Israël accuse l'Iran d'avoir utilisé « à plusieurs reprises » des bombes à fragmentation.
Le 7 mars, Israël a accusé l'Iran d'avoir utilisé « à plusieurs reprises » des armes à fragmentation depuis le début des hostilités. Ces armes font l'objet d'une vive controverse internationale en raison de leur pouvoir destructeur considérable et de leurs conséquences durables pour les populations civiles.

Le conflit qui sévit actuellement au Moyen-Orient a débuté le week-end dernier par une attaque de la coalition américano-israélienne contre des cibles iraniennes. À ce jour, les combats continuent de s'intensifier, les deux camps s'accusant mutuellement d'avoir utilisé des armes prohibées.
Lors d'une conférence de presse, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole militaire israélien, a confirmé que les forces iraniennes déployaient des munitions à fragmentation (bombes à fragmentation).
Bien qu'il n'ait pas fourni de détails sur la date ni le lieu d'utilisation de ces armes, Shoshani a souligné : « Ils ont utilisé ce type d'arme à maintes reprises. Cibler des civils est un crime de guerre et nous suivons la situation de près. »
Les bombes à fragmentation sont des armes qui explosent en plein vol, dispersant des dizaines, voire des centaines, de petites bombes (ballons) sur une vaste zone.
Bon nombre de ces bombes n'explosent pas immédiatement au contact du sol, se transformant en mines terrestres à retardement qui causent des victimes à long terme, notamment parmi les enfants.
Dans la soirée du 5 mars, des vidéos enregistrées par l'AFP ont montré une grappe de projectiles incandescents tombant du ciel nocturne dans le centre d'Israël. L'armée israélienne a confirmé qu'il s'agissait bien de bombes à fragmentation.
Partageant cet avis, Étienne Marcuz, expert en armes stratégiques à la Fondation française pour la recherche stratégique, a déclaré que les images montrent des munitions à fragmentation apparemment transportées par un missile balistique de moyenne portée, et qu'il s'agit « très probablement » d'un missile iranien.
La police israélienne a annoncé le 4 mars que les démineurs avaient découvert des traces de munitions à fragmentation après que leur système d'alerte eut détecté des missiles en provenance d'Iran. La police a diffusé une alerte urgente, mettant en garde la population contre les dangers que représentent les bombes à fragmentation et autres munitions non explosées.
Actuellement, les zones touchées par les bombardements sont bouclées, interdisant l'accès aux civils et à la presse jusqu'à ce que les débris des missiles et les munitions non explosées soient dégagés.
En réalité, ni l'Iran ni Israël ne figurent parmi les plus de 100 pays signataires de la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions – un traité international qui interdit l'utilisation, le transfert, la fabrication et le stockage de ce type d'arme.
Par le passé, les deux parties ont été confrontées à des allégations similaires.
Amnesty International a analysé des images, des vidéos et des reportages médiatiques, confirmant que l'Iran a utilisé des bombes à fragmentation au moins trois fois au cours de sa guerre de 12 jours contre Israël en juin 2025.


