L'AIE prévient que le marché pétrolier entrera en « zone rouge » à partir de juillet 2026.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que le marché mondial du pétrole sera confronté à un grave risque de pénurie au troisième trimestre 2026, à mesure que les réserves stratégiques s’épuiseront progressivement.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) vient de lancer un avertissement : le marché mondial du pétrole pourrait bientôt entrer en « zone rouge » en juillet-août 2026. Les principales raisons identifiées sont une forte demande de carburant pendant l'été, combinée à des perturbations prolongées de l'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient et à une baisse rapide des stocks mondiaux de pétrole.
La plus grande crise d'approvisionnement de l'histoire.
Le directeur général de l'AIE, Fatih Birol, a souligné que le marché n'a pas encore surmonté le choc d'offre provoqué par les conflits au Moyen-Orient. Malgré le déblocage continu des réserves stratégiques et l'utilisation des stocks commerciaux par de nombreux pays, le déficit n'a pas été entièrement comblé.

Les attaques contre les infrastructures énergétiques et le durcissement des restrictions de navigation imposées par l'Iran dans le détroit d'Ormuz ont notamment perturbé l'approvisionnement en pétrole, interrompant la production de plus de 14 millions de barils par jour. L'AIE considère cette situation comme la plus grave crise d'approvisionnement pétrolier de l'histoire. La solution essentielle réside désormais dans le rétablissement total et sans condition de la navigation sur cette voie stratégique.
Pression due à l'épuisement des réserves stratégiques.
Selon un rapport de l'AIE, le lâcher coordonné de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques est mis en œuvre à un rythme d'environ 2,5 à 3 millions de barils par jour. À ce rythme, les réserves pétrolières issues du lâcher initial devraient être épuisées début août 2026, une période à haut risque de déclencher une alerte sur le marché.
Bien que l'AIE ait affirmé être prête à coordonner de nouveaux déblocages de réserves si nécessaire, elle a néanmoins exprimé son inquiétude quant au rythme de reprise de la production au Moyen-Orient. La reconstitution des capacités de raffinage devrait être lente et très inégale d'un pays à l'autre dans la région.
La polarisation entre les puissances pétrolières
L’AIE est particulièrement préoccupée par la situation en Irak. Le pays subit de lourdes pertes de revenus et manque de capacités de stockage, ce qui entraîne la fermeture de nombreux champs pétroliers. Cela pourrait créer d’importants obstacles techniques et financiers à la reprise de la production.
À l'inverse, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) présentent des perspectives de reprise plus prometteuses. Grâce à leurs importantes ressources financières et à leurs infrastructures technologiques modernes, ces deux pays devraient stabiliser rapidement leur production afin de soutenir le marché mondial.


