L'Italie suspend l'accord de Schengen avec l'Espagne.
Le gouvernement italien a annoncé officiellement le 31 juillet la suspension de l'accord de libre circulation de Schengen avec l'Espagne. Cette décision difficile intervient dans un contexte d'afflux massif de migrants sur le territoire espagnol de Ceuta, situé en Afrique du Nord et frontalier du Maroc.

Le Premier ministre italien, Giorgia Meloni, a qualifié la suspension d'un mois de « mesure extraordinaire », instaurée pour « protéger la sécurité nationale et prévenir d'éventuelles répercussions pour le pays ». Cette décision intervient peu après que M. Meloni a appelé, le 30 juillet, à la suspension de l'adhésion de l'Espagne à l'espace Schengen, qualifiant de « choquantes » les images de milliers de migrants affluant à Ceuta.
Le ministère italien de l'Intérieur a confirmé à l'AFP la fermeture de ses points d'entrée maritimes et aériens avec l'Espagne. Il a toutefois précisé que cette décision n'affecterait pas les déplacements des citoyens espagnols ni des ressortissants d'autres pays européens vers l'Italie. Par ailleurs, un porte-parole du ministère a indiqué qu'à la suite de discussions avec la France, les deux pays coordonneraient leurs efforts pour renforcer les contrôles aux frontières terrestres.
Pour expliquer la décision du gouvernement, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a affirmé que la suspension de l'accord de Schengen – une zone de libre circulation sans contrôle aux frontières pour les voyageurs – était « prévue par les traités et, dans le contexte actuel, inévitable ». M. Tajani a qualifié la crise migratoire à Ceuta de « responsabilité partagée » de l'ensemble de l'Union européenne, soulignant que les États membres doivent « coopérer étroitement pour prévenir des flux incontrôlables de migrants vers le territoire de l'UE ». De son côté, le Premier ministre espagnol, M. Meloni, a promis le soutien de l'Italie à toute initiative européenne visant à aider l'Espagne à « reprendre pleinement le contrôle des frontières extérieures de l'Union ».
En réalité, le gouvernement de coalition italien s'efforce d'empêcher que des dizaines de milliers de migrants clandestins n'accostent chaque année sur ses côtes à bord de petites embarcations. Parmi les principales mesures mises en œuvre figurent la signature d'accords avec des pays d'Afrique du Nord visant à limiter ces traversées, ainsi que l'imposition de restrictions aux navires humanitaires qui tentent de secourir des migrants en Méditerranée centrale.


