Ne créez pas de distance inutile.
(Baonghean) - L'article 7 de la loi de 1999 sur la presse (modifiée et complétée) stipule : « La presse a le droit et l'obligation de ne pas... »
(Baonghean) – L’article 7 de la loi sur la presse modifiée de 1999 stipule : « La presse a le droit et le devoir de ne pas divulguer l’identité des sources d’information si cela risque de leur porter préjudice, sauf à la demande du procureur général du parquet ou du président du tribunal populaire de niveau provincial et supérieur, lorsque cela est nécessaire à l’enquête et au jugement des crimes graves. » Le ministère de la Sécurité publique vient de proposer de modifier cet article comme suit : « Le procureur général du parquet, le président du tribunal populaire et les chefs des services d’enquête à tous les niveaux ont le droit d’exiger des organes de presse qu’ils fournissent les sources des informations publiées dans les médias. » Cette proposition a été critiquée par des juristes, qui la jugent contraire aux dispositions constitutionnelles relatives à la liberté d’expression, à la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption et à la loi sur la protection des lanceurs d’alerte. L’opinion publique craint que, si cette proposition est acceptée, le rôle moteur de la presse dans la lutte contre la corruption ne soit limité.
En réalité, la plupart des cas de corruption sont découverts par le public, révélés par la presse et pris en charge par les forces de l'ordre ; aucun cas de corruption n'a été découvert ni traité par les organisations du Parti ou les agences d'État. Lorsqu'ils signalent des actes de corruption, la plus grande crainte du public est celle des représailles. C'est pourquoi les citoyens se sentent en sécurité lorsqu'ils fournissent des informations à la presse sur des affaires de corruption, car ces informations resteront confidentielles et ils ne craignent aucune représailles. Lorsque la corruption est révélée par les médias, les forces de l'ordre peuvent rechercher des informations à diverses fins. Si cela vise à faire avancer une enquête, c'est une bonne chose, et la coopération de la presse est essentielle. Si cela permet de compléter le dossier, la presse est disposée à fournir les informations. Cependant, l'obtention d'informations n'est pas sans risque d'abus.
La corruption et les pots-de-vin sont aujourd'hui une réalité, même au sein des forces de l'ordre. Qui peut garantir que ceux qui fournissent des informations sur des affaires de corruption ne subiront pas de représailles ? Grâce à la couverture médiatique, de nombreuses affaires de corruption ont été instruites et jugées équitablement, rétablissant ainsi les droits légitimes des victimes. Cependant, il existe aussi des cas de condamnations injustifiées, contraignant les victimes à intenter des poursuites année après année. Dans certains cas, la tentation de la corruption a conduit à la falsification de documents lors des enquêtes et à des condamnations injustifiées, mettant ainsi en lumière le courage des lanceurs d'alerte. Dans la lutte actuelle contre la corruption, l'aspect le plus préoccupant est la corruption au sein même des forces de l'ordre. Lorsque des éléments corrompus existent en leur sein, révéler l'identité des personnes fournissant des informations sur des affaires de corruption est extrêmement dangereux. Par conséquent, le maintien de l'article 7 de la loi sur la presse est essentiel.
Si la proposition du ministère de la Sécurité publique est mise en œuvre, l'accès à l'information dans les affaires judiciaires pourrait être facilité, mais le public hésitera alors à communiquer avec la presse. La question est de savoir comment instaurer une confiance du public envers les forces de l'ordre, comparable à celle qu'il accorde à la presse, afin qu'il fournisse volontairement des informations plutôt que de les exiger de cette dernière. Dans la lutte actuelle contre la corruption, la presse joue un rôle essentiel de lien entre le peuple, le Parti et l'État. Nous ne devons pas, sous prétexte de modifier les lois selon des désirs subjectifs, creuser un fossé inutile, voire inquiétant, entre la presse, le peuple et les forces de l'ordre.
TRAN HONG CO


