Rue Mac Dinh Chi : Un charme unique au cœur de la ville animée.

December 6, 2014 07:29

(Baonghean) – Moins profondes et anciennes que les ruelles étroites et caractéristiques du vieux quartier de Hanoï, ni aussi sinueuses, complexes et anonymes que le labyrinthe des ruelles de Saïgon, les centaines de petites rues de la ville de Vinh arborent fièrement des noms uniques qui évoquent d'innombrables particularités, tout aussi importantes que celles des artères principales. La rue Mac Dinh Chi est l'une d'entre elles…

(Baonghean) – Moins profondes et anciennes que les ruelles étroites et caractéristiques du vieux quartier de Hanoï, ni aussi sinueuses, complexes et anonymes que le labyrinthe des ruelles de Saïgon, les centaines de petites rues de la ville de Vinh arborent fièrement des noms uniques qui évoquent d'innombrables particularités, tout aussi importantes que celles des artères principales. La rue Mac Dinh Chi est l'une d'entre elles…

Reliant les artères animées de Ngu Hai et Dinh Cong Trang, la rue Mac Dinh Chi, selon de nombreux habitants, perdra son calme d'ici cinq à sept ans si ces rues deviennent à sens unique. Elle deviendra alors un carrefour pratique et utile pour les citadins, et le rythme trépidant de la vie urbaine s'y installera. L'avenir nous dira si cette prédiction se réalisera, mais les habitants attendent ce jour avec une certaine impatience, se disant, mi-sérieux mi-plaisantin, mi-plaisantin, de « profiter » des derniers jours de tranquillité dans cette charmante petite rue au cœur de la ville trépidante.

Đường Mạc Đĩnh Chi.
Rue Mac Dinh Chi.

C'est précisément ce caractère convivial, chaleureux et animé des habitants qui rend la rue Mac Dinh Chi si attachante. Peut-être est-ce dû à son étroitesse, qui favorise la pérennité de cette camaraderie de voisinage ? La rue est en effet étroite ; on peut facilement compter 38 maisons côte à côte de chaque côté en une courte promenade. La plupart sont d'imposantes maisons de deux ou trois étages, entrecoupées de bâtiments plus bas à toit plat, mais la rue conserve un charme particulier grâce à la végétation luxuriante qui la borde. Dans les souvenirs des habitants, la rue Mac Dinh Chi était à l'origine une ruelle étroite, un raccourci reliant deux artères principales, et son aspect semble être resté quasiment inchangé au fil des décennies. Autrefois, quelques banians et paulownias poussaient à l'intersection avec la rue Dinh Cong Trang. Plus tard, leur croissance jugée incompatible avec l'espace vert urbain, ils furent abattus. À leur place s'étendent des rangées de manguiers odorants, leurs branches entrelacées de vignes fleuries d'un jaune éclatant s'accrochant aux murs rustiques en briques, ajoutant de la beauté aux humbles arcades.

Contrairement aux autres artères principales, la rue Mac Dinh Chi ne comporte aucune ruelle ; elle est rectiligne et profonde. La plupart des maisons donnent sur la rue, seules deux ou trois étant légèrement en retrait. On ignore si cette configuration était prévue à l’origine ou si l’évolution de la société a incité les propriétaires à quitter cette rue animée pour s’installer plus en retrait, profitant ainsi de leur havre de paix.

Les habitants de cette rue sont principalement des personnes d'âge mûr, des retraités et d'anciens fonctionnaires, ce qui explique leur mode de vie plutôt simple. L'animation y est brève, le matin, à midi, ou pendant quelques heures aux heures de pointe, lorsque les enfants partent à l'école et que les adultes rentrent du travail. Le reste du temps, la rue est calme et paisible, un contraste saisissant avec les rues voisines Dinh Cong Trang et Ngu Hai. Même les commerces et services qui la bordent se distinguent par leur discrétion et leur simplicité, loin de toute ostentation ou agitation. Cette tranquillité peut surprendre ceux qui sont habitués au tumulte des rues citadines.

