Réflexion

Laissez la blouse blanche tranquille.

Phuoc Anh October 24, 2025 15:05

Les hôpitaux, censés être des lieux de guérison où les gens cherchent de l'aide, deviennent peu à peu des foyers de violence.

L'incident extrêmement grave qui vient de se produire à l'hôpital d'obstétrique et de pédiatrie de Nghệ An a profondément choqué l'opinion publique : un assaillant a attaqué et poursuivi des membres des familles de patients et du personnel médical, blessant trois membres du personnel médical et deux proches de patients. Il est véritablement consternant que dans un lieu où devraient résonner le ballet incessant des médecins et des infirmières, les cris des nouveau-nés et les sourires radieux des familles, règne désormais un chaos indescriptible de cris, de luttes et de perte de contrôle.

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Une intervention chirurgicale a sauvé la vie d'un membre du personnel médical agressé et poursuivi le matin du 23 octobre à l'hôpital d'obstétrique et de pédiatrie de Nghệ An. Photo : Thanh Chung

Auparavant, de nombreux incidents similaires se sont produits : des médecins agressés alors qu’ils prodiguaient des soins d’urgence ; des infirmières menacées de mort pour avoir simplement rappelé aux familles des patients les consignes à suivre ; et d’innombrables cas d’agressions contre des soignants en plein cœur des hôpitaux – des lieux qui devraient être les plus sûrs. Ces histoires sont malheureusement fréquentes, non seulement à Nghệ An, mais dans tout le pays.

La plupart des incidents sont dus à des accès de colère, des malentendus inutiles et des émotions incontrôlées de la part des patients ou de leurs proches. Dans ces moments critiques entre la vie et la mort, un mot mal prononcé ou un geste mal interprété peut déclencher une série d'actes violents. Les hôpitaux, censés être des lieux de soins où l'on cherche de l'aide, deviennent de plus en plus des foyers de violence. Il est essentiel de s'interroger non seulement sur la responsabilité juridique des agresseurs, mais aussi sur les raisons de cette persistance, de cette fréquence et de cette intensité croissantes.

Cela tient peut-être en partie à l'impatience qui règne dans la société moderne, où l'on est habitué à la gratification immédiate, où l'on est moins enclin à patienter et où l'on laisse facilement éclater sa colère lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. Dans le contexte particulier d'un hôpital, où chaque décision a des conséquences vitales, cette tension est d'autant plus susceptible de s'exacerber. À cela s'ajoutent les difficultés de communication liées à la surcharge de travail des médecins, qui n'ont pas le temps d'expliquer les choses, tandis que les familles des patients sont plongées dans la confusion et la vulnérabilité.

Cependant, quelle qu'en soit la cause, la violence ne saurait être la solution. Un coup de poing, un coup de pied, une menace… tous ces actes peuvent ébranler la confiance fondamentale entre le patient et le médecin. Et lorsque cette confiance est rompue, la coopération dans le traitement – ​​pilier de la profession médicale – s'en trouve également compromise.

Il faut reconnaître que la profession médicale présente également des lacunes : l’attitude des patients, les compétences en communication, les mécanismes de protection des employés et la manière dont la communication permet au public de mieux comprendre la spécificité de la profession. Toutefois, toute remarque, suggestion ou critique doit s’inscrire dans le respect du respect mutuel et de la loi. La douleur ou la détresse ne sauraient justifier de nuire à autrui.

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Les médecins de l'hôpital de médecine traditionnelle de Nghe An examinent attentivement les patients.

Vu sous un angle plus large, ce phénomène ne se limite pas au domaine médical. Il reflète un déclin des valeurs comportementales, où l'on recourt facilement à la violence pour résoudre les conflits et où la confiance et le respect mutuel s'érodent progressivement. Tout comme sur la route, à l'école ou sur les réseaux sociaux, la colère incontrôlée engendre toujours des conséquences que chacun regrette par la suite.

Dans le domaine médical, profession à haut risque émotionnel, il est urgent de mettre en place des mesures à la fois protectrices et humaines. Dans un premier temps, les établissements de santé doivent revoir leurs procédures de sécurité, notamment en augmentant le nombre d'agents de sécurité formés, en prévoyant des issues de secours, en installant des systèmes d'alarme et des caméras dans les zones sensibles. Parallèlement, ils doivent instaurer des procédures de communication transparentes entre le personnel médical et les familles des patients afin d'informer et de mettre à jour rapidement les informations, et de désamorcer les situations tendues. Surtout, il est essentiel de rétablir la confiance entre les médecins et la communauté. Lorsque les deux parties s'écouteront et comprendront qu'elles partagent le même objectif – celui de la vie –, alors les hôpitaux redeviendront de véritables lieux de sérénité et de guérison.

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Des médecins de l'hôpital général de l'Amitié de Nghệ An rendent visite aux patients. Photo : Thanh Cuong

Les solutions à long terme exigent un effort collectif. Les médias doivent jouer un rôle constructif, non seulement en relatant l'incident, mais aussi en diffusant des informations sur les droits et obligations des patients et en clarifiant les procédures médicales afin de réduire la confusion et les malentendus. L'éducation juridique et déontologique doit être davantage intégrée au sein de la communauté afin que chacun comprenne qu'il existe des moyens plus efficaces de gérer les situations conflictuelles que le recours à la violence. Les forces de l'ordre doivent sanctionner sévèrement les actes de violence envers le personnel soignant afin de créer un effet dissuasif.

Tôt ou tard, nous serons tous amenés à entrer dans un hôpital, soit pour être soignés, soit pour prendre soin d'un proche. Et à ce moment-là, ce que nous désirons le plus, c'est nous sentir respectés et protégés. Par conséquent, maintenir la paix et l'ordre dans les hôpitaux n'est pas seulement la responsabilité des agents de sécurité ou des forces de l'ordre, mais une responsabilité partagée par tous ceux qui y pénètrent. Maintenir la paix et l'ordre dans le milieu médical, c'est aussi préserver la compassion qui nous anime tous. Ne laissons pas les blessures de la violence ternir le caractère sacré d'un lieu qui sauve des vies. Les hôpitaux doivent être des lieux où la vie est préservée, et non des lieux où la confiance est bafouée.

Article paru dans le journal Nghe An

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