L'Iran analyse des débris de missiles américains à des fins de recherche en rétro-ingénierie.
Le commandement central des forces armées iraniennes a confirmé qu'il étudiait l'équipement militaire américain de pointe abattu afin de développer des armes de fabrication nationale et de renforcer ses capacités de défense.
Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central des forces armées iraniennes, a déclaré que Téhéran procédait au démantèlement de fragments de missiles américains interceptés à des fins de rétro-ingénierie. Ce processus vise à élaborer des documents de conception et des modèles d'ingénierie pour la production d'armements nationaux, permettant ainsi de maintenir les capacités militaires malgré les nombreuses sanctions internationales.
Stratégie d'autonomie par rétro-ingénierie
La rétro-ingénierie est le processus d'analyse d'un dispositif physique complet afin de comprendre ses principes de fonctionnement, de remplacer les importations ou de moderniser un produit sans avoir besoin de la documentation technique originale. Pour l'Iran, il s'agit d'une orientation stratégique qui s'est dessinée depuis les années 1980 sous la pression de sanctions prolongées sur les armes.
Cette capacité a été démontrée depuis plusieurs décennies. En 2011, l'Iran a saisi un drone de reconnaissance furtif américain RQ-170 Sentinel. En 2014, il a dévoilé le Shahed-171, un modèle aux caractéristiques et aux capacités similaires, et a poursuivi le développement de la variante d'attaque Shahed-191, équipée d'armements de haute précision.

L'écosystème des armes nationales repose sur des prototypes étrangers.
Outre les drones, l'Iran a également réussi à développer localement des systèmes de missiles et de défense aérienne. À partir du drone MQ-9 Reaper saisi en Irak, Téhéran a mis au point le Shahed-149. L'Iran ne se contente pas de mener des recherches sur les armes américaines ; il étudie également les technologies israéliennes et russes.
S’appuyant sur le missile israélien Spike saisi par le Hezbollah en 2006, l’Iran a développé la série de missiles antichars Almas, dotés d’un mécanisme d’attaque par le haut et d’un système de guidage complexe. De même, les systèmes Ra’ad-2 et Bavar-373 auraient été développés à partir des caractéristiques techniques et tactiques des systèmes russes Tor-M1 et S-300.


L'efficacité au combat des armes iraniennes.
D'après des observateurs militaires, les armes de fabrication iranienne ne sont pas de simples copies, mais ont été adaptées aux situations de combat réelles. Au Liban, le missile antichar Almas a démontré sa capacité à pénétrer le blindage de véhicules blindés lourds tels que le char Merkava MK-4 et le véhicule blindé Namer, équipés du système de protection active Trophy.
Dans le domaine de la défense aérienne, le système iranien Khordad-3 – qui présente de nombreuses similitudes avec le Buk-M2 russe – s'est avéré efficace lorsqu'il a abattu un drone de reconnaissance stratégique MQ-4C Triton de l'US Navy dans le détroit d'Ormuz en 2019.


L'accès à des équipements modernes tels que les bombes planantes GBU-39, les missiles AGM-158 JASSM et les systèmes de contre-mesures laser des avions MC-130J est considéré comme une source de données cruciale pour l'Iran afin de moderniser davantage ses capacités de défense à l'avenir.


