Commentaires sur le projet de modification du Code pénal
(Baonghean)Le projet de Code pénal révisé devrait être adopté par l'Assemblée nationale lors de sa prochaine 10e session. La présente consultation vise à recueillir un large éventail d'avis publics sur les points faisant l'objet de divergences, afin de perfectionner le Code pénal, d'en garantir l'exhaustivité et d'éviter les difficultés d'application. Forts de notre étude du projet de Code pénal et de notre expérience en matière d'application de la loi, nous formulons les observations suivantes sur plusieurs aspects du projet :
1. Principes de prise en charge des jeunes délinquants
L'élément constitutif d'une infraction est la capacité de l'individu à la commettre, et l'âge est une condition indispensable pour l'évaluer. Si l'âge n'est pas rempli, l'élément constitutif de l'infraction ne l'est pas non plus, et la personne n'est donc pas considérée comme un criminel et, par conséquent, n'est pas pénalement responsable. Le projet de loi proposant des mesures alternatives aux poursuites pénales vise à donner aux jeunes délinquants la possibilité de corriger leurs erreurs. Cependant, dans le contexte actuel, marqué par la complexité et la gravité croissantes des infractions commises par des mineurs, l'application de telles méthodes ne garantit pas l'efficacité de la prévention et de la lutte contre la criminalité. Par ailleurs, les mesures alternatives aux poursuites pénales proposées dans le projet de loi comprennent des mesures de dissuasion et d'avertissement, mais certaines privilégient la gestion des conséquences juridiques des infractions commises par des mineurs plutôt que la prévention (médiation communautaire, encadrement et éducation des familles, ou encore encadrement et éducation par des organismes et des associations).
2. Concernant l'exemption de responsabilité pénale
Le projet de Code pénal (modifié) stipule clairement l'âge et les infractions pour lesquelles les jeunes de 14 à 16 ans sont pénalement responsables. L'exclusion de certaines infractions pour cette tranche d'âge est conforme à la politique de prise en charge pénale des mineurs délinquants. Le projet propose trois mesures alternatives à la prise en charge pénale des mineurs délinquants : l'avertissement, la médiation communautaire et le suivi et l'éducation au sein de la famille ou par des organismes spécialisés. Ces mesures sont moins contraignantes que les mesures judiciaires et s'appliquent relativement largement aux infractions graves et très graves commises involontairement. Toutefois, la faisabilité de cette disposition doit être examinée.
Le projet de loi a également supprimé la disposition relative à l'exemption de responsabilité pénale pour les mineurs délinquants et l'a remplacée par des mesures alternatives aux poursuites pénales. Cette disposition, tout en visant un encadrement plus strict des mineurs délinquants, aggrave en réalité leur responsabilité pénale s'ils enfreignent les conditions des mesures proposées. L'existence d'une disposition relative à l'exemption de responsabilité pénale pour les adultes, sans l'appliquer aux mineurs, est illogique.
3. Responsabilité pénale des personnes morales
Le projet de Code pénal (modifié) stipule la responsabilité pénale des personnes morales, mais exclut les personnes morales qui sont des agences d'État, des unités des forces armées populaires, des organisations politiques et des organisations socio-politiques.
À notre avis, la réglementation de la responsabilité des personnes morales est conforme aux évolutions de la société et des pays du monde entier. Actuellement, de nombreuses personnes morales, motivées par le profit ou d'autres intérêts, commettent des actes illégaux qui constituent un danger important pour la société et portent gravement atteinte aux droits de l'État, des organisations et des particuliers. Ces actes illégaux commis par des personnes morales sont de plus en plus fréquents, notamment dans les domaines de la protection de l'environnement, de la gestion économique et des marchés financiers. Parallèlement, l'application de sanctions administratives et civiles à l'encontre de ces actes illégaux présente de nombreuses lacunes : elles manquent de pouvoir dissuasif et de nombreuses personnes morales sont prêtes à payer des amendes pour continuer à enfreindre la loi, ce qui réduit l'efficacité de l'action de l'État.
En revanche, lorsqu'elles sont poursuivies en responsabilité pénale, les personnes morales et leurs représentants doivent participer à la procédure pénale, se confrontant directement à un processus procédural rigoureux, hautement pédagogique et dissuasif de l'État, notamment par le biais de procès publics devant les tribunaux pénaux, ce qui aura un effet dissuasif et préventif plus important sur les violations de la loi commises par les personnes morales.
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