L'UE envisage des mesures d'urgence pour freiner la flambée des prix de l'énergie provoquée par le conflit iranien.
L'UE a annoncé une feuille de route visant à réglementer le marché du carbone et à accroître les subventions industrielles en réponse à la hausse de 6 milliards d'euros des coûts d'importation de carburant suite au conflit iranien.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l'Union européenne (UE) mettra en œuvre des mesures d'urgence pour atténuer l'impact de la flambée des prix de l'énergie. Cette décision intervient alors que le conflit en Iran exerce une forte pression sur les marchés mondiaux des combustibles, même si l'UE n'a pas encore instauré de plafonnement du prix du gaz.

Réglementer le marché du carbone et accroître le soutien financier.
Dans une lettre adressée aux dirigeants européens avant le sommet de Bruxelles du 19 mars, Ursula von der Leyen a proposé une feuille de route visant à accroître l'offre de permis d'émission de carbone. Ce plan a pour objectif de faire baisser les prix de l'énergie à court terme grâce à un mécanisme de réserve fondé sur le marché du carbone.
Par ailleurs, Bruxelles prévoit d'accroître le soutien financier aux industries et d'autoriser les États membres à augmenter les subventions publiques. L'objectif est de protéger les entreprises contre la hausse des factures d'électricité due à la fluctuation des prix du carbone et des combustibles fossiles.
Impact économique et pressions sur les coûts d'importation
D'après les données de la Commission européenne, la facture des importations de pétrole et de gaz de l'Union européenne a augmenté de 6 milliards d'euros depuis le début du conflit le 28 février. Les prix du gaz sur le marché européen ont également connu une hausse de plus de 50 % en peu de temps, exerçant une pression considérable sur l'économie de la région.
Ursula von der Leyen a néanmoins affirmé que la sécurité d'approvisionnement de l'UE restait assurée. Actuellement, la majeure partie des approvisionnements en pétrole et en gaz du bloc provient des États-Unis, de la Norvège et d'autres sources alternatives, ce qui atténue les risques directs liés aux perturbations au Moyen-Orient.
La divergence des points de vue entre les États membres.
Les nouvelles propositions visent à concilier les points de vue divergents au sein de l'UE. Tandis que l'Italie soutient la suspension du marché du carbone pour réduire les coûts énergétiques, des pays comme la Suède et les Pays-Bas s'opposent à l'affaiblissement de cet outil de politique climatique.
Plusieurs responsables du secteur de l'énergie, dont le Polonais Wojciech Wrochna, ont notamment souligné la nécessité de stabiliser le marché et d'éviter des changements réglementaires brusques. Afin de répondre aux préoccupations à long terme, l'UE pourrait envisager une feuille de route plus réaliste pour la réduction des émissions après 2030, plutôt que de restreindre trop rapidement l'attribution des permis.
Lors de la crise énergétique de 2022, les pays de l'UE ont dû débourser plus de 500 milliards d'euros pour soutenir le marché, dont 158 milliards pour l'Allemagne à elle seule. Les experts de l'Institut Bruegel avertissent qu'un renforcement des aides nationales pourrait creuser davantage les inégalités économiques entre les États membres riches et pauvres.


