L'Allemagne adopte une position ferme face à la Grèce.
(Baonghean) – À l’invitation de la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a effectué récemment sa première visite en Grèce depuis son entrée en fonction en début d’année. Ce déplacement témoigne de la tentative de Berlin, en dernière minute, de donner une chance à la Grèce. Quant à la Grèce, M. Tsipras, bien qu’avec une certaine réticence, souhaite apaiser les tensions avec l’Allemagne et trouver rapidement une solution pour sauver Athènes avant que ses fonds ne soient épuisés début avril. Cependant, il semble que les deux parties soient toujours incapables de parvenir à un consensus sur cette question…
En acceptant l'invitation en Allemagne malgré les tensions et les désaccords entre les deux pays, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, témoigne de la détermination sans faille d'Athènes à faire des compromis pour sauver l'économie du pays. Cette visite en Allemagne peut être considérée comme un dernier recours, les relations bilatérales s'étant récemment détériorées suite à une série d'actions menées par la Grèce.
Rétrospectivement, la cause première réside dans l'annonce par le gouvernement grec de la fin des programmes d'austérité de l'Union européenne, suivie de déclarations s'opposant aux sanctions contre la Russie liées à la crise ukrainienne. Plus récemment, la Grèce a menacé de saisir les avoirs allemands sur son territoire, les considérant comme des réparations de guerre.
Par ailleurs, le magazine Syriza a récemment publié une caricature du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, en uniforme nazi, un sujet historique considéré comme sensible en Allemagne. Ces agissements expliquent aisément le malaise apparent du Premier ministre grec lors de sa visite en Allemagne. D'autant plus que cette visite représente l'une des dernières occasions pour M. Tsipras de parvenir à un accord plus favorable avec l'Europe.
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| Le Premier ministre grec Alexis Tsipras (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à l'issue de leurs entretiens du 23 mars. (Source : Reuters) |
Cela se comprend aisément, car le dernier rapport de l'Union européenne (UE) indique que la Grèce sera à court de liquidités d'ici le 8 avril si elle ne reçoit pas de fonds supplémentaires des institutions monétaires internationales. Par ailleurs, selon les experts de la Commission européenne (CE), le gouvernement grec devra puiser dans les fonds sociaux et les entreprises publiques ; il devra également rembourser un prêt de 467 millions d'euros au Fonds monétaire international (FMI).
On comprend donc que ces pressions contraignent le Premier ministre Tsipras à tout mettre en œuvre pour négocier avec succès avec les créanciers, notamment la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI, avant le 8 avril afin d'obtenir la ligne de crédit de 7,2 milliards d'euros. En effet, M. Tsipras souhaite que les 7 milliards d'euros restants du plan de sauvetage soient débloqués immédiatement pour éviter un effondrement économique et une faillite imminents, ainsi que pour empêcher la Grèce de quitter la zone euro. Cependant, Bruxelles se montre moins conciliante et exige des preuves supplémentaires des engagements de la Grèce en matière de réformes avant de décider de débloquer les fonds. Par conséquent, l'objectif principal du Premier ministre Tsipras à Berlin est cette fois de convaincre l'Allemagne d'accélérer le processus.
Cependant, malgré sa position de première économie de l'Union européenne, la décision de l'Allemagne de faire marche arrière et d'inviter le Premier ministre grec ne signifie pas un changement ou un revirement de la politique adoptée conjointement par les dirigeants européens : une position ferme à l'égard de la Grèce. De plus, l'Allemagne ne fera preuve d'aucun favoritisme ni d'aucune injustice envers les autres États membres par simple égard pour la Grèce, car cela ne ferait qu'engendrer un mécontentement inutile. Par ailleurs, la chancelière allemande ne peut ignorer l'opinion publique, car le pourcentage de citoyens souhaitant une sortie de la Grèce de la zone euro est en augmentation, atteignant actuellement 52 %. Ainsi, à l'issue des discussions à Berlin, le chancelier Tsipras a immédiatement réagi à la position ferme de Merkel, déclarant : « Même si l'Allemagne compte 80 millions d'habitants et que nous sommes la première économie de l'Union européenne, l'Europe a ses propres principes… »
Après avoir reçu cette réponse, le Premier ministre grec a sans doute rapidement compris le message que Merkel souhaitait transmettre à Athènes : que l’Allemagne le veuille ou non, la Grèce doit se conformer aux exigences de l’Europe. Par conséquent, cette visite du Premier ministre grec en Allemagne pourrait certes améliorer quelque peu les relations avec Berlin, mais elle ne signifie pas pour autant qu’Athènes trouvera un chemin plus court pour redresser son économie. Seules de véritables réformes peuvent aider la Grèce à l’heure actuelle. Or, si tel était le cas, les prochaines étapes pour le Premier ministre Tsipras seraient assurément extrêmement difficiles, car il a manqué à trop de promesses envers ses électeurs.
Phuong Hoa



