Israël et le Liban ont tenu leurs premiers pourparlers directs depuis des décennies.
Pour la première fois depuis des décennies, des responsables civils israéliens et libanais se sont rencontrés en face à face. Cette rencontre historique s'est déroulée dans le cadre d'un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, effectif à partir de novembre 2024, visant à mettre fin au long conflit entre Israël et le Hezbollah.

Selon un communiqué du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, la réunion a eu lieu le 3 décembre au quartier général de la force de maintien de la paix des Nations Unies à Naqoura, dans le sud du Liban.
C’est la première fois que le mécanisme de dialogue mis en place depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 inclut des représentants civils, alors qu’il était auparavant réservé aux seuls officiers militaires. L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a confirmé la présence de l’envoyée spéciale américaine pour le Liban, Morgan Ortagus, à cette réunion.
Israël a fait l'éloge de l'événement. Un porte-parole du Premier ministre Netanyahu a qualifié la rencontre d'« historique » et de premier pas vers une future coopération entre les deux pays voisins.
Cependant, contrairement à l'optimisme d'Israël, le Liban se montre prudent. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé à la presse que toute coopération économique avec Israël ne pourrait avoir lieu qu'après la conclusion d'un accord de paix formel. « Nous sommes encore très loin de cette étape », a-t-il souligné.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a appelé à plusieurs reprises le Liban à adhérer aux accords d'Abraham, un accord visant à normaliser les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. Cependant, Beyrouth n'a jusqu'à présent pas soutenu cette démarche.
Les dernières négociations directes entre Israël et le Liban remontent à 1983, après l'invasion du Liban par Israël. Bien qu'un accord ait été conclu à l'époque, il n'a jamais été ratifié.
Les négociations se sont déroulées sous la forte pression des États-Unis, dans un contexte de tensions frontalières croissantes. Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah – une force soutenue par l'Iran – de violer le cessez-le-feu et de tenter de reconstituer ses capacités militaires.
Le cessez-le-feu de novembre 2024 a mis un terme temporaire à plus d'un an de violents combats transfrontaliers. Le conflit a éclaté lorsque le Hezbollah a attaqué le territoire israélien pour manifester son soutien aux Palestiniens de Gaza, ce qui a déclenché une opération militaire israélienne de grande envergure. Cette opération a coûté la vie à de nombreux commandants de haut rang du Hezbollah et a causé d'importantes pertes civiles.
Conformément aux termes du cessez-le-feu, l'armée libanaise est chargée de démanteler l'infrastructure militaire du Hezbollah. Cependant, Israël juge ces actions insuffisantes et a intensifié ses frappes aériennes de représailles. Le gouvernement de Beyrouth avertit que ces actions militaires israéliennes risquent d'entraîner le pays dans une « nouvelle guerre ».
Concernant le désarmement, le Premier ministre Salam a déclaré que la première phase, qui consiste à placer toutes les armes sous contrôle étatique, dépend du retrait des troupes israéliennes des territoires occupés. Parallèlement, Beyrouth est disposée à autoriser les États-Unis et la France à participer à la vérification des stocks d'armes restants du Hezbollah dans le sud du pays.


