Le déclin de Gyokeres à Arsenal soulève des questions pour Arteta.
Le bon début de Viktor Gyokeres, auteur de 3 buts en 4 matchs, n'a pas suffi à le sauver, puisqu'il n'a inscrit qu'un seul but supplémentaire lors de ses 10 derniers matchs de Premier League et qu'il est de plus en plus « privé de ballon » dans le système de Mikel Arteta.
Viktor Gyokeres est arrivé à Arsenal avec l'espoir de résoudre le problème de l'avant-centre, mais les derniers matchs racontent une tout autre histoire : l'attaquant autrefois explosif disparaît peu à peu dans le style de jeu basé sur la possession de Mikel Arteta. Le problème ne se limite pas aux buts marqués, mais concerne aussi la raréfaction de Gyokeres dans les zones clés du système.
Des chiffres alarmants : des lunes de miel aux sécheresses
Les débuts de Gyokeres à Londres Nord étaient plutôt prometteurs : 3 buts lors de ses 4 premiers matchs. Mais cette dynamique s'est rapidement essoufflée. Depuis mi-septembre, lors de ses 10 dernières apparitions en Premier League, il n'a inscrit qu'un seul but supplémentaire.
Décembre a été décrit comme la pire période de Gyokeres, avec une moyenne de touches de balle et de tirs par match nettement inférieure à celle des quatre mois précédents. Plus inquiétant encore, ce déclin était lié à une baisse générale du jeu, et non à quelques tirs malchanceux.
Le match contre les Wolves était un instantané : l'attaquant était titulaire mais quasiment invisible.
Face à Wolverhampton, lanterne rouge du championnat, Gyokeres a joué 81 minutes, mais n'a touché le ballon qu'à 15 reprises et n'a tenté qu'un seul tir. Pour un avant-centre d'une équipe prétendant au titre, ce genre de statistique révèle généralement deux problèmes : soit l'équipe ne parvient pas à le faire parvenir, soit il ne s'intègre pas au rythme de jeu et ne se crée pas d'occasions.
Une comparaison directe met encore davantage en évidence le problème. Gabriel Jesus, entré en jeu en cours de match pendant seulement 9 minutes, a touché le ballon à 8 reprises et s'est créé nettement plus d'occasions de but. Dans cette même rencontre, la différence de présence au jeu entre les deux attaquants est flagrante.
Résumé des principaux faits concernant la récession
| Catégorie | Gyokeres | Comparaison/Contexte |
|---|---|---|
| Début à Arsenal | 3 buts lors des 4 premiers matchs | Lune de miel positive |
| Les 10 derniers matchs de Premier League (depuis mi-septembre) | 1 table | Performances en chute libre élevées |
| Le match contre les Wolves | Titulaire pendant 81 minutes, il a touché le ballon à 15 reprises et a tenté 1 tir. | Leur rôle dans le jeu a été réduit. |
| Lors du même match contre les Wolves | — | Gabriel Jesus a joué pendant 9 minutes, touchant le ballon à 8 reprises. |
| Le style de jeu du Sporting Lisbonne est explosif. | 1,6 contre-attaques rapides par match | Profitez de l'espace dégagé pour foncer vers l'avant. |
| L'Arsenal d'Arteta | 0,9 contre-attaques rapides par match | Comme la saison dernière, la priorité est le contrôle. |
Inadéquation tactique : lorsque la « machine à contre-attaquer » doit vivre dans un espace restreint.
Le problème fondamental réside dans le conflit entre le style individuel et le système. Au Sporting Lisbonne, Gyokeres excellait dans les contre-attaques rapides, où il disposait d'espace pour accélérer, se projeter vers l'avant et conclure (en moyenne 1,6 contre-attaque rapide par match).
L'Arsenal d'Arteta, à l'inverse, n'a pas modifié son jeu pour favoriser un seul joueur. Les Gunners ont conservé leur style de jeu basé sur la possession, avec seulement 0,9 contre-attaque rapide par match, soit autant que la saison précédente. Lorsque l'espace était réduit, Gyokeres était confronté à un autre défi : jouer dos au but, faire des passes courtes et attendre le ballon dans des espaces réduits. Ce n'étaient pas là les qualités mises en avant dans la description de ses points forts.
Quand un numéro 9 n'est plus suffisamment servi, il est contraint de créer du jeu en combinant avec ses coéquipiers. Or, les statistiques de touches de balle et de tirs de décembre montrent que Gyokeres est en perte de vitesse : moins d'implication, moins d'occasions, et donc, plus facilement jugé sur le nombre de buts marqués.
La pression de la compétition : Jesus, Havertz, et même Merino.
Le retour impressionnant de Gabriel Jesus après sa blessure crée un contraste saisissant. Alors que Jesus se déplace avec souplesse, combine bien avec ses coéquipiers et perturbe les défenses adverses (comme on a pu le constater lors des matchs contre le Club Bruges et les Wolves), Gyokeres est décrit comme lourd et passif.
L'entraîneur Mikel Arteta a un jour admis sa frustration face à la pléthore de talentueux numéros 9. La concurrence est d'autant plus féroce que Mikel Merino brille lorsqu'il est positionné plus haut sur le terrain, que Jesus retrouve son meilleur niveau et que Kai Havertz, le chouchou d'Arteta, est sur le point de faire son retour. Dans une équipe qui domine le classement de Premier League, les opportunités ne sont pas toujours offertes à ceux qui peinent encore à s'adapter.
Arsenal a tout de même gagné, mais le compte à rebours de la patience est lancé.
Gyokeres pourrait faire valoir qu'il contribue toujours au succès global d'Arsenal. Mais le football de haut niveau n'attend généralement pas longtemps avant qu'une recrue retrouve son rythme, surtout au poste d'avant-centre, où chaque touche de balle est scrutée à la loupe, sous l'angle de l'impact potentiel.
La seconde moitié de saison s'annonce intense, et la place de Gyokeres pourrait être menacée s'il ne retrouve pas rapidement sa confiance et ne s'adapte pas à la philosophie d'Arteta. Le système restant inchangé, le défi qui lui incombe est désormais de participer davantage à la construction du jeu, avant que tout débat ne se résume à la question la plus simple : où sont les buts ?


