Ne blâmez pas la vie.
(Baonghean) – L’examen novateur « deux en un » a pris fin. Malgré ces changements, un problème très ancien persiste : l’histoire reste « isolée » car très peu d’élèves choisissent de passer l’examen d’histoire.
Les statistiques du ministère de l'Éducation et de la Formation (MOET) montrent que, lors de l'examen national de fin d'études secondaires de cette année, l'histoire était la matière la moins choisie, avec environ 153 600 candidats inscrits, soit 15,3 % du nombre total de candidats à l'échelle nationale. Par conséquent, le matin du 4 juillet, lors de l'épreuve d'histoire, de nombreux centres d'examen n'ont accueilli qu'une poignée de candidats, et dans certains endroits, un seul élève s'est présenté. De nombreux centres ont dû fermer leurs portes faute de candidats, notamment à Da Nang (24 centres fermés), Quang Ninh (10 centres fermés), Tra Vinh (8 centres fermés) et Hué (19 centres fermés). Le problème de la « discrimination » des élèves à l'égard de l'histoire ne date pas d'hier. Il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau ou inhabituel. Le plus étrange est que, malgré les avertissements répétés de la société face à cette situation où « notre peuple ignore son histoire, ne l'aime pas », le secteur de l'éducation peine toujours à trouver des solutions concrètes. Ils ne savent que se rejeter la faute. Les élèves incriminent le programme d'histoire aride et la rigidité des professeurs. Les enseignants, quant à eux, déplorent le manque d'attention et d'investissement dans cette discipline complémentaire. Le secteur de l'éducation, de son côté, rejette la faute sur la situation actuelle : personne ne voudrait étudier l'histoire car ce n'est pas un métier qui offre de réelles perspectives d'avenir.
Il est vrai qu'étudier l'histoire ne consiste pas à acquérir des connaissances pour s'enrichir plus tard. Il s'agit plutôt de comprendre les actions de nos ancêtres, de comprendre le pays, son peuple et les valeurs qui animent ce dernier aujourd'hui. L'étude de l'histoire nourrit également le patriotisme et la fierté nationale. Ces valeurs confèrent à chacun une richesse inestimable, qui ne se mesure pas en argent. C'est pourquoi le président Hô Chi Minh, de son vivant, nous rappelait : « Notre peuple doit connaître son histoire / Pour comprendre les origines de la nation vietnamienne. » Pour chacun, l'histoire appartient au passé. Mais pour vivre en paix aujourd'hui et éviter les erreurs de demain, il est essentiel de comprendre, d'assimiler et de se souvenir du passé, puis d'y réfléchir et de le comparer aux actions et aux résultats actuels. De là, nous pouvons tirer des leçons pour continuer à vivre en paix et obtenir des résultats positifs demain. Quiconque ignore comment procéder ne pourra certainement pas survivre ni prospérer. Pour une nation entière, appréhender pleinement et profondément son histoire est tout aussi important, mais à une échelle bien plus vaste et significative. Ce bref aperçu illustre le rôle crucial que joue l'histoire dans la survie d'une nation.
Le désintérêt de nos élèves pour l'étude et la recherche en histoire ne tient pas seulement à la monotonie des programmes et des méthodes pédagogiques, qui rendent cette discipline peu enrichissante, mais aussi à leur incapacité à en saisir l'importance, la portée et la valeur inestimable. Il est clair que le système éducatif est responsable de cette situation, car il n'aide pas les élèves à comprendre pleinement et en profondeur l'importance de l'histoire. Ce système n'a pas lui-même pleinement reconnu cette importance, raison pour laquelle il la classe comme matière secondaire et optionnelle : les élèves peuvent choisir de l'étudier s'ils le souhaitent, et l'ignorer s'ils ne le souhaitent pas. Par conséquent, lorsque les élèves manifestent de l'indifférence envers l'histoire, cela est perçu comme normal, et non comme une menace pour leur identité culturelle et leurs racines futures. Ils ne se précipitent donc pas pour trouver des solutions.
Par conséquent, non seulement les étudiants, mais aussi le secteur de l'éducation lui-même, devraient réévaluer en profondeur le rôle et la place de l'Histoire dans l'existence et le développement du pays. Cela permettra des révisions opportunes et pertinentes afin de redonner à l'Histoire toute sa véritable valeur. Nous devons le reconnaître, au lieu de blâmer le cours des choses.
Duy Huong


