Le projet de Florentino Pérez de retrouver José Mourinho : un pari de la dernière chance au Real Madrid.
Suite à l'échec du projet Xabi Alonso, le président Florentino Perez se tourne vers José Mourinho, qu'il considère comme la solution « à la dure » pour rétablir l'ordre au Bernabeu.
Au Bernabéu, les adieux ne sont jamais une simple fin ; ils marquent souvent le début d’un cycle décisif. Alors que les fissures sous Xabi Alonso deviennent irréparables, Florentino Pérez – le président qui agit toujours avec un mélange de froide rationalité et d’obsessions personnelles – revient avec une « idée finale » : faire revenir José Mourinho pour mettre fin au chaos à Madrid.

L'échec du projet Xabi Alonso et les erreurs de la haute direction.
Le football madrilène ne se résume pas aux trophées ; c'est une longue saga du pouvoir et des attentes. Selon le journaliste Alfredo Relano, intervenant dans l'émission El Partidazo de COPE, le départ de Xabi Alonso était la conséquence inévitable d'une série d'erreurs de la direction. La défaite humiliante en Supercoupe d'Espagne a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et a fait perdre patience à Pérez.

Bien que la Supercoupe ne soit pas le tournoi le plus prestigieux, pour Pérez, un échec lors d'une compétition qui attire l'attention internationale est inacceptable. Relano a fait remarquer avec amertume que Pérez perdait en discernement dans ses choix concernant l'effectif : « Ces derniers temps, il rate des penalties à tout bout de champ. » Le limogeage d'Alonso n'était pas qu'une question professionnelle ; c'était la reconnaissance d'un projet voué à l'échec, dû à une illusion quant à la force de l'équipe actuelle.
Conflit idéologique : expertise contre commerce
Xabi Alonso est arrivé à Madrid en tant qu'architecte, mais il s'est retrouvé confronté à un secteur dominé par des considérations commerciales. Le véritable conflit est né du manque d'enthousiasme d'Alonso pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2025 – un tournoi que Pérez appréciait particulièrement pour son image et ses retombées financières.

À Madrid, quiconque ne partage pas l'idéologie du président est facilement mis à l'écart. Alonso privilégiait la santé et le professionnalisme des joueurs, tandis que Pérez misait sur la notoriété de la marque. Ce désaccord a marginalisé Alonso au sein même de son équipe, avec une défense improvisée et un pressing inefficace, les stars offensives se montrant négligentes en défense.
Pourquoi José Mourinho ?
Le désir de Pérez de retrouver l'homme qui a quitté le club en pleine tourmente de 2013 découle d'un paradoxe dans sa conception du management. Pérez n'apprécie guère les entraîneurs trop indulgents, et pourtant, il prend souvent le parti des joueurs face à un stratège trop autoritaire pour exercer une influence personnelle. Cependant, dans le contexte des troubles internes au Real Madrid, il est convaincu que seule la fermeté de Mourinho peut rétablir la discipline.

« Mourinho était le seul à avoir véritablement satisfait Florentino par le passé », a révélé Relano. Aux yeux de Pérez, le stratège portugais n'était pas seulement un entraîneur, mais un symbole de structure et de leadership absolu – des qualités qui font cruellement défaut à l'effectif actuel du Real Madrid.
Le pari de Benfica et le rôle d'Alvaro Arbeloa
Les rumeurs d'un retour du « Special One » se sont intensifiées lorsqu'il aurait semé la zizanie à Benfica en cherchant à quitter le club. Si Alonso incarnait un projet romantique, Mourinho représentait un plan pragmatique et impitoyable. Pérez avait besoin de quelqu'un qui oserait s'attaquer aux stars, et Mourinho était impatient de prouver qu'il était encore au sommet de sa forme.

Entre-temps, Alvaro Arbeloa a été nommé entraîneur par intérim. Ancien protégé de Mourinho, Arbeloa comprend la pression qui règne au Bernabéu, mais insiste sur le fait qu'il ne cherchera pas à imiter son ancien mentor. Cependant, les experts le considèrent toujours comme un simple intérimaire, chargé de stabiliser le vestiaire.

Le Real Madrid se trouve à un tournant décisif. Derrière les calculs tactiques se cache une lutte de pouvoir. Si Mourinho revient, ce sera la preuve qu'au Bernabéu, Pérez a l'instinct de s'appuyer sur les personnalités les plus fortes pour sauver un empire en ruine.



