Les entreprises et le nouveau programme de développement rural
Avec près de 70 % de la population vivant en zone rurale, le Nouveau Programme de développement rural revêt une importance économique, politique et sociale considérable. Toutefois, pour atteindre les objectifs ambitieux de ce programme, il est indispensable de mobiliser efficacement toutes les ressources, notamment celles du monde des affaires.
Sans investissement des entreprises, les agriculteurs rencontrent non seulement des difficultés à vendre leurs produits, mais subissent également des perturbations dans leurs processus de production.
La mise en œuvre de la résolution n° 7 du Comité central (10e législature) relative à l’agriculture, aux agriculteurs et aux zones rurales, notamment dans le cadre du Programme national ciblé pour la construction de nouvelles zones rurales, a profondément transformé le paysage rural. Des centaines de milliards de dongs ont été investis dans les infrastructures de transport et de nouveaux modèles de production, témoignant de l’effort collectif et de l’unité de tous les citoyens en faveur de ce programme. De manière générale, la vie de nombreux villages et communes appliquant ce nouveau modèle de développement rural s’est considérablement améliorée.
La maladie du suivi des tendances persiste.
Cependant, avec une approche axée sur les campagnes et les slogans, dans de nombreuses localités, la population a le sentiment que le Programme de Nouveau Développement Rural (PNDR) n'a pas été véritablement efficace, mais plutôt un fardeau. Malgré des revenus très modestes, les communes qui mettent en œuvre le PNDR continuent d'imposer aux habitants des contributions excessives pour le développement des infrastructures. Sensible à ces difficultés, le professeur Nguyen Lan Dung estime que l'objectif fondamental du PNDR est d'aider les agriculteurs à améliorer leurs conditions de vie. Des revenus plus élevés et un meilleur bien-être matériel et spirituel sont essentiels. Si cet objectif n'est pas atteint, le PNDR est considéré comme un échec.
En réalité, de nombreux projets de développement rural, bien qu'approuvés, manquent des ressources nécessaires à leur mise en œuvre ou présentent des plans inadaptés, ne définissant ni la proportion ni les mécanismes de mobilisation des ressources auprès de la population. Dans de nombreuses régions, les populations dépendent encore des allocations budgétaires, et nombre de solutions s'avèrent peu pratiques. La production agricole demeure, dans la plupart des localités, à petite échelle et fragmentée, reposant essentiellement sur l'économie domestique, tandis que les coopératives sont petites et inefficaces. Le modèle de « lien quadripartite » est bafoué faute de sanctions. Par conséquent, les modèles de production efficaces sont difficiles à reproduire.
Malgré les résolutions, décrets et décisions gouvernementales, leur mise en œuvre demeure lente, privant ainsi la population et les entreprises d'un accès suffisant aux sources de financement à taux préférentiels. Par ailleurs, aucune stratégie nationale n'a été mise en place pour la planification de zones de production spécialisées à grande échelle, ni pour la gestion de la consommation et de l'exportation de produits essentiels tels que le riz, le poisson, les crevettes et les fruits. Cette situation engendre le problème récurrent des récoltes abondantes suivies d'une chute brutale des prix. Les entreprises et les particuliers restent réticents à investir dans l'agriculture et les zones rurales.
Mobiliser les ressources des entreprises
Le gouvernement a besoin de politiques visant à promouvoir les partenariats public-privé dans le développement rural, en encourageant les entreprises à investir dans la construction de projets d'infrastructures rurales. |
Compte tenu du contexte actuel de la production agricole, le rôle des entreprises est indispensable pour développer efficacement les modèles de production, accroître le capital intellectuel et intégrer les sciences et les technologies à la production afin de créer un avantage concurrentiel. Outre leur potentiel économique et leurs investissements dans des modèles de production performants, les entreprises excellent également dans la gestion de la distribution, le marketing et la valorisation des produits agricoles. Sans investissement commercial, les agriculteurs rencontrent des difficultés à vendre leurs produits et subissent des perturbations dans leur processus de production. Cependant, de nombreuses entreprises essuient encore des revers lorsqu'elles investissent dans l'agriculture et les zones rurales en raison de nombreux risques. Le principal risque réside dans le manque d'intégrité des agriculteurs : lorsque les produits agricoles atteignent des prix élevés, ces derniers sont souvent tentés de vendre en violation des contrats signés. Par ailleurs, le sous-développement des infrastructures de transport constitue également un obstacle majeur, source d'inquiétude pour les entreprises.
L'ancien vice-ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Nguyen Dang Khoa, estime que la création de nouvelles zones rurales est une politique judicieuse, conforme aux aspirations de la population et qui doit être mise en œuvre rapidement. Toutefois, pour atteindre ses objectifs, elle doit être réalisée correctement et efficacement. Surtout, il est indispensable de créer des incitations pour encourager les entreprises à investir dans les secteurs directement liés à l'agriculture et au développement rural.
Selon diendandoanhnghiep-PH


