L'efficacité de la technologie d'irrigation goutte à goutte pour la canne à sucre à Phu Quy
(Baonghean)Dans le district de Nghia Dan, la canne à sucre est cultivée sur plus de 10 000 hectares, mais le rendement moyen, au fil des ans, n'a atteint que 45 à 55 tonnes par hectare, bien en deçà du potentiel des différentes variétés. Selon les experts, cette limitation est due aux méthodes de plantation, à l'investissement intensif dans l'agriculture et surtout à un système d'irrigation inadapté à la croissance et au développement de la canne à sucre, ce qui réduit les rendements.
Pour remédier à ce problème, après une phase de recherche, la société sucrière Nghe An Tate & Lyle a mis en œuvre un programme pilote auprès de six producteurs de canne à sucre, couvrant une superficie totale de 18 hectares. Ce programme leur a octroyé des prêts sans intérêt d'un montant moyen de 60 millions de VND par hectare afin de financer l'investissement dans des systèmes d'irrigation goutte à goutte, l'achat et l'installation d'équipements tels que des pompes, des purgeurs d'air, des régulateurs de pression, des filtres à disques, des injecteurs d'engrais, des canalisations d'eau, des manomètres, etc. Parallèlement, les agriculteurs ont été formés à la plantation de la canne à sucre en double rang, remplaçant ainsi la méthode traditionnelle de labour et de semis direct qu'ils utilisaient auparavant.
L'application de cette avancée scientifique s'est avérée efficace dès les premiers stades de son développement pour les ménages, permettant des économies de main-d'œuvre, une irrigation uniforme et suffisante, et, par conséquent, une meilleure croissance de la canne à sucre. Le rendement attendu est supérieur à 120 tonnes par hectare. Grâce à la méthode de plantation en double rang, la quantité de plants nécessaires par hectare n'est que de 6,6 tonnes, soit une réduction de plus de 3 tonnes par rapport à l'ancienne méthode.
M. Duong Dinh Tan, de la commune de Nghia Xuan, fait partie des familles participant à l'expérimentation de l'irrigation automatique sur deux hectares de canne à sucre. Il confie que c'est la première fois qu'il se sent aussi serein face à une sécheresse aussi intense. Auparavant, avec l'irrigation de surface, les ouvriers devaient transporter des tuyaux d'arrosage et courir sans relâche à travers les collines sous un soleil de plomb. Cette tâche était extrêmement pénible, énergivore et peu efficace, car l'eau ne faisait que recouvrir la surface des plants sans pénétrer jusqu'aux racines. Désormais, grâce au système d'irrigation goutte à goutte, il leur suffit de mettre la pompe en marche pour observer l'eau s'infiltrer profondément dans chaque plant. Ce système a véritablement libéré la main-d'œuvre et permis de réaliser des économies considérables en termes de main-d'œuvre et de carburant.
Auparavant, les agriculteurs devaient labourer des sillons, épandre de l'engrais, puis le recouvrir de terre, une tâche très laborieuse. De plus, l'engrais s'évaporait facilement ou était emporté par les pluies imprévues. Désormais, les systèmes d'irrigation goutte à goutte sont essentiels non seulement pour l'approvisionnement en eau des cultures, mais aussi pour l'application d'engrais et de pesticides. Ils permettent de gagner du temps et de réduire les pertes, car l'engrais pénètre profondément et directement dans chaque racine de canne à sucre. Par ailleurs, l'irrigation goutte à goutte limite le lessivage des produits chimiques utilisés sur la canne à sucre dans l'environnement, contribuant ainsi à réduire la pollution, à diminuer les coûts d'exploitation et à assurer un contrôle précis de l'eau d'irrigation et des engrais. Enfin, elle peut être mise en œuvre même sur de petites surfaces cultivées en canne à sucre.
L'efficacité du modèle d'irrigation goutte à goutte pour la culture de la canne à sucre est manifeste, mais sa généralisation reste un sujet de débat. D'après les propositions des producteurs de canne à sucre, deux principaux obstacles se dressent : la disponibilité de l'eau et le coût des investissements. Pour chaque ménage, réunir 60 à 70 millions de VND d'investissement n'est pas envisageable. De plus, la généralisation de ce modèle ne dépend pas uniquement des agriculteurs, mais aussi de la proximité des champs de canne à sucre avec un point d'eau. Par conséquent, pour que ce modèle puisse être déployé à plus grande échelle, un soutien financier est nécessaire, ainsi que le développement d'étangs, de cours d'eau et de barrages, et la création de bassins d'irrigation par les agriculteurs eux-mêmes.
Compte tenu de l'efficacité pratique de l'irrigation goutte à goutte pour la canne à sucre dans le cadre de projets pilotes, on espère qu'à l'avenir, cette technologie sera adoptée de manière proactive et largement mise en œuvre par les producteurs de canne à sucre.
Nguyen Hung Cuong


