Les prix mondiaux du pétrole ont bondi de 50 %, dépassant les 110 dollars le baril, en raison du conflit en Iran.

Thanh VinhMarch 23, 2026 17:35

Les conflits au Moyen-Orient perturbent 20 % des approvisionnements énergétiques mondiaux, faisant grimper les prix du pétrole brut et du gaz et menaçant directement la sécurité alimentaire mondiale.

Le conflit au Moyen-Orient plonge l'industrie énergétique mondiale dans le pire des scénarios. Le quasi-blocus du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique longeant les côtes iraniennes, a perturbé environ 20 % des approvisionnements mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le 28 février. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), il s'agit d'un choc énergétique plus grave que la crise pétrolière de 1973.

Les marchés pétroliers et gaziers subissent une pression considérable.

Actuellement, le marché mondial est confronté à une pénurie d'environ 400 millions de barils de pétrole, soit l'équivalent de quatre jours de consommation mondiale. Cette situation a entraîné une hausse des prix de l'énergie d'environ 50 %. Plus précisément, le prix de référence mondial du pétrole a dépassé les 110 dollars le baril, tandis que certains types de pétrole du Moyen-Orient ont atteint près de 164 dollars le baril.

Tác động của xung đột Iran đến hạ tầng năng lượng toàn cầu và nguồn cung dầu mỏ

Outre le pétrole brut, le marché des carburants raffinés a également connu des fluctuations record. En Europe, le prix du kérosène a atteint 220 dollars le baril. Aux États-Unis, les consommateurs devront débourser plus d'un dollar de plus par gallon d'essence à la pompe à partir de fin février 2026. Concernant le gaz naturel, Saad al-Kaabi, PDG de QatarEnergy, estime que le conflit perturbera l'approvisionnement d'environ 12,8 millions de tonnes de GNL par an pendant les trois à cinq prochaines années.

Les pays mettent en œuvre des mesures d'urgence.

Face à la flambée des prix des carburants, de nombreux gouvernements ont dû mettre en œuvre des mesures strictes d'économie d'énergie. La Thaïlande a suspendu temporairement les voyages d'affaires à l'étranger de ses fonctionnaires, tandis que le Bangladesh a été contraint de fermer ses universités. Le Sri Lanka a instauré un système de rationnement du carburant et la Chine a interdit l'exportation de produits pétroliers raffinés.

L'AIE a notamment annoncé son intention de puiser 400 millions de barils de pétrole dans ses réserves d'urgence. Cependant, Natasha Kaneva, analyste chez JP Morgan, estime que ce volume ne suffirait qu'à compenser une vingtaine de jours d'impact de la crise et que, compte tenu de la grave pénurie d'approvisionnement, la réduction de la demande demeure la seule solution envisageable à l'heure actuelle.

Risques pour la sécurité alimentaire et les chaînes d'approvisionnement

Au-delà de la simple question énergétique, ce conflit représente une grave menace pour la sécurité alimentaire mondiale. Environ un tiers du commerce mondial d'engrais, qui transite par le détroit d'Ormuz, est actuellement bloqué. Les prix des engrais azotés, notamment de l'urée, ont augmenté de 30 à 40 % depuis le début du conflit.

Maximo Torero, économiste en chef de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a averti que si cette situation perdure, la production de denrées essentielles telles que les céréales, les produits laitiers et la viande chutera en raison des perturbations des récoltes. De nombreuses usines d'engrais en Asie ont dû réduire leur production, voire l'interrompre temporairement, face à la pénurie de matières premières et à la hausse du coût de l'électricité.

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Les prix mondiaux du pétrole ont bondi de 50 %, dépassant les 110 dollars le baril, en raison du conflit en Iran.
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