Les déclarations de patrimoine mensongères peuvent entraîner une perte d'emploi.
« Dans notre pays, les fonctionnaires possèdent de nombreux biens, mais très peu sont déclarés car ces biens sont enregistrés au nom de leurs enfants, qui sont encore mineurs. Nous devons proposer des solutions pour combler cette lacune », a déclaré l'inspecteur général adjoint du gouvernement, Tran Duc Luong, le matin du 17 août. – Selon vous, quels problèmes pourrions-nous aborder avec transparence pour lutter contre la corruption, mais que nous n'avons pas encore résolus ?
La politique anticorruption jusqu'en 2020 visait à minimiser le secret d'État, le secret technologique et le secret professionnel. Dans les faits, certains organismes, entreprises et groupes économiques exploitent ce prétendu secret pour éviter de divulguer des informations sur leurs activités. Or, la loi anticorruption impose aux organismes et services de faire preuve de transparence quant à leur organisation et leurs opérations. Par exemple, l'Inspection générale du gouvernement doit publier les résultats de ses inspections, le traitement des plaintes et les décisions prises concernant les dénonciations, ainsi que les informations relatives à d'autres activités telles que le développement institutionnel.
Par conséquent, le système de réglementation des secrets d'État doit être revu. Toute information susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale (en cas de fuite), de perturber la moralité publique ou d'avoir un impact négatif sur la société ne devrait pas être divulguée. L'expérience internationale démontre que plus l'information est ouverte et transparente, moins la corruption est répandue.

Le sous-inspecteur général du gouvernement, Tran Duc Luong : « Ceux qui occupent des postes de pouvoir et d’autorité devraient idéalement faire preuve d’honnêteté dans la déclaration de leurs biens. » Photo : Tien Dung.
- Comment évaluez-vous le décret 68, qui modifie et complète certains articles du décret 37 sur la transparence des actifs et des revenus, notamment en ajoutant des dispositions relatives à la publication des déclarations de patrimoine et de revenus ?
Le décret 68 constitue un progrès par rapport au décret 37 en prévoyant la publication des déclarations de patrimoine. Toutefois, il convient de souligner que cette publication repose sur des principes, car la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption stipule que les déclarations de patrimoine sont conservées dans les dossiers du personnel. Or, ces dossiers sont considérés comme secrets d'État. Ce point doit être revu afin d'assurer la cohérence du dispositif.
Le gouvernement a également institutionnalisé une réglementation obligeant les personnes tenues de déclarer leur patrimoine à divulguer publiquement cette information sur leur lieu de travail. Les modalités de cette divulgation sont déterminées par le responsable du service : annonce lors d’une réunion ou affichage au siège de l’agence. Par exemple, si je travaille à l’Inspection générale du gouvernement et que mon patrimoine a évolué en 2011, je dois soumettre une déclaration complémentaire et la rendre publique.
- Une fois que les fonctionnaires ont rendu publiques leurs déclarations de patrimoine sur leur lieu de travail, la presse et le public ont-ils accès à ces informations ?
Cette déclaration n'a pas encore été rendue publique, mais nous y travaillons progressivement. Comme le dit l'adage, « une personne garde le secret, mais neuf le révèlent ». Une fois rendue publique au sein de l'unité – comme dans mon agence où environ 200 personnes, des spécialistes les plus expérimentés aux cadres supérieurs, connaissent mon patrimoine – cela signifie que toute la société est au courant, car personne ne peut empêcher un spécialiste de révéler qu'une autre personne possède une maison ou une voiture… L'information se répandra naturellement, et c'est précisément sur ce point que l'Inspection générale du gouvernement propose de modifier la loi sur la prévention et la lutte contre la corruption. Si l'Assemblée nationale approuve cette proposition, alors chacun pourra consulter la déclaration de patrimoine.
- Selon vous, quel est le niveau actuel de précision des déclarations de patrimoine ?
Le décret 37 ne définissant pas les principes de la déclaration de patrimoine, le décret 68 a établi le principe de l'autodéclaration et de l'autoresponsabilité. Compter 50 millions de dongs en espèces est simple, mais déclarer qu'un tableau vaut 50 millions ou 30 millions de dongs est susceptible de donner lieu à controverse. Dès lors, qui est responsable de déterminer la valeur d'un bien de 50 millions de dongs ou plus ? C'est le propriétaire. Il incombe à la personne effectuant la déclaration de l'expliquer à l'organisme de gestion. Cela signifie que la déclaration doit être présentée de manière à permettre une explication claire lors de son examen ultérieur par l'organisme de gestion ou les autorités compétentes.
- Le décret relatif à la déclaration de patrimoine prend-il en compte la possibilité pour les fonctionnaires de fractionner leurs biens en montants plus petits et de les enregistrer sous le nom d'autres membres de leur famille ou de les déposer à l'étranger pour éviter les obligations de déclaration ?
Lors de nos recherches, nous avons pris en compte cette situation. Par exemple, dans notre pays, des fonctionnaires possèdent d'importants biens, mais leurs déclarations fiscales sont très incomplètes car ces biens sont enregistrés au nom de leurs enfants mineurs. Nous estimons qu'il est nécessaire de proposer une solution pour combler cette lacune.
Concernant les avoirs à l'étranger, tout patrimoine doit être déclaré, sans limitation à 50 millions de VND. En tant que signataire de la Convention des Nations Unies, nous n'avons aucune inquiétude quant à l'obtention d'informations provenant de l'étranger. J'estime que ceux qui sont tenus de déclarer leurs avoirs, qu'il s'agisse d'argent, de biens immobiliers ou autres, à l'étranger, devraient le faire avec diligence, car ces déclarations sont très faciles à détecter.
— Monsieur, combien de cas de faux témoignages de fonctionnaires ont été découverts récemment ?
Je me souviens qu'il y a eu des cas d'infractions, mais peu nombreux. Auparavant, certaines personnes étaient très réticentes à déclarer leur patrimoine et craignaient beaucoup sa divulgation publique, mais les autorités n'avaient pas les moyens de les sanctionner. J'ai visité une province où le responsable a déclaré que dans le district, une personne avait catégoriquement refusé de déclarer son patrimoine, mais lorsqu'on leur a demandé quelles dispositions légales appliquer pour la sanctionner, ils n'ont trouvé aucune. Cette fois-ci, le décret 68 prévoit des sanctions, la plus sévère étant la révocation.
La publication des déclarations de patrimoine est un moyen de garantir l'honnêteté. Pour ceux qui détiennent le pouvoir, la meilleure solution est de déclarer honnêtement leurs biens.
(Selon VnExpress)