Malgré sa petite taille, la rue regorge de services pratiques. On y trouve des salons de beauté comme des ongleries, des fleuristes de Da Lat, des spécialités locales comme des vermicelles parfumés à la pâte de crevettes fermentée, des ateliers de réparation de radios, de cassettes et de téléviseurs aux enseignes blanches sur fond bleu foncé, typiques des années 1990, et même un salon familial « rénové » en atelier de réparation de vélos… Longue de quelques centaines de mètres seulement, la rue abrite pourtant un café-jardin spacieux et agréable. Apparemment, l’activité est au ralenti ces derniers temps, et le propriétaire envisage de fermer.

Il n'y a qu'une seule épicerie dans toute la rue. C'est un ancien salon, réaménagé pour privilégier la vente en gros. Derrière la porte en fer grinçante, des vitrines présentent de tout : cure-dents, serviettes de toilette, shampoing, brosses à dents, bonbons, biscuits, lait, couches… Une seule épicerie suffit donc à approvisionner tous les foyers de la rue. Beaucoup disent que vivre ici est le paradis, car tout est à proximité et facilement accessible, tout en conservant le calme de la vie rurale.

Au fil des quatre saisons, la rue Mac Dinh Chi se pare d'un charme unique. Au printemps, les fleurs aux couleurs éclatantes éclosent sur les balcons des magnifiques immeubles, accueillant le Nouvel An lunaire. L'été, la chaleur accablante s'abat sur le pavé irrégulier, vieux de plusieurs décennies. L'automne apporte une douce brise qui apaise les cœurs des flâneurs, créant une atmosphère urbaine paisible. Et en hiver, comme ce soir-là, la rue est faiblement éclairée par les lumières jaunes qui la bordent, projetant une lueur familière et diffuse sur ce petit espace si cher à mon cœur. J'ai parcouru cette rue tant de fois, avec un pincement au cœur, regrettant que le trajet soit si court, sans avoir pu pleinement saisir la quiétude d'une journée qui s'écoule à toute vitesse. Un jour, j'ai arrêté ma moto, le regard tourné vers le ciel. Au milieu du fouillis d'immeubles et de toits bas, un croissant de lune brillait encore, comme pour rappeler aux habitants de la rue de ne pas oublier ce petit coin de leur village, de leur terre natale. Ce sentiment, semble-t-il, ne peut être éprouvé que dans des petites rues comme celle-ci…

Texte et photos :Phuoc Anh

Mạc Đĩnh Chi (1272-1346) était originaire du village de Lũng Động, district de Chí Linh (aujourd'hui hameau de Lũng Động, commune de Nam Tân, district de Nam Sách, province de Hải Dương). Orphelin dès son plus jeune âge, il grandit dans une famille pauvre et dut, avec sa mère, aller ramasser du bois dans la forêt pour subvenir à leurs besoins. Grâce à sa volonté hors du commun et à son intelligence exceptionnelle, Mạc Đĩnh Chi devint rapidement célèbre comme enfant prodige des études confucéennes. Aux examens impériaux de l'année Giáp Thìn (1304), il obtint la meilleure note (Hội nguyên). Lors de l'examen final (Đình), il obtint le titre de Trạng Nguyên (premier érudit). Cependant, lorsqu'il se présenta au roi, celui-ci, Trần Nhân Tông, remarquant son apparence peu avantageuse, n'avait pas l'intention de lui décerner la première place. Sachant cela, il composa le poème « Ngọc Tỉnh Liên Phú », un poème en chinois classique exprimant ses aspirations. Après l'avoir lu, le roi Trần Anh Tông le loua comme un génie et lui accorda le titre de Trạng Nguyên, lui remettant une bannière d'honneur pour qu'il puisse rentrer chez lui et rendre hommage à ses ancêtres. De retour dans la capitale, le roi le convoqua en audience et l'interrogea sur des questions politiques. L'érudit répondit avec éloquence, à la grande satisfaction du roi. Il conféra au savant le titre de Han Lam Hoc Si ​​(académicien), puis le promut Thuong Thu (ministre), et enfin Dai Lieu (grand chancelier). Mac Dinh Chi servit sous trois rois : Tran Anh Tong (1293-1314), Tran Minh Tong (1314-1329) et Tran Hieu Tong (1329-1341). Aujourd’hui, en hommage à son œuvre, de nombreuses grandes villes du pays ont des rues et des écoles portant son nom.

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