmentation des dépenses de défense australiennes malgré les difficultés économiques et a souligné la nécessité pour Washington et Canberra de renforcer leur coopération en matière de défense afin de contribuer ensemble au maintien de l'ordre et de la sécurité mondiaux. Les deux dirigeants ont convenu que le respect du droit international était essentiel au règlement des différends territoriaux en mer de Chine méridionale.

Début mai 2014, lors du Dialogue de Shangri-La, forum de sécurité qui s'est tenu à Singapour, le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, et le ministre australien de la Défense, David Johnson, ont tous deux critiqué les actions unilatérales de la Chine, sources de déstabilisation régionale. Par ailleurs, lors de la première visite du Premier ministre australien T. Abbott aux États-Unis depuis son entrée en fonction en septembre 2013, l'opinion publique était très attentive à la réaction de l'Australie face à la Chine. La position australienne est compréhensible : M. Abbott souhaite que les États-Unis conservent leur rôle de leader en Asie, un rôle qu'ils occupent depuis des décennies. Comme la plupart des pays riverains du Pacifique, il espère que la Chine cessera ses provocations et sa rivalité avec les États-Unis. Il est évident que la question de la mer de Chine méridionale a des répercussions importantes sur les intérêts nationaux australiens. Les derniers développements en mer de Chine méridionale constituent, dans une certaine mesure, un test pour l'Australie, puissance moyenne qui aspire depuis longtemps à faire partie intégrante de l'Asie. Malgré sa position stratégique en Océanie, l'Australie semble relativement isolée, entourée uniquement de petits États insulaires dont la population varie de quelques centaines à quelques dizaines de milliers d'habitants. Par conséquent, l'Asie est devenue une priorité de la politique étrangère australienne ces dernières années. La situation actuelle est particulièrement favorable à l'Australie, car son allié traditionnel, les États-Unis, réoriente sa stratégie vers la région Asie-Pacifique.

Avec le retour des États-Unis en Asie-Pacifique, Canberra a réaffirmé son rôle d'allié stratégique de Washington, tandis que Pékin demeure un simple partenaire commercial, même si cette relation représente aujourd'hui plus de 100 milliards de dollars. Récemment (le 28 mars), les États-Unis et l'Australie ont signé une nouvelle stratégie de coopération en matière de défense, prévoyant le déploiement d'avions de reconnaissance dans les eaux asiatiques depuis les îles Cocos, dans l'océan Indien. Auparavant, en vertu d'un accord signé entre les deux pays (novembre 2011), les États-Unis avaient déployé 2 500 soldats à Darwin afin de protéger leurs intérêts en Asie-Pacifique. Outre sa position stratégique sur le pourtour du Pacifique, l'Australie affirme et renforce son rôle de puissance majeure et de partenaire fiable dans la région.

Pour les États-Unis, l'Australie est actuellement un pilier de leur stratégie de pivot vers l'Asie, visant à bâtir une alliance de défense avec leurs alliés asiatiques afin de maintenir leur rôle prépondérant en matière de sécurité régionale. Au sein de cette alliance, le Japon et l'Australie constituent deux maillons essentiels. Le Japon semble prêt à assumer la responsabilité d'une Asie prospère, et Canberra a besoin d'une affirmation claire de l'engagement de Washington en Asie. Par conséquent, la visite du Premier ministre australien, T. Abbott, aux États-Unis offre à Washington l'occasion de réaffirmer ses engagements envers un allié traditionnel afin de contrer une Chine qui multiplie les actions agressives, non seulement contre les pays de la région, mais aussi contre le système des Nations Unies, dont elle est membre.

Les intérêts fondamentaux de l'Australie dans la région sont d'autant plus renforcés que Canberra est un allié fiable des États-Unis ; inversement, les États-Unis gagneront en influence en Asie-Pacifique si la relation américano-australienne est affirmée et maintenue. C'est précisément la clé du succès de la tournée nord-américaine du dirigeant australien, dans un contexte de mer de Chine méridionale instable.

Selon Hanoi Moi Online

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